L'émir du Koweït accepte la démission du gouvernement

L'exécutif restera en fonction jusqu'à ce qu'un autre
Atalayar_Emir de Kuwait Nawaf al-Ahmad al-Sabah

PHOTO/AGENCIA DE NOTICIAS DE KUWAIT  -   L'émir du Koweït Nawaf al-Ahmad al-Sabah et le prince héritier, Cheikh Meshal al-Ahmad Al-Jaber al-Sabah

L'émir du Koweït, Cheikh Nawaf al-Ahmed al-Sabah, a accepté la démission du gouvernement lundi. Après que les membres du cabinet koweïtien aient présenté leur démission au Premier ministre Sabah al-Khaled al-Sabah, celui-ci a remis la démission de son équipe gouvernementale à l'émir. 

L'agence de presse d'État KUNA a annoncé que l'émir koweïtien a accepté "la démission du Premier ministre Sabah al-Khaled, et de ses ministres, qui resteront en fonction jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement."

Ce gouvernement a duré un peu plus d'un mois ; le cabinet des ministres a été formé le 14 décembre. Neuf jours après une élection législative au cours de laquelle l'opposition est passée de 16 à 24 des 50 sièges qui composent le Parlement. Le nouveau cabinet a connu une réorganisation majeure, car seuls six des seize ministres avaient occupé leur poste auparavant. 

Il est probable que le gouvernement ait démissionné suite à la confrontation croissante entre l'institution gouvernementale et le Parlement. Outre la motion déposée contre le Premier ministre, plusieurs parlementaires ont exprimé leur mécontentement à l'égard de l'exécutif pour être allé à l'encontre des demandes de la population et ne pas avoir rempli ses devoirs constitutionnels.

L'une des sources de tension entre l'exécutif et le parlement est le problème de la corruption. En plus de l'opposition des députés à une tentative de l'exécutif d'imposer davantage de taxes aux Koweïtiens. D'autre part, le mécontentement est également dû à la détérioration économique due à la baisse des prix du pétrole et à la crise sanitaire due au coronavirus. 

Malgré la démission du gouvernement, le président du Parlement, Marzouq al-Ghanim, a annoncé que les ministres resteraient en fonction jusqu'à la formation d'un nouvel exécutif. M. Al-Ghanim a également ajouté qu'il n'y aura pas de sessions parlementaires d'ici là. 

Cependant, aucune loi constitutionnelle ne dicte à quel moment le nouveau gouvernement doit être formé. On ne sait pas exactement ce qui va se passer, mais la prochaine étape habituelle consiste pour l'émir à nommer un nouveau premier ministre, qui formera ensuite un nouveau gouvernement.

Par ailleurs, l'un des principaux différends entre l'exécutif et le Parlement a été la motion d'interpellation du Premier ministre. Le 5 janvier, trois députés, Bader al-Dahoom, Thamer al-Suwait et Khaled al-Moanes, ont présenté une telle motion.

Ils se sont basés sur deux clauses, dont l'une indique que le Premier ministre n'a pas respecté l'article 98 de la Constitution koweïtienne. Cette disposition stipule qu'une fois le gouvernement formé, chaque ministère présentera son programme à l'Assemblée nationale et celle-ci pourra formuler les commentaires qu'elle jugera opportuns.

Un jour plus tard, 38 parlementaires ont accepté l'interrogatoire, ce qui a marqué une étape sans précédent. C'était la première fois dans l'histoire du Koweït qu'une majorité de parlementaires était en faveur d'une motion avant la session.

L'interrogatoire de Sabah al-Khaled a eu lieu un jour avant une session parlementaire prévue. Pour cette raison, le gouvernement n'a pas participé à la réunion avec l'intention de démissionner. Une séance d'interrogatoire était alors prévue pour le 19 janvier, mais elle a été annulée du fait que l'émir vient d'accepter la démission. 

Sabah al-Khalid avait auparavant présenté sa démission après les élections législatives du 6 décembre dernier.