Brahim Ghali sera entendu par les tribunaux espagnols

Le juge de la Cour nationale de Madrid, Santiago Pedraz, aurait émis un ordre d'audience, selon estrechonews.com
Brahim Ghali

REUTERS/RAMZI BOUDINA  -   Brahim Ghali

Après plusieurs jours de polémique autour des informations diffusées sur la présence en Espagne de Brahim Ghali, leader du Front Polisario, hospitalisé dans un hôpital de Logroño, comme l'ont rapporté des médias tels que Jeune Afrique, la justice espagnole a décidé de convoquer Brahim Ghali le 5 mai, selon le média estrechonews.com.

Le juge d'instruction de la Cour nationale de Madrid, Santiago Pedraz Gomez, aurait délivré une convocation pour entendre le leader du Front Polisario suite à une plainte déposée par le dissident sahraoui, Fadel Breika, de nationalité espagnole, comme le rapporte le site web susmentionné. 

La même personne concernée souligne dans sa plainte qu'elle a été enlevée, arrêtée et torturée pendant des mois sans procès avant sa libération le 10 novembre 2019, comme l'ont publié les mêmes médias. En outre, selon yabiladi.com, le juge a également aurait demandé l'audition de Sid Ahmed El Batal, un agent de sécurité dans les camps de Tindouf. Bachir Mutsapha Sayed a également été convoqué, selon les mêmes médias.

L'enquête sur Ghali intervient après que l'Association Sahraouie pour la Défense des Droits de l'Homme (ASADEDH) ait déposé une requête auprès de la Cour Centrale d'Instruction numéro 5, qui est dirigée par Santiago Pedraz, comme le rapporte le média 20minutos. Brahim Ghali a été inculpé en 2016 par le juge de l'Audiencia Nacional, José de la Mata, après l'accusation de la commission de crimes de génocide, de meurtres, de tortures et de disparitions qui auraient été commis contre la population réfugiée sahraouie dissidente dans les camps de Tindouf (Algérie). Le juge a admis une plainte déposée en novembre 2012 par l'association ASADEDH et trois victimes contre 28 membres du Front Polisario et de hauts responsables du gouvernement algérien.

Cette mesure intervient quelques jours seulement après que le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, ait demandé au gouvernement espagnol des explications sur la présence en Espagne du leader du Front Polisario, argumentée en termes de question humanitaire par la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya. 

La dernière demande se lit comme suit : "Je prie la Cour de considérer ce document tel qu'il est présenté et conformément à ce que j'y décrète, de procéder aux investigations nécessaires pour procéder à l'identification du prévenu M. Brahim Ghali", comme le rapporte estrechonews.com.

Brahim Ghali, prétendument identifié comme Mohamad Benbatouch comme l'ont rapporté des médias tels que Jeune Afrique, est accusé d'avoir commis plusieurs crimes et poursuivi par la justice espagnole après que plusieurs associations de victimes du Polisario aient déposé en 2008, 2013 et 2016 des poursuites et des preuves contre Brahim Ghali demandant son identification et son arrestation, comme le rapporte estrechonews.com.