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COP27 : les régions du monde soulignent la nécessité de s'attaquer conjointement à la crise du climat et de la biodiversité

Lors d'un événement organisé au sommet d'Égypte, Regions4 a mis l'accent sur les liens entre la COP27 sur le climat et la COP15 sur la biodiversité
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PHOTO/AP/PETER DEJONG  -   COP27

L'événement "Écouter la voix des gouvernements infranationaux : tirer les leçons de la Déclaration d'Édimbourg pour la biodiversité" a eu lieu lors de la COP27 en Égypte. Organisé par Regions4, avec la collaboration des partenaires du processus d'Edimbourg et du gouvernement écossais, l'un de ses objectifs était d'attirer l'attention sur les liens et les connexions entre la COP27 sur le climat et la COP15 sur la biodiversité, qui aura lieu à Montréal (Canada) le mois prochain.

Cette session a mis en évidence les principaux défis, solutions et recommandations communs aux deux sommets mondiaux et a partagé les progrès des solutions intégrées fondées sur la nature et la résilience mises en œuvre au niveau régional et gouvernemental. Il est essentiel de reconnaître les synergies entre les deux questions, car si les deux phénomènes sont reconnus comme interconnectés tant au niveau politique que scientifique, les experts affirment que, dans la pratique, ils sont traités séparément, ce qui peut représenter un grand danger pour les personnes et les écosystèmes. 

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REUTERS/THAIER AL-SUDANI - Centre de convention international de Sharm el Sheikh lors de l'ouverture du sommet climatique COP27.

La déclaration d'Édimbourg pour les gouvernements infranationaux, les villes et les autorités locales sur le cadre mondial de la biodiversité post-2020 est une étape clé dans la reconnaissance officielle des contributions des gouvernements infranationaux (y compris les villes et les autorités locales) à la réalisation des buts et objectifs mondiaux en matière de biodiversité. Lors de la prochaine COP15 de la Convention sur la diversité biologique (CDB), l'un des objectifs sera que les parties officialisent ce rôle par l'adoption d'un plan d'action spécifiquement dédié aux gouvernements infranationaux et locaux.

Le plan d'action vise à garantir que l'approche "pangouvernementale" préconisée dans le cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020 se concrétise au cours de la prochaine décennie. La déclaration d'Édimbourg s'appuie sur la reconnaissance antérieure des autorités infranationales par la CDB lors de la COP10 à Nagoya, au Japon, en 2010. La ministre écossaise de l'Environnement et de la Réforme agraire, Mairi McAllan, a déclaré : "Nous sommes arrivés à un moment crucial avec les négociations actuelles de la COP27 et la COP15 qui se tiendra le mois prochain. Nous devons veiller à ce que les crises du climat et de la nature restent une priorité de l'agenda mondial et soient reconnues comme faisant partie de la réponse à de nombreux défis mondiaux".

"La COP27 sur le climat et la COP15 sur la biodiversité sont toutes deux des occasions uniques pour les gouvernements infranationaux de montrer au monde qu'ils ont un rôle clé à jouer pour enrayer la perte de biodiversité. Le succès du processus d'Édimbourg et de sa déclaration nous invite à continuer à nous tourner vers l'échelon infranational du gouvernement pour nous inspirer de la manière de rapprocher les deux conventions et aussi de la manière de mettre en œuvre le Cadre mondial pour la biodiversité post-2020", a déclaré Natalia Uribe, secrétaire générale de Regions4.

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PHOTO/TWITTER/@COP27P  -  
La nécessité de s'attaquer à la fois aux crises du climat et de la biodiversité

Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), "les actions strictement axées sur la lutte contre le changement climatique peuvent nuire directement et indirectement à la nature et vice versa". Ces actions comprennent la plantation d'arbres dans des écosystèmes qui n'étaient pas des forêts à l'origine, l'augmentation de la capacité d'irrigation et toute mesure visant exclusivement à atténuer le changement climatique. Ces actions doivent être évaluées en fonction de leurs impacts et externalités tant positifs que négatifs. Par exemple, l'utilisation des énergies renouvelables nécessite souvent une consommation importante de ressources minérales, naturelles ou terrestres. Il en va de même pour certaines mesures d'adaptation, comme la construction de barrages, qui peuvent avoir des effets dévastateurs sur les écosystèmes naturels. Ces informations sont tirées d'un rapport sur un atelier en ligne de quatre jours. Elle a fait appel à des experts sélectionnés par un comité directeur scientifique de 12 personnes choisi par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) et le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). C'est la première fois que les deux organismes intergouvernementaux collaborent.

Cependant, selon les auteurs, il existe de nombreuses mesures qui peuvent apporter une contribution positive significative dans ces deux domaines. Parmi les exemples les plus importants, citons : "mettre un terme à la perte et à la dégradation des écosystèmes terrestres et marins riches en carbone et en espèces" ; "restaurer les écosystèmes riches en carbone et en espèces" ; "renforcer les pratiques agricoles et forestières durables afin d'améliorer la résilience au changement climatique, de renforcer la biodiversité, d'augmenter le stockage du carbone et de réduire les émissions" ; et "améliorer et mieux cibler les actions de conservation, coordonnées et soutenues par une forte adaptation au climat et l'innovation".

Il est urgent d'aborder conjointement le changement climatique et la conservation de la biodiversité. C'est pourquoi, à l'occasion de la Journée de la biodiversité de la COP27, Regions4 a mis l'accent sur ce lien essentiel. Selon le rapport de Regions4 intitulé "Interconnexions entre la biodiversité, le changement climatique et le développement durable", "il est particulièrement crucial de relier les sphères du climat et de la biodiversité alors que le monde se prépare à une action plus forte sur les deux conventions. Les urgences environnementales interdépendantes de la Terre doivent être traitées ensemble par une transformation du système, des approches intégrées, une action coordonnée et une coopération internationale".

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PHOTO/REUTERS/THAIER AL-SUDANI – COP27
Les régions du monde mettent en œuvre des solutions fondées sur la nature

En fait, les régions du monde intègrent déjà ces deux causes dans leur action climatique en termes d'adaptation. Quelques exemples sont compilés dans le rapport d'étape RegionsAdapt 2021-2022, lancé jeudi dernier lors de la COP27 en Égypte. Ce document montre comment les gouvernements infranationaux s'orientent vers des solutions basées sur la nature. Par exemple, le projet LIFE IP Urban Klima 2050 au Pays basque (Espagne) montre des progrès significatifs en termes d'interventions à trois niveaux : urbain/périurbain, bassin fluvial et côte. Parmi les autres actions importantes, citons l'élaboration d'un catalogue de solutions fondées sur la nature pour la ville de Vitoria-Gasteiz ; la récupération de la zone côtière de Tonpoi pour un usage public avec des critères d'adaptation au changement climatique à Bermeo ; l'intervention et l'amélioration de la rive de l'Errekatxulo à San Sebastian ; ou l'identification d'alternatives pour minimiser les dommages de l'effet combiné des vagues et des marées sur la promenade de Zarautz.

Goiás (Brésil), Santa Elena (Équateur), la Lombardie (Italie) et le Pays de Galles (Royaume-Uni) se concentrent sur la plantation d'arbres et la création d'espaces verts. Le programme de plantation d'arbres "Woodlands for Wales" vise à atteindre plusieurs résultats, notamment la réduction de l'érosion des sols, le ralentissement des flux d'eau, la fourniture d'abris et l'amélioration de la connectivité afin de préserver la mobilité des espèces indigènes sensibles. Le programme prévoit également la formation et le renforcement des capacités des communautés locales, créant ainsi des opportunités de gérer les terres localement sans avoir à se déplacer ou à voyager.

En Lombardie, 9 millions d'euros du fonds régional de relance ont été investis dans l'imperméabilisation et la végétalisation en 2021 dans le cadre d'un accord entre la région et plusieurs de ses municipalités.

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PHOTO/TWITTER/@COP27P

Le Goiás met en œuvre plusieurs projets clés, tant au niveau institutionnel. Le projet "Juntos pelo Araguias" est la plus grande initiative de revitalisation d'un bassin versant au Brésil. Il vise à restaurer les zones forestières, à préserver les sources naturelles et à conserver la qualité des sols et de l'eau dans le bassin de la rivière Araguaia. La campagne de plantation de SEDUC CERRADO (2021) dans l'État de Goiás implique la participation directe des citoyens, et le développement de PlanteGo, une application mobile, encourage les citoyens à planter des semis dans les environnements urbains et ruraux.

Combler le fossé entre le climat et la biodiversité

Regions4 s'engage à soutenir les leaders infranationaux dans leurs efforts de plaidoyer en faveur du Cadre mondial pour la biodiversité post-2020 qui sera adopté lors de la COP15 de la CDB. Il s'agit d'une occasion historique pour les gouvernements infranationaux d'être reconnus pour le rôle qu'ils joueront dans la mise en œuvre du nouveau cadre, mais aussi de définir les conditions favorables qui permettront la réussite de sa mise en œuvre à tous les niveaux de gouvernement. C'est pourquoi Regions4 et ses partenaires se préparent déjà à une présence plus forte que jamais à la COP15, et appellent tous les gouvernements infranationaux à signer la déclaration d'Édimbourg, à rejoindre la plateforme phare de l'initiative de partenariat RegionsWithNature et à s'engager dans le 7e Sommet mondial sur la biodiversité des organisations locales et des gouvernements infranationaux, qui se tiendra à Montréal pendant la COP15.

De cette manière, Regions4 et ses partenaires s'assureront que les résultats les plus significatifs de la COP27, en relation avec l'agenda sub-national de la biodiversité, seront transférés à la COP15, jouant ainsi leur rôle dans la réduction du fossé entre les deux conventions. Les régions du monde entier jouent déjà un rôle clé pour combler ce fossé en considérant le changement climatique et la perte de biodiversité comme une crise commune, à laquelle il faut répondre par un engagement et une action forts.