Florence Parly annonce la mort ou l'arrestation des dirigeants de l'EIGS

La ministre française des Armées confirme les nouveaux développements de l'opération Solstice
La ministre française de la Défense, Florence Parly

AP/LOUISA GOULIAMAKI  -   La ministre française de la Défense, Florence Parly

Plusieurs membres de l'EIGS (l'autoproclamé État islamique du Grand Sahara) ont été tués ou capturés ces dernières semaines grâce à l'action de la force française Barkhane et de certains de ses partenaires dans la région. La ministre des Armées françaises, Florence Parly, était chargée de communiquer une information qui faisait l'objet de rumeurs depuis un certain temps et qui a finalement été rendue officielle.

Ces rumeurs indiquaient que Abdel Hakim al-Sahraoui, "une figure très médiatique de l'EIGS connue pour son application très stricte de la charia", était décédé, ce que le ministre français vient de confirmer. Elle a également déclaré qu'ils avaient "la confirmation qu'il est mort en mai dans des circonstances inconnues" lors d'une réunion avec l'Association des journalistes de la défense (AJD).  

Un soldado francés sostiene un detector mientras busca la presencia de un artefacto explosivo improvisado (IED) durante la operación Barkhane en el norte de Burkina Faso
AFP/MICHELE CATTANI - Un soldat français tient un détecteur alors qu'il recherche la présence d'un engin explosif improvisé (IED) lors de l'opération Barkhane dans le nord du Burkina Faso.

Barkhane est le nom de l'opération déployée par les forces armées françaises dans le but de lutter contre le terrorisme aux côtés des forces militaires locales. C'est Barkhane qui a lancé l'opération Solstice et, avec l'aide des forces armées nigérianes et de la force opérationnelle européenne Takuba, a fait prisonniers deux lieutenants de l'émir de l'EIGS, Adnan Abou Walid Sahraoui, Sidi Ahmed Ould Mohammed alias Katab al-Mauritani, ainsi que Dadi Ould Chouaib, alias Abou Dardar, dont la capture a été annoncée récemment. Par ailleurs, six djihadistes ont également été "neutralisés", a précisé la ministre, dont le cadre touareg de l'EIGS Almahmoud al-Baye alias Ikaray, présenté comme le "chef d'un groupe de combattants dans la région de Ménaka, à la frontière avec le Niger." 

La France se prépare à lancer une opération de retrait progressif de la région du Sahel. La force Barkhane - qui compte actuellement 5 100 hommes - disparaîtra au profit d'un dispositif recentré sur la lutte contre le terrorisme et le soutien au combat des armées locales, qui sera assuré par le groupe de forces spéciales européen Takuba, qui doit encore monter en puissance sur le territoire pour mettre ce plan en action. Ce projet vise à avoir quitté les bases du nord du Mali - Tessalit, Kidal et Tombouctou - d'ici la fin 2021. 

Soldados malienses, parte del G5 Sahel, sentados en un vehículo mientras patrullan en la zona fronteriza con Burkina Faso y Níger, en una foto de archivo
AFP/DAPH BENOIT - Des soldats maliens, faisant partie du G5 Sahel, sont assis dans un véhicule alors qu'ils patrouillent dans la zone frontalière avec le Burkina Faso et le Niger, sur une photo d'archive.

La prochaine étape pour les forces militaires françaises est de concentrer leurs efforts sur les emprises de Gao et Ménaka, plus près de la zone dite des "trois frontières", aux limites du Mali, du Niger et du Burkina Faso, ainsi que de Niamey, la capitale du Niger. Au Burkina Faso, le terrorisme djihadiste connaît l'un de ses moments les plus inquiétants et a conduit au limogeage des ministres de la défense et de la sécurité. L'attaque subie début juin, qui a fait 160 morts selon le gouvernement burkinabé, a été l'un des principaux déclencheurs de la décision de l'exécutif. 

De son côté, Paris entend également poursuivre sa recherche des chefs des groupes djihadistes et a remporté plusieurs succès importants ces derniers mois. Dernier en date avant les déclarations du ministre Parly, Dadi Ould Chouaib, alias Abou Dardar, "un des chefs de l'EIGS", a été arrêté au Mali par les forces françaises, a annoncé l'état-major français dans un communiqué officiel. Le détenu était "soupçonné d'avoir mutilé trois hommes le 2 mai lors du marché hebdomadaire de Tin Hama (situé dans le nord du pays)". 
 

La operación Barkhane terminaría y sería sustituida por el apoyo a los socios locales y la lucha contra el terrorismo
AP/JEROME DELAY - L'opération Barkhane prendrait fin et serait remplacée par un soutien aux partenaires locaux et au contre-terrorisme.

Avec l'annonce des avancées fournies par le ministère français des Armées, un pas supplémentaire est franchi dans la dure bataille contre le terrorisme qui est menée dans la région du Sahel. La paix sur le territoire est encore loin d'être une réalité, mais tant le gouvernement français que ceux qui collaborent font un effort important ces derniers jours pour progresser dans la lutte contre les forces radicales. L'un des piliers fondamentaux pour de nouveaux progrès est le renforcement des forces européennes Takuba afin que les Français puissent quitter leurs bases actuelles au Mali pour se rendre dans la zone des "trois frontières", ce qui devrait se produire dès que possible.