La force spéciale Takuba entre en action

La nouvelle initiative visera à renforcer la sécurité au Sahel
Un groupe de soldats de l'armée française patrouille dans la région du Sahel

AFP/MICHELE CATTANI  -   Un groupe de soldats de l'armée française patrouille dans la région du Sahel

La réponse au terrorisme dans le Sahel continue de reposer sur l'union des forces militaires des différents pays impliqués. La nouvelle force spéciale appelée Takuba est un groupe d'unités conçu pour accompagner les soldats maliens dans la lutte contre les terroristes djihadistes présents dans la région.

Takuba sera prêt et opérationnel dès ce mercredi 15 juillet, dans un premier temps avec une centaine de soldats estoniens et français, comme l'a confirmé Florence Parly, ministre des forces armées françaises. L'objectif est d'aider les forces de sécurité sahéliennes à gagner en autonomie et en capacité de réaction contre les éléments djihadistes présents dans la région. « La France lance la force spéciale Takuba, composée d'unités mixtes sahéliennes et européennes qui iront au combat ensemble », a déclaré dans une interview au quotidien La Croix Florence Parly, confirmant qu'elles seront « prêtes à agir dès le 15 juillet 2020 ». Pour sa part, la Belgique doit y affecter trois soldats comme officiers de liaison, a-t-on annoncé officiellement.

Ainsi, la force spéciale Takuba, composée d'unités mixtes sahéliennes et européennes, entre en service le 15 juillet. Intégré dans l'opération Barkhane, Takuba opérera à partir de trois bases militaires des forces armées maliennes situées à Gao, Ansongo et Menaka. 

Dès ce mercredi, une centaine de militaires estoniens et français s'entraîneront sur le terrain avec des unités maliennes. Plus tard, en octobre 2020, un second contingent d'une soixantaine de membres des forces spéciales de la République tchèque rejoindra le détachement. Et dès janvier 2021, un troisième contingent composé de 150 soldats suédois rejoindra les commandements habilités à combattre le terrorisme djihadiste radical.  

Le détachement de Takuba est un groupe de travail militaire européen qui conseillera, assistera et accompagnera les forces armées maliennes en coordination avec les partenaires du G5 Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger) et d'autres acteurs internationaux sur le terrain. 

Le 27 mars 2020, les gouvernements de l'Allemagne, de la Belgique, du Danemark, de l'Estonie, de la France, du Mali, du Niger, de la Norvège, des Pays-Bas, du Portugal, de la République tchèque, du Royaume-Uni et de la Suède ont publié une déclaration politique exprimant leur soutien à la création d'un groupe de travail, intégré au commandement de l'opération Barkhane, ayant pour objectif d'attaquer les groupes terroristes dans les régions de l'est du Burkina Faso, du sud-ouest du Niger et d'une petite partie du centre sud-est du Mali. Sous le nom de Takuba, le groupe de travail conseillera, assistera et accompagnera l'armée malienne, en coordination avec les partenaires du G5 Sahel et d'autres acteurs tels que la mission des Nations Unies (ONU) appelée MINUSMA, ainsi que les missions de l'Union européenne (UE) EUTM Mali, EUCAP Sahel Mali et EUCAP Sahel Niger.  

Cuartel general del G5 Sahel
AFP/SEBASTIEN RIEUSSEC - Siège du G5 Sahel

Takuba doit se déployer cet été 2020, avec une force opérationnelle composée principalement de forces d'opérations spéciales européennes disposant d'un haut niveau d'autonomie, et il est donc temps qu'elle soit mise en route.  

La force spéciale a été créée à la demande des exécutifs nigérians et maliens dans le contexte d'une détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel.  

Face à la crise sécuritaire dans la région sahélienne, la France a été un acteur majeur pour contenir la menace terroriste. En 2012, des mouvements terroristes et radicaux ont menacé la sécurité et l'intégrité nationale du Mali, qui risquait de perdre durablement le contrôle d'une grande partie de son territoire. A la demande du gouvernement malien, la France a lancé le 11 janvier 2013 l'opération Serval en soutien aux forces africaines et maliennes. Son but était de repousser les groupes terroristes dans le nord du Mali.  

Compte tenu de l'expansion des groupes terroristes dans toute la région, en particulier l'État islamique du Grand Sahara (EIGS), affilié à Daech, et le Jama'a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, l'opération Barkhane a remplacé la mission Serval le 1er août 2014. Son objectif était de fournir aux forces françaises un soutien accru aux États membres du G5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme. Dans ce cadre, les forces françaises travaillent en étroite collaboration avec les armées du Sahel. Pour aider les forces armées maliennes, à partir de 2020, aux côtés des forces spéciales des partenaires européens au Mali, la force spéciale Takuba arrive maintenant, sous le commandement de l'opération Barkhane. 

L'alliance internationale actuelle intervient au Sahel pour éviter que cette région ne devienne un foyer d'instabilité et d'insécurité en raison de l'expansion des groupes terroristes et de la prolifération de différents types de trafics de drogue et d'armes, de la traite des êtres humains et du trafic de migrants, entre autres activités criminelles.