La France prend position en faveur du Maroc après la crise migratoire de Ceuta

L'ambassadeur de France à Rabat a assuré que le Maroc est un pays fiable et qu'il prend la lutte contre l'immigration clandestine "très au sérieux". D'autre part, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que "le Maroc est un partenaire clé"
Atalayar_Mohammed VI y Emmanuel Macron

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En pleine crise diplomatique entre l'Espagne et le Maroc et l'arrivée de 8000 personnes en situation irrégulière à Ceuta, les récentes déclarations de l'ambassadeur de France à Rabat semblent positionner la France en faveur du royaume alaouite.

Hélène Le Gal a souligné que le Maroc est une nation fiable et que Rabat prend la lutte contre l'immigration illégale "très au sérieux". "Le Maroc propose des solutions qui sont très coûteuses", a ajouté l'ambassadeur français. Mme Le Gal a mis en avant la coopération franco-marocaine qui, selon ses propres termes, "fonctionne très bien", les deux pays ayant des intérêts communs et les mêmes défis, comme le terrorisme dans la région du Sahel. "La France est fortement engagée militairement dans la région, où nous coopérons avec le Maroc dans la lutte contre le terrorisme", a déclaré M. Le Gal. Le diplomate a également profité de l'occasion pour souligner et saluer la bonne gestion des autorités marocaines lors de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus. "Rien qu'au Maroc, 95 % des vaccinations en Afrique sont effectuées, c'est vraiment extraordinaire", a-t-elle ajouté.

Les propos de l'ambassadeur français concernant la crise migratoire entre l'Espagne et le Maroc reprennent les récentes déclarations du ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Le ministre, lors d'une audition de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, a rappelé le rôle important du Maroc pour la France et pour l'Union européenne. "Le Maroc est un partenaire incontournable en matière de coopération au Sahel, de lutte contre le terrorisme et l'immigration clandestine", a répondu Le Drian à une question sur la tension diplomatique actuelle entre Madrid et Rabat, déclenchée par l'entrée du chef du Front Polisario Brahim Ghali sur le territoire espagnol pour y être hospitalisé pour des raisons humanitaires, selon le gouvernement espagnol. Le ministre s'est également dit "totalement convaincu" que le partenariat entre le Maroc et l'Espagne, après cette crise, "pourra reprendre de manière sereine et le dialogue pourra se poursuivre". Concernant Ceuta, le Drian espère un "retour rapide à la normale" dans l'enclave espagnole.

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AFP/ ERIC PIERMONT - Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian

La France est l'un des principaux alliés du Maroc et a manifesté à plusieurs reprises son soutien au plan d'autonomie proposé par Rabat pour le Sahara sous l'égide des Nations unies. En outre, le parti politique d'Emmanuel Macron, La République en Marche, a annoncé qu'il allait ouvrir un siège dans la ville de Dakhla, dans le Sahara. L'objectif de cette décision est, selon la formation politique, "de renforcer le réseau avec le Maghreb, l'Afrique de l'Ouest et de renforcer la présence française dans la zone".

Les Etats-Unis, l'autre grand partenaire du Royaume, ont préféré être plus neutre après le problème migratoire en soutenant l'Espagne et le Maroc "pour travailler ensemble vers une résolution". Sous la présidence de Donald Trump, Washington a officiellement reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. L'actuel président Biden, suivant les traces de son prédécesseur, prévoit d'ouvrir un consulat à Dakhla, confirmant ainsi son soutien au Maroc sur la question sahraouie.

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PHOTO/AFP - Ambassadeur des Etats-Unis devant une carte marocaine reconnaissant le territoire du Sahara Occidental.

D'autres pays comme les Emirats Arabes Unis, Bahreïn ou la Jordanie ont ouvert des délégations diplomatiques au Sahara Occidental dans des villes comme Dakhla ou Laayoun. Plusieurs nations africaines telles que la Guinée, la Côte d'Ivoire ou le Sénégal ont également ouvert des consulats dans la région. Ces décisions internationales démontrent le succès des démarches diplomatiques de Rabat pour obtenir plus de présence et de soutien au Sahara.