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Daesh nomme un nouveau chef

Abu al-Hussein al-Husseini al-Quraishi remplacera Abu al-Hassan al-Hashemi al-Quraishi, qui est mort en octobre lors d'une opération de l'Armée syrienne libre, selon les États-Unis
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AFP/ DELIL SOULEIMAN  -   Un membre des Forces démocratiques syriennes (FDS) enlève un drapeau de Daesh dans la ville de Tabqa

Daesh a confirmé la mort de son chef, Abu al-Hassan al-Hashemi al-Quraishi, et a nommé son successeur, Abu al-Hussein al-Husseini al-Quraishi. Selon le groupe terroriste, Abou al-Hassan est mort "en combattant les ennemis de Dieu", sans donner plus de détails sur sa mort. Les États-Unis ont déclaré que le djihadiste avait été tué dans la province de Deraa, dans le sud de la Syrie, lors d'une opération de l'Armée syrienne libre.

"Daesh reste une menace pour la région", a déclaré Joe Buccino, porte-parole du Commandement central américain (CENTCOM), dans un communiqué. Buccino a déclaré que le CENTCOM et ses alliés restent engagés "dans la défaite durable" de l'organisation djihadiste.

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PHOTO/FILE - Daesh a confirmé la mort de son chef, Abu al-Hassan al-Hashemi al-Quraishi

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a exclu toute implication américaine dans l'opération contre Abou al-Hassan. Comme l'a souligné Jean-Pierre, la mort de l'ancien chef de Daesh "n'est pas le résultat d'une action américaine", rapporte EFE. Ces derniers mois, Washington a été à l'origine de plusieurs attaques qui ont tué plusieurs membres importants de l'organisation terroriste.

Pour sa part, le porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis, John Kirby, a salué la mort d'un autre dirigeant de Daesh, sans toutefois donner plus de détails. "Je n'ai pas de détails opérationnels supplémentaires à fournir pour le moment", a-t-il déclaré aux journalistes.

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AP/ALEX BRANDON - John Kirby, porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis

Bien que la mort d'Abu al-Hassan soit un coup dur pour l'organisation terroriste, les analystes et les experts continuent de mettre en garde contre les menaces que représente Daesh. "Cela ne signifie pas qu'il est fini, mais pour l'instant, il n'est que l'ombre de lui-même", a déclaré à Reuters Hassan Hassan, auteur d'un livre sur le groupe. Hassan Hassan reconnaît également sa faiblesse actuelle. "Ils n'ont plus de leaders emblématiques et charismatiques, et ils n'ont pas mené d'attaques majeures récemment", ajoute-t-il.

Un porte-parole de Daesh a déclaré que le nouveau chef "est l'un des guerriers vétérans et l'un des fils loyaux" de l'organisation. Comme le note l'Associated Press, aucun des al-Quraishi ne serait apparenté. Le terme "Qurashi" désigne une tribu du prophète Mahomet dont les chefs djihadistes prétendent être les descendants. Ainsi, "al-Qurashi" sert de nom de guerre aux dirigeants de Daesh

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AFP/FADEL SENNA - Un membre des Forces démocratiques syriennes monte la garde dans une prison qui abrite des hommes liés à Daesh

En fait, le prédécesseur d'Abu al-Hassan se faisait appeler Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurayshi. Abu Ibrahim a été tué au début de l'année lors d'une opération américaine dans la province d'Idlib, dans le nord de la Syrie. Abu Ibrahim a été nommé chef de Daesh en 2019, après la mort d'Abu Bakr al-Baghdadi, également tué à Idlib. Al-Baghdadi est l'un des dirigeants les plus en vue de l'organisation depuis qu'il a annoncé la création du "califat" depuis la grande mosquée de Mossoul en 2014. Al-Baghdadi, pour lequel les États-Unis ont offert une récompense de 25 millions de dollars, a fini par être considéré comme l'homme le plus recherché au monde.

Sous la direction d'al-Baghdadi, Daesh s'est emparé de régions d'Irak et de Syrie qu'il a soumises par la violence en s'appuyant sur son interprétation extrémiste de l'islam. Outre le massacre de groupes ethniques et religieux dans la région, tels que les Yazidis, les djihadistes ont également organisé des attaques terroristes brutales dans des villes telles que Paris, Bruxelles, Barcelone, Berlin et Istanbul. 

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PHOTO/REUTERS - La minorité Yazidi déplacée fuit la violence de Daesh dans la ville de Sinjar

Le déclin du groupe terroriste en Irak est intervenu en 2017, lorsque les forces nationales et internationales ont vaincu les djihadistes à Mossoul. La ville irakienne située sur les rives du Tigre a été le témoin du début du califat, mais aussi de sa fin. Plus tard en 2019, les combattants syriens soutenus par les États-Unis ont libéré la dernière zone tenue par Daesh dans la province de Deir ez-Zor.

Depuis lors, les membres de Daesh ont mené des attaques sporadiques, notamment contre les forces de sécurité irakiennes et syriennes. Plus tôt cette année, Daesh a mené une attaque contre une prison à Hasaka, dans le nord de la Syrie. Cette opération - considérée comme la plus importante depuis la défaite du groupe - visait à libérer les djihadistes de la prison. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 246 djihadistes, 79 membres des forces kurdes et sept civils ont été tués lors de cette attaque.