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La commission parlementaire mixte Maroc-UE se réunit à Bruxelles pour examiner deux dossiers et renforcer la coopération

La délégation marocaine, présidée par l'ancien ministre Lahcen Haddad, a rencontré 36 députés européens et a examiné deux rapports concernant le Royaume du Maroc
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PHOTO/ARCHIVO  -  

Une délégation de la Commission parlementaire mixte Maroc-UE a visité les Parlements de Bruxelles et de Strasbourg avant les vacances d'été. La Commission est un organe composé de parlementaires marocains et européens dont le but est de promouvoir la coopération entre les deux parlements sur diverses questions.

Selon un communiqué de la Chambre des représentants du Maroc, la délégation du Royaume a rencontré, entre la semaine du 27 juin et du 4 juillet, jusqu'à 36 membres du Parlement européen pour examiner deux rapports élaborés par les commissions des affaires étrangères et des droits de l'homme. 

La Commission se félicite du renforcement de la coopération euro-méditerranéenne avec ces initiatives qui "encouragent le développement commun dans les domaines des énergies renouvelables, de la paix, de la sécurité, de l'agriculture, de la pêche maritime, des migrations et de la lutte contre le terrorisme". Les points cités dans le communiqué constituent les piliers des relations entre le Maroc et l'UE. Les parlementaires marocains auraient insisté sur la nécessité de combiner les efforts euro-marocains pour faire face aux nouvelles menaces qui pèsent sur ces secteurs fondamentaux.
 
La visite a également été l'occasion de discuter avec les députés européens de la tragédie survenue à la clôture de Melilla, lorsqu'un assaut de près de 2000 migrants a entraîné la mort d'au moins 23 d'entre eux, ainsi que de quelque 150 blessés. Lors de la session plénière du Parlement européen du 4 juillet, la question était à l'ordre du jour, avec l'intervention de la commissaire aux affaires intérieures Ylva Johansson (Suède). 

Johansson, qui a profondément regretté la mort d'au moins 23 personnes, a soutenu dans son discours les appels à une enquête de l'Union africaine et des Nations unies. Il a également salué les enquêtes lancées par le ministère public espagnol et la Commission marocaine des droits de l'homme.

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PHOTO/ARCHIVO - Parlement Européen

Selon un communiqué de presse de la Maison du Maroc, la délégation a examiné le contenu d'un rapport en cours de préparation par l'eurodéputée luxembourgeoise Isabel Wiseler-Lima du groupe du Parti populaire européen sur la protection des professionnels des médias en dehors de l'Union européenne. Selon le communiqué de presse, le rapport est rédigé avec la collaboration de plusieurs journalistes et experts du monde de la communication. Selon le bureau de presse de Wiseler-Lima, le député n'a pas eu de réunion avec la délégation marocaine et le rapport n'est pas encore prêt, donc aucun détail n'a été rendu public. 

Selon la communication du Parlement marocain, la délégation a exprimé sa préoccupation concernant un "projet de recommandation" promu par la Commission des droits de l'homme qui affecterait le Maroc et que le communiqué qualifie d'"anti-marocain". Le bureau de communication de Wiseler-Lima a démenti à Atalayar que ce projet de recommandation soit lié au rapport en cours de préparation par le MEP, car il n'est pas encore terminé. Le rapport sur la protection des journalistes en dehors de l'UE doit être présenté au Parlement européen en septembre, après les vacances d'été.  

Ensuite, la délégation marocaine a étudié le rapport de la commission des affaires étrangères présenté par le député espagnol du Parti populaire, Antonio López-Isturiz, sur la "Politique de sécurité sur le partenariat renouvelé avec les pays voisins du sud", une question d'actualité après l'épisode tragique à la frontière sud de l'Europe. 

Le rapport López-Isturiz comprend deux amendements déposés par Marisa Matias du Bloco de Esquerda portugais et Idoia Villanueva Ruiz de Podemos, tous deux députés européens du groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. L'amendement 179 accuse directement le Maroc de violations des droits de l'homme dans le domaine de la migration, ainsi que de tenir l'UE en otage de sa politique étrangère. L'amendement 192 appelle à "soutenir les résolutions de l'ONU sur le Sahara occidental [...] à respecter la légalité et les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) concernant le pillage par le Maroc des ressources naturelles du Sahara". Un amendement qui, en somme, va à l'encontre de la ligne adoptée par l'Union européenne en valorisant la proposition d'autonomie marocaine comme une base solide pour le dialogue et la résolution de la question du Sahara. Elle s'oppose également à l'approbation par le Parlement européen d'un accord de coopération en matière de pêche dans les eaux sahariennes.  

Les deux propositions des députés européens ont été qualifiées d'"anti-marocaines" par le communiqué de la Chambre des représentants.