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La coalition arabe annonce une nouvelle opération au Yémen contre les Houthis "sur tous les fronts"

Les forces sous commandement saoudien et leurs alliés yéménites se sont récemment emparés de la région de Shabwa
AFP/FAYEZ NURELDINE

AFP/FAYEZ NURELDINE  -   Le porte-parole de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, le colonel Turki al-Maliki.

Le général Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition internationale au Yémen, a annoncé une offensive majeure contre les rebelles Houthis soutenus par l'Iran dans le but de "purifier" le pays et d'y instaurer la sécurité, la prospérité et la croissance. "Le Yémen mérite beaucoup dans tous les domaines", a-t-il ajouté. Le responsable militaire saoudien a fait ces remarques lors d'une conférence de presse à Shabwa aux côtés du gouverneur de la province, Awadh bin Al-Wazer. La région, qui dispose d'importantes réserves de pétrole, a été "libérée" du contrôle des Houthis dix jours après que les forces yéménites, soutenues par la coalition dirigée par Riyad, ont lancé l'opération "Tempête du Sud". 

Après avoir pris Shabwa, l'alliance militaire arabe se concentrera sur l'opération "Free Happy Yemen". Cette mission, qui a débuté aux premières heures de la matinée de mardi, vise "tous les fronts" du pays et est soutenue par les troupes yéménites alliées, telles que les forces Amalika et les brigades Giants. Ces derniers ont déjà annoncé qu'ils se dirigeaient vers Marib, où ils affirment contrôler "de larges zones dans le district de Harib" tandis que les Houthis "subissent de lourdes pertes". 

AP/MARIMAN EL_MOFTY  -   Combatientes yemeníes respaldados por la coalición liderada por Arabia Saudí en la línea de frente de Kassara, cerca de Marib, Yemen, el 20 de junio de 2021
AP/MARIMAN EL_MOFTY - Combattants yéménites soutenus par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite sur la ligne de front de Kassara, près de Marib, au Yémen, le 20 juin 2021.

Marib est devenue une préoccupation majeure pour la coalition arabe et le centre de la guerre au Yémen après que les Houthis ont commencé une offensive contre la ville en février. Bien que les forces du président Abd Rabbuh Mansur al-Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite et reconnu par la communauté internationale, contrôlent la majeure partie de la ville, les rebelles se sont emparés des positions voisines riches en pétrole et en gaz. Cette semaine, cependant, la coalition internationale a annoncé une série de bombardements qui ont tué 200 Houthis dans les districts d'Usailan, Bayhan et Al Ain.

AFP/NATALIA KOLESNIKOVA  -   Abd Rabbuh Mansur al-Hadi, presidente de Yemen reconocido internacionalmente
AFP/NATALIA KOLESNIKOVA - Abd Rabbuh Mansur al-Hadi, président du Yémen reconnu par la communauté internationale.

Par ailleurs, comme le rapporte la télévision Al Arabiya, les forces dirigées par Riyad ont détruit au moins 20 véhicules militaires et unités de contrôle de drones des milices insurgées. Cependant, la Brigade des Géants a également signalé des pertes parmi ses troupes. Les forces soutenues par les Saoudiens et les Émiriens ont perdu 70 combattants dans les combats pour Marib. D'autre part, les Houthis continuent de contrôler Sana'a, ainsi que plusieurs zones aériennes au nord et à l'ouest. Profitant des pertes subies par les milices chiites dans d'autres régions telles que Marib et Shabwa, les avions de chasse de la coalition ont intensifié leurs attaques sur la capitale yéménite

REUTERS/MOHAMED al-SAYAGHI - Los partidarios del movimiento hutí asisten a una manifestación para celebrar los avances militares del grupo cerca de las fronteras con Arabia Saudí, en Sanaa, Yemen, el 4 de octubre de 2019
REUTERS/MOHAMED al-SAYAGHI - Des partisans du mouvement houthi assistent à un rassemblement pour célébrer les avancées militaires du groupe près des frontières avec l'Arabie saoudite, à Sanaa, au Yémen, le 4 octobre 2019.

La guerre pour Marib, en plus d'alimenter le conflit qui fait rage depuis 2014, a accentué la crise humanitaire du Yémen, la pire au monde selon les Nations unies. La ville abrite trois millions de personnes, auxquelles s'ajoutent près d'un million de réfugiés venus d'autres régions du pays. C'est pourquoi, selon les chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, 137 camps de personnes déplacées ont été mis en place dans la ville et ses environs, bien que l'OIM prévienne qu'il n'y en a pas assez. "Nous demandons à la communauté internationale, ainsi qu'aux donateurs qui peuvent apporter leur contribution, de fournir l'aide nécessaire car il s'agit d'un très grand défi", a déclaré Sharon Wanga, l'une des coordinatrices du camp d'al-Samya, à Jeremy Bowen, le correspondant de la BBC au Yémen.

AFP/MOHAMMED HUWAIS - Un joven yemení lleva ayuda alimentaria distribuida por la fundación de desarrollo Yadon Tabney, en Sanaa, el 17 de mayo de 2020
AFP/MOHAMMED HUWAIS - Un jeune Yéménite porte une aide alimentaire distribuée par la fondation de développement Yadon Tabney, à Sanaa, le 17 mai 2020.

Malgré la situation critique du pays, l'aide internationale a diminué par rapport aux années précédentes. De plus, l'aide qui arrive est souvent pillée par les deux parties au conflit. Selon un rapport connexe de l'ONU, alors que les Houthis ont détourné au moins 1,8 milliard de dollars d'aide humanitaire en 2019, le gouvernement yéménite se livre à des pratiques de blanchiment d'argent et de corruption qui ont un impact négatif sur l'accès des Yéménites à une alimentation adéquate. Dans cette optique, le Programme alimentaire mondial (PAM), a accusé "toutes les parties au conflit" de voler l'aide humanitaire destinée à la population.