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Al-Burhan libère quatre ministres arrêtés lors du récent coup d'État

Des sources officielles ont également annoncé la formation "imminente" d'un gouvernement
al-burhan

AFP/SARAH MEYSSONNIER  -   Président du Conseil souverain du Soudan Général Abdel Fattah al-Burhan

Le 25 octobre de l'année dernière, les projets de transition pacifique et démocratique au Soudan ont été réduits à néant par un coup d'État orchestré par Abdel Fattah Al-Burhan, un militaire. Depuis lors, le pays africain a connu des moments critiques. Le nombre de morts dans les manifestations contre le coup d'État a augmenté, tandis que des centaines de personnes ont été blessées. Le premier ministre soudanais déchu, Abdalla Hamdok, est assigné à résidence depuis que les militaires ont dissous le gouvernement de transition. 

Au niveau international, plusieurs pays ont condamné le coup d'État militaire, soutenant le retour du gouvernement de Hamdok. Ils ont également demandé la libération du premier ministre et de toutes les personnes arrêtées. L'Union africaine (UA) a décidé de suspendre le Soudan, exprimant son "rejet total du changement institutionnel de gouvernement".

PHOTO/ARCHIVO  -   Manifestaciones en Jartum, la capital de Sudán
PHOTO/ARCHIVO - Manifestations à Khartoum, la capitale du Soudan.

Toutefois, malgré la situation chaotique, la récente décision d'Al-Burhan de libérer quatre ministres détenus pendant le coup d'État constitue une avancée dans la situation du pays. Selon le radiodiffuseur national Sudan TV, les ministres libérés sont Hamza Balul, chargé de la culture et de l'information ; Hashem Hasab al-Rasul, chargé de la communication et de la numérisation ; Ali Jeddo, chargé du commerce ; et Yusuf Adam, chargé de la jeunesse et des sports. En plus d'ordonner la libération des politiciens, un conseiller d'Al-Burhan, Taher Abu Haga, a annoncé à la télévision d'État la formation " imminente " d'un gouvernement.

Ce n'est pas la première fois qu'Al-Burhan tend la main au gouvernement de transition. Quelques jours après le coup d'État, il a déclaré que M. Hamdok est "le bienvenu" dans cette nouvelle phase politique et qu'il reste un candidat pour "diriger le prochain gouvernement".

AFP/ ASHRAF SHAZLY  -   El primer ministro de Sudán, Abdullah Hamdok (centro), y el general de división Malik Tayeb Khojali (izq.) inspeccionan una guardia de honor en El-Fasher, Darfur del Norte
AFP/ ASHRAF SHAZLY - Le Premier ministre soudanais Abdullah Hamdok (au centre) et le général de division Malik Tayeb Khojali (à gauche) inspectent une garde d'honneur à El-Fasher, dans le nord du Darfour

Le chef militaire a pris cette décision après une conversation téléphonique avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Au cours de cet appel, António Guterres a exhorté Al-Burhan à libérer "Hamdok et d'autres civils détenus arbitrairement au Soudan", a déclaré un porte-parole de l'ONU. Le secrétaire général a également souligné que l'ONU "continuera à soutenir le peuple soudanais dans sa lutte pour réaliser ses aspirations à un avenir pacifique, prospère et démocratique".

Au cours de la conversation, M. Burhan s'est engagé à "maintenir la paix et le caractère inévitable de la transition démocratique et à mener à bien le processus de transition de manière à préserver la sécurité du pays, les acquis de la révolution et à aboutir à un gouvernement civil élu", selon l'agence de presse nationale du Soudan.

PHOTO/ ARCHIVO - Protestas en Sudán reclamando la salida de los militares del poder
PHOTO/ ARCHIVO - Manifestations au Soudan pour demander le retrait des militaires du pouvoir.

En plus de parler à Al-Burhan au téléphone, l'ONU maintient un envoyé spécial dans le pays, l'Allemand Volker Perthes. Le politologue s'efforce de trouver un accord pour résoudre la crise actuelle dans le pays. "Les grandes lignes d'un éventuel accord comprennent le retour de Hamdok, la libération des détenus, le gouvernement de technocrates, l'introduction d'amendements à la constitution et la levée de l'état d'urgence", a déclaré Perthes à Reuters. "Plus nous attendons, plus il sera difficile de mettre en œuvre un tel accord et d'obtenir la participation nécessaire de la population et des forces politiques", a-t-il ajouté.

Blinken exhorte Al-Burhan à libérer tous les détenus

Pour les États-Unis, la récente décision du chef militaire soudanais n'est pas suffisante. C'est ce qu'a déclaré le secrétaire d'État Antony Blinken lors d'une conversation téléphonique avec Al-Burhan. Blinken a insisté sur la "libération immédiate de toutes les personnalités politiques détenues". Il a également appelé à "un retour à un dialogue qui permettrait au Premier ministre Hamdok de reprendre ses fonctions", a déclaré un porte-parole dans un communiqué.

El secretario de Estado de Estados Unidos, Antony Blinken
PHOTO/REUTERS - Secrétaire d'État américain, Antony Blinken

"Le secrétaire a exprimé son espoir que l'armée soudanaise prenne les mesures nécessaires pour permettre la reprise d'un partenariat américano-soudanais qui englobe les questions politiques, diplomatiques et de sécurité", ajoute le texte du porte-parole.

Al-Burhan, comme il l'a fait lors de son entretien avec Guterres, a réaffirmé "son engagement à soutenir la transition démocratique et à achever le processus de transition". Il a également réaffirmé qu'il fallait "préserver la sécurité du pays".

Protestas en Sudán
PHOTO/ ARCHIVO - Manifestations au Soudan

Parmi les détenus figurent encore des personnalités importantes telles que Mohammed al Fekki, membre du Conseil souverain, Yasser Arman, conseiller du Premier ministre, et Khaled Omar Youssef, ministre des Affaires du Cabinet, selon l'AFP.

Le chef militaire a également parlé avec l'émissaire de l'Union africaine, Olusegun Obasanjo, pour l'informer qu'"un gouvernement de technocrates était sur le point d'être mis en place", selon l'agence de presse soudanaise SUNA.

manifestaciones en Sudán
PHOTO/ARCHIVO - Manifestations au Soudan
Hamdok insiste sur les conditions imposées avant de développer "tout dialogue"

Un porte-parole du Premier ministre a déclaré dans un communiqué que M. Hamdok n'entamera aucun dialogue avec l'armée tant que les autorités ne rempliront pas un certain nombre de conditions. Il s'agit notamment de la libération des détenus et du retour à l'ordre constitutionnel.

Le gouvernement de transition du Soudan a été formé après le coup d'État de 2019 qui a chassé le dictateur Omar Al-Bashir après 30 ans au pouvoir. Cet exécutif est né d'un accord entre la junte militaire, les différentes organisations civiles et les partis politiques. Cette administration, en plus de mener le Soudan vers la démocratie, avait initié une série de réformes sociales et économiques clés pour stimuler le développement du pays. Elle a également conclu des accords de paix avec plusieurs groupes rebelles du Darfour, cherchant ainsi à panser les plaies du conflit sanglant qui a secoué la région.