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Erdogan exhorte les talibans à "mettre fin à l'occupation"

La Turquie a proposé de gérer l'aéroport de Kaboul après le départ des troupes internationales d'Afghanistan
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PHOTO/AHMED DEEB  -   Le président turc Recep Tayyip Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan ne veut pas rater sa part du gâteau dans le conflit afghan.  Après l'annonce du retrait des troupes américaines de ce pays d'Asie centrale et donc de la fin de la mission de l'OTAN en Afghanistan, l'administration de l'aéroport international de Kaboul a été laissée en suspens. L'aéroport, situé dans une enclave stratégique entre le palais présidentiel afghan et les missions diplomatiques, est crucial pour maintenir la sécurité des ambassades et faciliter l'arrivée de l'aide humanitaire.

La Turquie, confrontée à la vacance du pouvoir laissée par le départ des États-Unis de ce pays d'Asie centrale, a proposé d'administrer l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul. Pour leur part, les États-Unis, qui étaient initialement réticents à l'idée, ont finalement accepté la proposition de la Turquie et M. Biden lui-même a promis un soutien économique et militaire à Ankara. Toutefois, les talibans ont exigé qu'Ankara se retire avec les autres troupes de l'OTAN et ont mis en garde Erdogan contre une "grosse erreur".

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AP/RAHMAT GUL - Aéroport international Hamid Karzai à Kaboul, en Afghanistan

Malgré les avertissements des insurgés afghans, Erdogan reste déterminé à renforcer la présence de la Turquie en Afghanistan grâce à l'aérodrome. S'adressant à la presse avant son départ pour Chypre, le président turc s'en est pris aux talibans, déclarant qu'ils devaient "mettre fin à l'occupation". "Ils (les talibans) doivent mettre fin à l'occupation du sol de leurs frères et montrer au monde que la paix règne en Afghanistan immédiatement", a exhorté Erdogan.

Le président turc a également dénoncé l'approche des talibans, estimant qu'elle ne correspond pas à la manière dont les musulmans devraient traiter les uns avec les autres. Interrogé sur la mise en garde des talibans à l'égard de la Turquie si celle-ci finissait par administrer l'aéroport, M. Erdogan a expliqué que "dans la déclaration des talibans, il n'y a pas de phrase "Nous ne voulons pas de la Turquie"".  Le président turc a clairement indiqué que la Turquie maintiendrait sa présence en Afghanistan après le retrait des troupes internationales et malgré les avertissements des talibans.

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PHOTO/AP - Photo d'archive, combattants talibans, dans le district de Shindand de la province de Herat, en Afghanistan

Au début du mois, des responsables de la sécurité nationale des États-Unis et de la Turquie ont eu une série de conversations téléphoniques pour discuter de "la sécurité du fonctionnement de l'aéroport international Hamid Karzai", a déclaré le ministère ottoman de la défense dans un communiqué. Le ministre turc de la défense, Hulusi Akar, a déclaré que les initiatives de la Turquie ont rencontré l'approbation de plusieurs membres de l'organisation atlantique. "Nous essayons de suivre le processus avec nos frères afghans, l'OTAN, l'Union européenne et la communauté internationale", a-t-il déclaré.

Le ministre Akar a justifié la présence de la Turquie dans le pays comme faisant partie d'une mission à long terme. Ankara est présent en Afghanistan depuis deux décennies dans un rôle non combattant et en tant qu'accompagnateur des États-Unis. En outre, elle n'a participé qu'à des travaux de conseil, de reconstruction et de maintenance, et exploite l'aéroport depuis six ans. 

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PHOTO/ Arif Akdogan/Ministère turc de la défense via AP - Le ministre turc de la défense Hulusi Akar

La situation en Afghanistan est de plus en plus compliquée : les talibans ont lancé une offensive en mai après l'annonce du retrait des troupes internationales de ce pays d'Asie centrale, et le groupe d'insurgés affirme désormais contrôler 85 % du territoire. Le week-end dernier, les pourparlers de paix ont repris à Doha entre les autorités afghanes et les talibans, mais ils ont une fois de plus été laissés en suspens et ont seulement accepté de "poursuivre les discussions", alors que le pays subit un maelström de violence qui commence déjà à toucher les pays voisins.