La France annonce un hommage national à un enseignant décapité pour avoir montré des dessins de Mahomet en classe

Le débat a été déclenché par ce terrible événement, qui représente un nouveau coup porté au radicalisme islamiste sur le sol français, cette fois-ci par un réfugié politique tchétchène
Le Président de la France, Emmanuel Macron

AFP/PHILIPPE WOJAZER  -   Le Président de la France, Emmanuel Macron

La France organisera un hommage national à Samuel Paty, le professeur d'histoire du lycée qui a été tué par un radical islamiste tchétchène pour avoir enseigné des images de Mahomet en classe. La nouvelle vague de radicalisme religieux au sein de la nation française a une fois de plus suscité un grand débat sur l'éducation et l'acceptation sociale de certains comportements liés au fanatisme et à la religion, en l'occurrence l'Islam ; et aussi sur la loi contre le séparatisme annoncée par le président Emmanuel Macron pour faire face à certains secteurs qui tentent de se séparer des valeurs d'égalité et de culture promues par la République française afin de la diviser. 

Alors que diverses manifestations spontanées se multiplient dans tout le pays à la mémoire de Samuel Paty, le gouvernement dirigé par Emmanuel Macron prévoit, avec la famille, une manifestation le 21 octobre pour rendre hommage à l'enseignant qui a été assassiné à l'école Conflans-Sainte-Honorine (50 kilomètres au nord-ouest de Paris) par un réfugié politique tchétchène pour des raisons religieuses. L'événement servira à confirmer et à renforcer l'unité nationale contre l'islamisme subversif et le séparatisme musulman.

Pour leur part, plusieurs associations civiques et de défense de la liberté d'expression ont appelé à une marche dimanche dans le centre de Paris. Une réunion du Conseil de défense aura également lieu au Palais de l'Élysée pour étudier les mesures possibles pour défendre la laïcité de l'enseignement public français contre le radicalisme islamique.

Emmanuel Macron s'est rendu sur le lieu de l'attentat dans les dernières heures et a rencontré les collègues de l'enseignant assassiné. En partant, il a clairement déclaré qu'il s'agissait d'une « attaque terroriste islamiste » dans laquelle le professeur « a été tué parce qu'il enseignait, parce qu'il expliquait à ses étudiants la liberté d'expression, la liberté de croire et la liberté de ne pas croire ».

Le chef de la République avait justifié cet hommage par avance pour une raison évidente : « Un Français, un enseignant, a été tué parce qu'il enseignait la liberté à l'école ». Cet hommage se veut une réponse morale, civique et politique fondamentale, axée sur la lutte contre le « séparatisme » musulman, lié au jihad islamique et terroriste. 

L'attentat et sa brutalité (le professeur a été décapité par le radical tchétchène) montrent « précisément ce que les terroristes ne peuvent pas supporter : que la prise de conscience est éveillée dans les écoles », puisqu'« elles favorisent la bêtise, l'ignorance et la haine », a déclaré le ministre français de la justice.

L'auteur de l'attentat terroriste islamique avait le statut de réfugié et n'était pas connu des services de renseignement, bien qu'il ait un certain casier judiciaire, selon le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard. L'agresseur, nommé Abdoullakh Abouyezidvitch, est né à Moscou il y a 18 ans et était un Russe d'origine tchétchène, a déclaré M. Ricard dans une déclaration à la presse passant en revue les principaux éléments de l'enquête en cours.

Abouyezidvitch a été tué par la police peu après avoir perpétré l'attaque. Neuf autres personnes sont actuellement en détention, dont les parents de l'auteur, son grand-père et son jeune frère (également réfugiés tchétchènes), ainsi qu'un imam, le père d'une écolière de l'école où tout s'est passé, et un autre homme avec lequel ils ont lancé une mobilisation contre le professeur pour avoir montré deux dessins satiriques de Mahomet en classe. Ricard a noté qu'une demi-sœur du père du délinquant a rejoint Daesh en Syrie en 2014 et fait l'objet d'un mandat d'arrêt. L'imam arrêté est un Français d'origine marocaine du nom d'Abdel Hakim Sefrioui, connu pour son radicalisme fanatique. Selon plusieurs sources policières, Sefrioui est fiché par les services de sécurité pour avoir organisé la persécution et la tentative de meurtre d'autres imams qui soutiennent le dialogue avec les catholiques et les juifs.

Le terroriste avait un casier judiciaire pour des événements survenus alors qu'il était mineur, mais il n'était pas le sujet d'intérêt des services d'information poursuivant le radicalisme islamique dans le pays.

La France découvre avec une grande inquiétude la présence croissante de musulmans russes (tchétchènes), pakistanais et turcs très violents qui rejoignent des djihadistes d'origine plus traditionnelle comme le Maghreb ou d'autres régions d'Afrique et du Moyen-Orient.

La France se mobilise pour défendre son école laïque contre l'islamisme

Le gouvernement français s'est mobilisé samedi pour défendre son enseignement public laïque et son modèle de valeurs face à l'assassinat du professeur qui a montré des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d'expression.

« L'État va protéger les enseignants », a déclaré le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer dans un message vidéo après avoir rencontré des représentants des enseignants et des parents. Le professeur « a été tué pour ce qu'il incarnait : la connaissance au service de l'esprit critique » et en faveur de la formation de « citoyens libres », a-t-il ajouté.