La France va extrader le Marocain Abdellatif Ziad, cerveau de l'attaque de l'hôtel de Marrakech

L'attentat a eu lieu en 1994 et a coûté la vie à deux touristes espagnols
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AFP/ ANGELOS TZORTZINIS  -   Le président français Emmanuel Macron

Paris s'apprête à remettre au Maroc plusieurs collaborateurs des services de renseignement algériens, dont le Marocain Abdellatif Ziad, cerveau de l'attentat contre l'hôtel Atlas Asni à Marrakech le 24 août 1994. Lors de cette attaque, deux touristes espagnols ont été tués et un autre touriste français a été grièvement blessé après avoir été la cible de tirs dans le hall de l'hôtel.

L'attentat est l'œuvre du groupe islamiste Kelkal, composé d'immigrés nord-africains en France. Cette organisation terroriste a également organisé d'autres attentats dans d'autres régions du pays. Suite à la fusillade de l'hôtel de Marrakech, la Cour d'appel de Fès a inculpé sept jeunes hommes pour "constitution d'une association de malfaiteurs". L'accusé avait également prévu de tirer sur des touristes sur une plage de Tanger et d'attaquer une synagogue à Casablanca. 

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PHOTO/REUTERS - Place Jamaa Lafna à Marrakech, Maroc

Ziad, quant à lui, était membre du mouvement de la Jeunesse islamique. Il a fui le Maroc pour se réfugier en France, mais a été expulsé en 1984. Il s'est ensuite rendu en Libye, puis en Algérie, où il a rejoint "des combattants islamistes sous les ordres des services de renseignement algériens pour porter atteinte à la stabilité du Maroc", comme l'explique le média Assabah.

Les médias alaouites notent également que Ziad a tenté de faire passer des armes à la frontière algéro-marocaine avant d'être envoyé en France pour infiltrer le Front islamique algérien pour le salut de l'Algérie (FIS). "Depuis Paris, il a également dirigé, sous les ordres des services algériens, des actes subversifs contre le Maroc, dont l'attentat d'Asni, qui lui a valu huit ans de prison, dont quatre ferme", rapporte Le360.

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Photo d'archive - Drapeaux du Maroc et de l'Algérie

Des années plus tard, Karaim Moulai, un ancien agent du DRS (service de renseignement algérien), a révélé l'implication des services de renseignement algériens dans l'attaque de l'hôtel Atlas Asni. Moulai, qui est en exil à Londres, a également avoué que le DRS était impliqué dans l'enlèvement et le meurtre des moines de Tibhirine en 1996.

L'attentat de Marrakech a considérablement détérioré les relations entre le Maroc et l'Algérie. La situation entre les deux voisins ne s'est pas améliorée depuis lors. Fin août, Alger a annoncé la rupture de ses relations avec Rabat, malgré les tentatives marocaines de renforcer les liens. Mohammed VI, dans son discours à l'occasion de la fête du Trône, a exprimé son désir de "travailler ensemble, dès qu'il le jugera opportun, pour développer les relations fraternelles que nos peuples ont acquises au cours d'années de lutte commune". En revanche, le gouvernement algérien a accusé le Royaume d'"incitation et de violation du traité de bon voisinage". 

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Photo d'archive - Mohamed VI, roi du Maroc

Depuis lors, les tensions n'ont cessé de croître. En septembre, le forum FAR-Maroc a accusé l'Algérie d'être derrière l'attaque de plusieurs camionneurs marocains au Mali. "La responsabilité des services algériens et de leurs milices terroristes basées à Tindouf est avérée. N'ayant pas pu faire grand-chose au niveau des frontières et de notre mur de défense, ils ont ensuite ciblé des civils en Afrique, notamment dans la région du Sahel", indique un message du forum des FAR-Maroc sur son compte Facebook.

Le président de la Fédération nationale des transports (FNT), Abdelilah Hifdim, a également désigné Alger comme responsable de la mort de plusieurs chauffeurs de camions. "J'accuse l'Algérie et sa marionnette le Polisario d'être responsables de cette lâche et abominable attaque terroriste contre des camionneurs marocains", a-t-il déclaré dans une déclaration à Le360. 

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PHOTO/AP - Saïd Chengriha supervise les manœuvres militaires de l'armée algérienne

Par la suite, début octobre, l'armée algérienne a entamé une série de manœuvres militaires à la frontière avec le Maroc. Ces exercices étaient supervisés par le lieutenant général Said Chengriha, l'un des principaux instigateurs algériens contre le Royaume.