Des mesures de relance massives pour stimuler la reprise en France

Crédito y Caución prévoit que la croissance cumulée des faillites en 2021, par rapport aux niveaux pré-pandémiques de 2019, atteindra 8 % et augmentera encore en 2022
Crédito y Caución prévoit que la croissance cumulée des faillites en 2021, par rapport aux niveaux de 2019 avant la pandémie, atteindra 8 % et continuera à augmenter en 2022.

PHOTO/REUTERS  -   Crédito y Caución prévoit que la croissance cumulée des faillites en 2021, par rapport aux niveaux de 2019 avant la pandémie, atteindra 8 % et continuera à augmenter en 2022

Selon le dernier rapport publié par Crédito y Caución, l'économie française connaîtra une croissance de 5,4 % en 2021, tirée principalement par la demande intérieure. La consommation des ménages (3 %), l'investissement (10,5 %), les dépenses publiques (4,7 %) et les exportations (11 %) vont tous s'accélérer cette année. En 2022, l'économie française devrait connaître une nouvelle croissance de 5,3 %. Toutefois, la hausse du chômage pourrait entraver la bonne tenue de la consommation privée.

Depuis l'apparition de la pandémie en France, le gouvernement français a mis en œuvre des mesures de relance massives pour soutenir les consommateurs et les entreprises. En raison de ces mesures et de l'impact négatif de la pandémie sur les recettes fiscales, le déficit budgétaire français a augmenté pour atteindre 9,4 % du PIB en 2020. En 2021 et 2022, le déficit devrait se maintenir à des niveaux de 9 % et 6,5 %, respectivement, en raison de la poursuite des mesures visant à privilégier la croissance économique par rapport à l'assainissement budgétaire.  L'agenda économique est actuellement axé sur la mise en œuvre d'un plan de relance de 100 milliards d'euros, dont 40 milliards proviendront de fonds de l'Union européenne. La dette publique atteindra près de 120 % d'ici 2021, ce qui en fera la troisième plus élevée de la zone euro.

Malgré la forte contraction de l'économie en 2020, les défaillances d'entreprises françaises ont reculé de 39 % en glissement annuel. Cette baisse est principalement due au moratoire temporaire et à l'ample soutien fiscal. Alors que le moratoire sur l'obligation de déposer le bilan a expiré fin août 2020, les mesures de relance massives destinées à soutenir les entreprises ont maintenu les chiffres de l'insolvabilité à un faible niveau. Avec la réduction du soutien fiscal, les faillites devraient augmenter à partir du second semestre 2021. Crédito y Caución s'attend à ce que la croissance cumulée des faillites en 2021, par rapport aux niveaux pré-pandémiques de 2019, atteigne 8 % et augmente encore en 2022.

Dans ce contexte, le risque de crédit de certains secteurs clés de l'économie française s'est amélioré, bien que partant de niveaux très détériorés dans la plupart des cas. Dans le secteur de l'automobile et des transports, la situation du risque de crédit de nombreuses entreprises reste tendue, la récession de 2020 ayant entraîné de graves tensions sur les liquidités et des déficits de trésorerie. Dans l'industrie aérospatiale française, de nombreux sous-traitants continueront à souffrir du ralentissement de l'activité et disparaîtront à court ou moyen terme. Le secteur de la construction, qui était déjà confronté à des problèmes de liquidités et à des difficultés pour financer ses besoins en fonds de roulement, s'attend à une reprise de l'activité. Cependant, la pénurie de matériaux, la volatilité des prix des matières premières et le report de projets pèsent sur les entreprises dont les marges sont plus serrées. Dans le secteur de l'électronique, le risque de crédit est modéré grâce à l'augmentation des dépenses des entreprises et des salariés due à la forte progression du télétravail. Le secteur des machines et de l'ingénierie présente des perspectives positives pour le second semestre de 2021 et 2022 grâce à des investissements en capital précédemment reportés. La métallurgie et l'acier connaîtront une reprise des commandes en raison d'un rebond de certaines industries acheteuses comme l'automobile, la construction et les machines. Le secteur des services concentre certains des segments qui ont le plus souffert de la pandémie, comme les hôtels, les restaurants, les bars, les spectacles, les événements culturels, les agences de voyage et les tour-opérateurs. Les flux touristiques ne se rétabliront pas complètement d'ici 2021, car certaines personnes s'abstiendront de voyager pour limiter les risques sanitaires.