Biden adopte un ton "réconciliateur" dans l'escalade des tensions avec la Russie

Le président américain propose une rencontre avec Poutine alors que la tension monte à la frontière russo-ukrainienne
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REUTERS/TOM BRENNER  -   Le président américain Joe Biden

Depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, les relations entre Moscou et Washington se sont considérablement refroidies. La tension entre les deux présidents ne cesse de croître depuis que Biden a qualifié Poutine de "meurtrier". Depuis lors, les relations entre les États-Unis et la Russie sont fondées sur les sanctions et les critiques. D'autre part, l'Ukraine met en garde contre une escalade des tensions à sa frontière avec la Russie.

Biden, face à ce scénario qui rappelle beaucoup la guerre froide, a décidé de faire preuve de réconciliation avec son homologue russe. Le président américain a annoncé qu'il avait eu un entretien téléphonique "sincère et respectueux" avec Poutine. "Lorsque j'ai parlé avec le président Poutine, j'ai exprimé ma conviction qu'une communication personnelle et directe entre les deux est essentielle pour progresser vers une relation plus efficace, et il était d'accord sur ce point ", a déclaré Biden. Il a également proposé une réunion au sommet quelque part en Europe cet été pour "lancer un dialogue de stabilité stratégique en vue d'une coopération sur le contrôle des armements et la sécurité", a-t-il ajouté.

Malgré ces belles paroles du président Biden, Washington a approuvé de nouvelles sanctions contre la Russie. Plus précisément, 16 entités et 16 personnalités russes ont été sanctionnées pour avoir été impliquées dans des "activités agressives et nuisibles du gouvernement de la Fédération de Russie". L'exécutif américain a également annoncé l'expulsion de 10 diplomates russes pour ingérence présumée dans la dernière élection présidentielle. Toutefois, Biden a assuré à Poutine qu'il aurait pu aller plus loin. "Les États-Unis ne cherchent pas à entamer un cycle d'escalade et de conflit avec la Russie. Nous voulons une relation stable et prévisible", a déclaré Biden. 

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AFP PHOTO/ UKRAINE'S SECURITY SERVICE - Cette photo prise et publiée par le Service de sécurité de l'Ukraine le 14 avril 2021 montre des militaires des troupes spéciales du Service de sécurité à côté d'un char lors d'exercices antiterroristes à grande échelle dans la région de Kherson, dans le pays.

La réponse de Moscou n'a pas été celle que Biden souhaitait. Comme prévu, l'annonce de nouvelles sanctions n'a pas été bien accueillie par le Kremlin, qui a déclaré que cette mesure n'aiderait "en aucune façon" une rencontre entre Biden et Poutine. "Washington doit réaliser qu'il devra payer pour la dégradation des relations bilatérales. La responsabilité de ce qui se passe incombe entièrement aux États-Unis", a déclaré Maria Zakharova, ministre russe des affaires étrangères. Le ministère a également rappelé l'ambassadeur américain, John Sullivan, pour des consultations.

D'autre part, la situation en Europe de l'Est reste préoccupante après que la Russie a déployé 20 000 soldats à 100 kilomètres de la frontière ukrainienne. Ce déploiement militaire russe est le plus important depuis 2014 selon l'OTAN. L'organisation, ainsi que d'autres pays occidentaux comme le Royaume-Uni, les États-Unis ou l'Allemagne, ont exprimé leur inquiétude face à cette action. Le Kremlin a toutefois assuré que cette opération "ne doit inquiéter personne", car "elle ne constitue une menace pour personne". Le déploiement a été justifié par le ministre russe de la Défense, Sergei Shoigu, par les activités militaires de l'OTAN qui "menacent la Russie". Le gouvernement ukrainien, quant à lui, se démarque de ces propos. "Nous condamnons l'aggravation de la situation provoquée par la Russie, ainsi que les actions et les déclarations de Moscou, qui veut accroître la tension militaire et peser sur les efforts diplomatiques", a déclaré Kiev.

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AFP/AFP - Carte de l'Ukraine montrant les régions sous contrôle séparatiste et la Crimée, annexée par la Russie.

En outre, le ministre des affaires étrangères Dimitro Kuleva prévient que "si la Russie franchit la ligne rouge, elle devra en souffrir". L'Ukraine bénéficie du soutien des pays baltes, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, qu'elle a rencontrés pour discuter de la situation à la frontière. D'autres pays européens ont soutenu Kiev. Angela Merkel a exhorté Poutine à "réduire ces renforts militaires afin de parvenir à une désescalade". L'OTAN a également exprimé son soutien à l'Ukraine, considérant l'opération militaire russe comme "injustifiée, inexplorée et profondément inquiétante". Par ailleurs, le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, a déclaré que les alliés "ont réaffirmé leur soutien indéfectible à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine".