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Israël et la Palestine tiennent leur première réunion de haut niveau depuis plus de 10 ans

Les pourparlers de paix sont au point mort depuis 2014
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AP/ALEX BRANDON  -   Le président palestinien Mahmoud Abbas

L'autoproclamé "gouvernement du changement" d'Israël, composé d'un amalgame de partis allant de la gauche à la droite ultra-nationaliste, qui a réussi à évincer du pouvoir l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu après plus de 12 ans de mandat, commence à offrir une nouvelle image en politique intérieure. Le conflit palestinien, inhérent aux politiques de défense d'Israël, et surtout le Hamas, le gouvernement de facto de la bande de Gaza, constituent les principales menaces intérieures pour Israël.

Le nouveau gouvernement, dirigé par Naftali Bennet, un politicien ultra-nationaliste, constitue un obstacle majeur pour aborder la question palestinienne, car il n'y a pas de consensus entre les différents partis qui le composent. Après l'escalade de la violence entre le Hamas et Israël en mai, il semblait que les politiques de la nouvelle administration ne seraient pas trop éloignées de celles adoptées par le précédent gouvernement dirigé par Netanyahu.

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AFP/ MAHMUD HAMS - Manifestation le long de la clôture frontalière, à l'est de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza

En juin, le Premier ministre israélien, M. Bennet, a approuvé une offensive contre la bande de Gaza en réponse au lancement de ballons incendiaires à la frontière qui ont provoqué une vingtaine d'incendies en territoire israélien, rompant ainsi le cessez-le-feu conclu en mai entre les autorités israéliennes et les responsables du Hamas, avec la médiation de l'Égypte. Ces événements suggèrent que, malgré l'annonce d'un changement dans les relations entre Palestiniens et Israéliens, le nouveau gouvernement israélien perpétue les politiques de Netanyahou.

Cependant, dans un changement de paradigme et une augmentation des tensions entre le pays juif et la bande de Gaza, le ministre israélien de la défense Benny Gantz a rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie), quelques jours après la rencontre entre le premier ministre Naftali Bennet et le président américain Joe Biden. La rencontre entre MM. Abbas et Gantz est la première réunion de haut niveau depuis 2010. Les pourparlers de paix israélo-palestiniens ont été suspendus en 2014 et n'ont pas repris depuis.

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REUTERS/AMIR COHEN - Benny Gantz, ministre israélien de la Défense

Selon une déclaration officielle du bureau de Benny Gantz, les questions de sécurité nationale, civiles et économiques ont été abordées lors de la réunion, ainsi que la situation financière et sécuritaire actuelle en Cisjordanie et à Gaza. Gantz a souligné qu'Israël "cherche à prendre des mesures pour renforcer l'économie palestinienne". Toutefois, selon le quotidien Hareetz, un haut responsable israélien proche du Premier ministre israélien Naftali Bennet, cette rencontre n'implique pas l'ouverture d'un processus diplomatique avec la Palestine. Il a déclaré que "la réunion entre Gantz et Abbas avait été approuvée à l'avance par le Premier ministre. La réunion a porté sur les questions de routine entre le ministère de la défense et l'Autorité palestinienne".

Cette rencontre israélo-palestinienne de haut niveau intervient quelques jours après la rencontre à Washington du Premier ministre israélien Naftali Bennet avec le président américain Joe Biden, qui a insisté sur la nécessité de progresser dans le processus de paix. M. Bennet a toutefois précisé qu'Israël n'avait pas l'intention d'avancer dans un processus diplomatique avec les Palestiniens en raison des circonstances politiques actuelles, mais a laissé la porte ouverte à la conclusion d'accords économiques avec l'Autorité palestinienne, qui souffre d'une grave crise économique et de leadership.

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PHOTO/REUTERS - Le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien Naftali Bennett

L'Autorité palestinienne (AP) dirigée par Mahmoud Abbas est de plus en plus critiquée, tant au niveau national qu'international, pour sa répression présumée des droits fondamentaux, à la suite de la mort d'un militant de premier plan sous la garde des Palestiniens. Des manifestations contre la direction d'Abbas ainsi que la gestion de l'AP ont eu lieu à travers la Cisjordanie, remettant en question la direction de la formation par Abbas.

Le conflit israélo-palestinien reste enraciné, et rien ne devrait changer avec l'arrivée du nouveau "gouvernement du changement". Bennet a déclaré à de multiples occasions qu'il était ouvertement opposé à la solution des deux États et qu'il n'approuvait que l'initiative visant à soutenir financièrement l'Autorité palestinienne par opposition au Hamas. Comme l'a souligné le ministre israélien des communications, Yoaz Hendel, sur la radio publique Kan, "notre principal intérêt est une Autorité palestinienne économiquement forte".