La CAF propose des directives de base pour réduire le risque de violence sexiste dans les travaux publics

Au moyen d'un document qui prévoit cinq sections avec des clarifications conceptuelles
CAF

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Le risque de violence sexiste auquel sont confrontées les femmes dans le secteur de la construction ne peut passer inaperçu, comme en témoigne le document intitulé " Lignes directrices de base pour atténuer le risque de violence sexiste dans les projets de travaux publics ", élaboré par la CAF, la Banque de développement d'Amérique latine, dans le but de soutenir et de sensibiliser les gouvernements de la région.    

En effet, selon les données de l'Organisation internationale du travail (OIT), seuls 3,7% des personnes employées dans la construction sont des femmes et 96,3% sont des hommes. Ainsi, sur l'ensemble de la population employée dans différentes activités économiques, seuls 0,7% des femmes travaillent dans la construction contre 11,7% des hommes. Pendant la phase de construction des travaux publics, le déplacement du personnel de construction pourrait entraîner des changements dans la dynamique communautaire et de nouvelles interactions avec les personnes vivant autour des sites, ainsi que des risques potentiels de certaines formes de violence à l'égard des femmes et des personnes ayant des identités de genre diverses en présence de relations de pouvoir inégales et de normes socioculturelles qui conditionnent le comportement des personnes en fonction de leur sexe.  

Dans ce contexte, la contribution de la CAF vise à générer des espaces de travail et des espaces communautaires liés à des projets de travaux publics qui soient exempts de violence de genre, ainsi que des pratiques qui préviennent la discrimination. Les lieux de travail tels que le secteur de la construction doivent avoir une tolérance zéro pour le harcèlement sexuel et le harcèlement sur le lieu de travail. Dans cette ligne, le défi est de bannir toute pratique qui porte atteinte à l'intégrité des femmes et des personnes aux identités de genre diverses qui travaillent, transitent ou vivent sur les sites ou dans les zones d'influence des travaux d'infrastructure, indique la publication.   

Préparée par Edgar Lara López, coordinateur de l'inclusion sociale et du genre de la CAF, la publication est divisée en cinq chapitres. La première partie présente les principaux concepts permettant de définir la violence sexiste ; la seconde présente les types de risques de violence sexiste et la législation en la matière. La troisième section présente des lignes directrices pour éviter, prévenir et traiter la violence fondée sur le genre afin de laisser la place au chapitre suivant qui comprend quelques exemples de comportements qui devraient être interdits sur les chantiers de construction et leurs zones d'influence respectives.   

Ces comportements peuvent être verbaux, comme les compliments, les blagues et les taquineries, entre autres expressions rejetées ; non verbaux, comme les signaux obscènes et les sifflements. Quant aux comportements physiques, ils vont des attouchements à la violence sexuelle, mais il existe aussi d'autres actions liées à la discrimination et à des formes de harcèlement au travail. 

Enfin, le document propose un outil d'analyse de la capacité institutionnelle à prévenir et à atténuer les risques de violence sexiste des organisations ou des entreprises chargées de la gestion ou du développement des travaux d'infrastructures publiques.   

Dans ce sens, il existe des recommandations pour que les entités de travaux publics et les entreprises de liaison analysent leurs capacités en ce qui concerne la connaissance de la législation et l'existence d'un personnel formé dans ce domaine. Elle suggère également que les exécutants des travaux disposent d'un plan pour identifier et réduire les risques de violence sexiste.    

En outre, la publication " Lignes directrices de base pour atténuer le risque de violence sexiste dans les projets de travaux publics " fournit également des données sur la législation comparative entre les différents pays d'Amérique latine, ainsi que sur les institutions qui existent dans la région et qui soutiennent les programmes officiels d'éradication de la violence à l'égard des femmes.