Opinion

Certains médias menacent de révéler des informations sur le 11-M

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Pendant la crise entre l'Espagne et le Maroc, certains articles de presse ont utilisé la vieille théorie du complot sur les attentats du 11-M contre les trains de Madrid. Rien n'est plus éloigné de ce qui a été démontré. Un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères rappelle les principaux résultats de la collaboration antiterroriste du Maroc avec l'Espagne.

Bien au-delà des théories du complot alambiquées qui peuvent être liées aux attentats, il existe une réalité bien plus puissante et véridique : la puissante coopération antiterroriste entre l'Espagne et le Maroc. La réciprocité entre les deux puissances a permis de bloquer 82 actes terroristes1 et de démanteler diverses cellules ayant des ramifications entre les deux Etats.

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Les débuts de cette synergie indispensable remontent aux années 80 du siècle dernier, plus précisément au 29 septembre 1989, date de la signature de l'accord de coopération bilatérale3, qui n'était que le début d'innombrables actions communes, notamment après les attentats du 11-M.

A titre d'exemple, nous commençons par la désarticulation, le 22 novembre 2004, d'une cellule islamiste dans plusieurs endroits de Barcelone, composée de trois Marocains avec l'intention de s'approprier du matériel explosif4. En 2007, avec Burgos comme scénario principal, la Guardia Civil a démantelé une cellule terroriste5 qui, entre autres activités, collectait de l'argent pour Bouchaib Maghder, condamné au Maroc pour les attentats de Casablanca, en plus de l'arrestation du Marocain Wissan Lofti, pour collaboration avec une organisation terroriste. La collaboration des services marocains, danois, suédois et américains est remarquable.

Un an plus tard, en avril 2008 à Melilla, à la demande des forces de sécurité marocaines, les membres de la cellule Belliraj ont été identifiés par la Guardia Civil et plusieurs individus liés aux attentats de Casablanca6 ont été arrêtés. En 2009, grâce à la collaboration bilatérale, plusieurs djihadistes marocains ont été arrêtés en Andalousie avec l'intention de commettre des attentats dans des zones touristiques de leur pays d'origine7. L'année suivante, en 2010, grâce à l'opération Spiral et à la coopération du Maroc, il a été possible d'identifier Faiçal Errai, membre de l'organisation internationale collaborant avec Al-Qaïda, Ansar Al-Mujadhideen8. Il a été condamné à six ans de prison9.

Cependant, ces arrestations n'ont pas eu lieu uniquement dans notre pays, et il y a eu d'innombrables arrestations sur le sol marocain, comme celle de Mohamed Belhadj, impliqué dans le 11-M.

Depuis 2013, les opérations de coopération se sont intensifiées, mettant en lumière l'opération Basket, l'opération Bastion, l'opération Cadaver et l'opération Gala10. Ce dernier, élaboré en 2014, coïncidant avec l'instauration du "califat" par Daesh, était axé sur la brigade dite Al-Andalus, composée d'un total de cinq Marocains et de deux Espagnols nés au Maroc, qui entretenaient des connexions internationales avec des noyaux radicaux dispersés en Europe (France, Belgique), ainsi qu'en Tunisie, en Égypte, au Maroc, en Turquie et en Syrie. Il ne s'agit pas d'une opération de collaboration en tant que telle, mais le rôle du Maroc a été essentiel. L'objectif de cette cellule était d'envoyer des moudjahidines dans les zones de conflit. Parmi les djihadistes identifiés figure le frère de Mohamed Afalah (l'un des évadés du 11-M), Ismail Afalah, qui est soupçonné d'avoir fui vers la Syrie ou l'Irak pour rejoindre le Califat11.

En 2019, Grande Marlaska a signé, avec le ministre marocain de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, l'accord de coopération dans la lutte conjointe contre le terrorisme, le trafic de drogue, la traite des êtres humains et l'immigration clandestine ; en plus de l'amélioration de la poursuite des crimes de meurtre, d'enlèvement, d'exploitation sexuelle des mineurs, de trafic d'armes, de blanchiment d'argent et de contrefaçon12. Tout cela grâce à l'échange d'informations et au prêt mutuel d'assistance entre les forces et les forces de sécurité, en plus des séminaires éducatifs sur la modernisation de la méthodologie et l'amélioration systématique.

Et cette importante synergie n'est pas surprenante, si l'on considère que les deux puissances sont situées à la frontière entre l'Afrique et l'Europe, l'Espagne jouant un rôle clé en tant que porte d'entrée du djihadisme en provenance d'Afrique et le Maroc étant un élément clé pour la détection primaire parmi les flux migratoires, en plus de la détection de cellules djihadistes sur le sol espagnol. 

Que certains ont menacé de divulguer des informations relatives au 11-M, censées être inconnues jusqu'à présent, n'est qu'une provocation qui alimente une tension diplomatique qui atteint son paroxysme. Malgré cela, le terrorisme étant un ennemi commun, en cas de connaissance d'un danger imminent ou de simple soupçon de celui-ci, les services marocains informeraient les Espagnols, et vice versa, en laissant de côté les différentes confrontations diplomatiques dans lesquelles ils sont actuellement plongés. C'est du moins ce que l'on espère.

Cette brève analyse montre l'importance de la collaboration entre ces deux puissances, portes de l'Afrique et de l'Europe, liens entre les deux continents, éloignées par des conflits comme celui de l'îlot Persil ou celui du Sahara, mais unies par un ennemi commun : le djihadisme.

Bibliographie:
  1. Zuloaga, J. (31 de Mayo de 2021). La cooperación antiterrorista de Marruecos con España se mantiene “en cualquier caso”. La Razón.
  2. Barrenechea, L. (2016). Mecanismos e iniciativas de cooperacion hispano-marroquí contra el terrorismo. REVISTA ELECTRÓNICA DE ESTUDIOS INTERNACIONALES , 11
  3. Barrenechea, L., & Alonso, R. (2015). La cooperación antiterrorista entre España y Marruecos: ¿un modelo para la estrategia contra el yihadismo? Cuadernos de Estrategia 173 La Internacional Yihadista. IEEE , 188.
  4. Ministerio del Interior (MIR). Nota de prensa. 22/12/2004.
  5. Sentencia Nº 21/2011. Juzgado de Instrucción Nº 2 de la Audiencia Nacional. Sala de lo Penal, sección 2ª. Sumario 73/2008. 09/06/2011. Ponente: magistrado Ángel Luis Hurtado Adrián. págs. 7-11.
  6. MIR (2008). Nota de prensa. 01/04/2008.
  7. Magharebia: «Morocco dismantles Salafia Jihadia cell», 01/07/2009.
  8. Dolores Delgado, fiscal coordinadora de terrorismo internacional en la Audiencia Nacional. Intervención en el I Foro Elcano de Terrorismo Global: Magreb y el Sahel, Panel III, Casa Árabe, Madrid, 19/11/2013. Disponible http://www.casaarabe.es/casa-arabe-tv/show_video/bdjpxshzkpi (consultado el 21/01/2014).
  9. Barrenechea, L., & Alonso, R. (2015). La cooperación antiterrorista entre España y Marruecos: ¿un modelo para la estrategia contra el yihadismo? Cuadernos de Estrategia 173 La Internacional Yihadista. IEEE. Págs. 189-190.
  10. Íbidem. Pág. 197-198.
  11. MIR. Nota de prensa, «La red yihadista desmantelada era una de las principales suministradoras de “combatientes” al EI», 16/06/2014
  12. Ministerio del Interior. (2019). Grande-Marlaska firma en Rabat un convenio para estrechar la cooperación entre España y Marruecos en la lucha contra el terrorismo y la delincuencia organizada. Grande-Marlaska firma en Rabat un convenio para estrechar la cooperación entre España y Marruecos en la lucha contra el terrorismo y la delincuencia organizada. Madrid: España.