Des représentants arabes discutent des moyens de faire face aux ingérences iraniennes et turques au Moyen-Orient

Les discussions ont notamment porté sur les efforts accrus "pour faire face aux pratiques terroristes iraniennes"
Les ministres arabes des affaires étrangères participent à leur 153e session annuelle au siège de la Ligue arabe au Caire, la capitale égyptienne, le 4 mars 2020

AFP/MOHAMED el-SHAHED  -   Les ministres arabes des affaires étrangères participent à leur 153e session annuelle au siège de la Ligue arabe au Caire, la capitale égyptienne, le 4 mars 2020.

Les Émirats arabes unis (EAU) ont présidé une réunion de la Ligue arabe visant à faire face à l'ingérence de la République islamique d'Iran dans les affaires intérieures des pays arabes de la région.

La réunion a été organisée par la Commission du Quartet ministériel arabe sur le suivi de la crise avec l'Iran en marge de la session du Conseil de la Ligue arabe et a été présidée par Khalifa Shaheen al-Marar, Ministre d'État des Émirats arabes unis.

Des représentants de l'Égypte, de l'Arabie Saoudite et du Bahreïn, ainsi que le Secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont participé à la réunion, qui s'est tenue dans la capitale égyptienne du Caire et ont discuté de l'évolution de la crise.

La Commission ministérielle arabe du Quartet s'est donc réunie mercredi pour discuter de l'évolution de la crise avec l'Iran et des moyens de faire face à la prétendue ingérence iranienne.

Oussama ben Ahmed Naqli, Ambassadeur d'Arabie saoudite en Égypte et représentant permanent auprès de la Ligue arabe, a représenté le Royaume au nom du ministre des affaires étrangères, le Prince Faisal ben Farhan.

La réunion, qui s'est tenue au Caire en marge de la 155e session du Conseil de la Ligue arabe, était présidée par M. Khalifa Shaheen al-Marar, précitée. Les autres participants étaient le Secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, le Ministre égyptien des affaires étrangères Sameh Shoukry et le Vice-ministre bahreïni des affaires étrangères Abdullah al-Dossary.

El ayatolá Alí Jamenei, a la derecha, pasa revista a las Fuerzas Armadas junto al jefe del Estado Mayor de las Fuerzas Armadas, el general Mohamed Bagheri, durante una ceremonia de graduación en la Academia de Defensa Aérea de Irán, el 30 de octubre de 2019
BUREAU PHOTO/IRANIEN via AP - L'ayatollah Ali Khamenei, à droite, passe en revue les forces armées aux côtés du chef d'état-major des forces armées, le général Mohamed Bagheri, lors d'une cérémonie de remise de diplômes à l'Académie de défense aérienne iranienne, le 30 octobre 2019

Ils ont discuté des "moyens de renforcer la coopération et la coordination conjointe pour faire face aux pratiques terroristes iraniennes et combattre leurs armes terroristes qui causent des ravages et des destructions, perturbent le développement et la prospérité, et menacent la sécurité et la stabilité régionales et internationales", selon l'agence de presse officielle saoudienne SPA et rapporté par Arab News.

Ils ont également discuté de "l'importance de renforcer le travail avec la communauté internationale pour mettre fin au programme nucléaire de l'Iran, qui menace la paix et la sécurité internationales dans la région et dans le monde".

Comme l'ont souligné divers analystes et experts, la République islamique d'Iran est depuis longtemps très présente dans divers pays du Moyen-Orient et s'immisce dans les affaires de l'État par le biais de groupes chiites agissant par procuration dans chacun de ces pays. Par exemple, en Irak, elle est aidée par les Forces de mobilisation populaire, au Yémen par les rebelles houthis qui cherchent à saper le gouvernement internationalement reconnu d'Abd Rabbuh Mansour al-Hadi, en Palestine par la milice du Hamas, au Liban par le groupe islamiste Hezbollah et en Syrie par le groupe Liwa Fatemiyoun basé en Afghanistan.

Le régime des ayatollahs est le principal représentant régional de la branche chiite de l'Islam, face au régime sunnite dirigé par l'Arabie Saoudite, grand rival régional de l'Iran.

Ces derniers temps, notamment grâce aux accords historiques d'Abraham, des mesures ont été prises en faveur de la coopération entre les pays arabes, opposés à l'expansionnisme de l'Iran, et l'État d'Israël, grand ennemi de la République islamique. L'administration de Donald Trump aux États-Unis a conduit à l'établissement de liens diplomatiques entre des nations telles que les Émirats, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc avec Israël, qui ont servi à rapprocher les positions du pays hébreu en vue de pacifier le Moyen-Orient et d'acculer des politiques belligérantes comme celles de l'Iran, un rival commun dans la région.

La Turquie aussi sous les feux de la rampe

Les Émirats arabes unis ont également pris part à une réunion de la Ligue arabe qui cherchait des moyens de faire face à l'ingérence de la Turquie dans les affaires intérieures des pays arabes. La réunion a été organisée par le Comité ministériel arabe chargé de suivre les ingérences turques, en marge de la session du Conseil de la Ligue arabe, où Khalifa Shaheen Al-Marar lui-même représentait les Émirats arabes unis. 

El ayatolá Alí Jamenei, a la derecha, pasa revista a las Fuerzas Armadas junto al jefe del Estado Mayor de las Fuerzas Armadas, el general Mohamed Bagheri, durante una ceremonia de graduación en la Academia de Defensa Aérea de Irán, el 30 de octubre de 2019
REUTERS/Service de presse présidentiel via AP - Le président turc Recep Tayyip Erdogan

La réunion était présidée par l'Égypte et comprenait des représentants de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn et de l'Irak, en plus du secrétaire général de la Ligue arabe lui-même, et a discuté de l'ingérence illégitime de la Turquie dans les affaires des pays arabes. 

On a également beaucoup parlé de la politique étrangère agressive de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, qui a mené des manœuvres militaires lors d'affrontements internes dans d'autres pays, comme cela s'est produit lors de la guerre civile en Libye, lors de la confrontation entre le gouvernement syrien et les groupes d'opposition radicaux et en Irak, où elle a mené des opérations de harcèlement des Kurdes, qu'elle accuse d'actes terroristes dans le sud du territoire ottoman. Dans le cas turc, plusieurs analystes et divers médias ont même souligné la coopération avec des groupes liés au djihadisme dans le cadre du conflit syrien, et même l'envoi en Libye de mercenaires syriens liés par le passé à des formations comme Daech ou Al-Qaïda.