La Jordanie, les EAU et Israël signent un accord pour mener la transition énergétique

Le pacte prévoit la construction d'une usine de dessalement et d'énergie solaire dont Israël et la Jordanie bénéficieront
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PHOTO/REUTERS  -   Le drapeau flotte au-dessus d'un bateau dans la marina de Dubaï, aux Émirats arabes unis

La transition énergétique vers les énergies renouvelables franchit des étapes de plus en plus importantes. Au Moyen-Orient, malgré les importantes ressources pétrolières disponibles dans la région, de plus en plus de pays décident d'investir dans les "énergies propres", tant pour les avantages qu'elles offrent que pour tenter de réduire leur dépendance au pétrole brut.

Dans ce contexte, la Jordanie, les Émirats arabes unis et Israël ont signé une déclaration d'intention à Dubaï dans laquelle ils ont exprimé leur intention de coopérer dans la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables. 

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PHOTO/ ARCHIVO - Panneaux solaires

Selon la déclaration, la Jordanie s'efforcera de produire de l'électricité grâce à l'énergie solaire, tandis qu'Israël cherchera à faire de même grâce au dessalement de l'eau au profit de la Jordanie, qui souffre d'une importante sécheresse.

La déclaration a été signée à l'Expo 2020 de Dubaï par le ministre jordanien de l'eau et de l'irrigation Mohammed Al-Najjar, la ministre émirienne du changement climatique et de l'environnement Maryam bint Mohammed Al-Muhairi et la ministre israélienne de l'énergie Karen Al-Harr, en présence des États-Unis. Dans cette optique, l'envoyé présidentiel pour le climat John Kerry s'est rendu à Dubaï pour assister à la signature de l'accord.

Bien qu'elle ne soit pas encore mise en œuvre, cette déclaration comporte deux axes interdépendants. L'un d'eux est le programme "Prospérité verte", qui vise à développer l'énergie solaire photovoltaïque en Jordanie en encourageant le développement d'installations énergétiques. Il est prévu que cette production d'énergie soit exportée vers Israël.

Un autre projet inclus est "Blue Prosperity", qui vise à développer des projets de dessalement durables en Israël pour tenter de fournir à la Jordanie un total de 200 millions de mètres cubes d'eau dessalée, selon l'agence de presse des Émirats (WAM).

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PHOTO/ ARCHIVO - Drapeaux israéliens

Du côté émirati, une société émiratie cherchera à construire une centrale solaire en Jordanie pour produire de l'électricité pour Israël. Selon l'AFP, les parties impliquées dans le projet n'ont pas révélé le coût potentiel de la centrale électrique.

Bien que les trois pays aient réussi à mettre sur la table cet ambitieux plan énergétique, le sous-secrétaire général du ministère jordanien de l'eau et de l'irrigation, Omar Salameh, a déclaré que la déclaration "n'est pas un accord, ni techniquement ni juridiquement, et que le projet sera mis en œuvre sans que la Jordanie obtienne les 200 millions de mètres cubes stipulés".

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PHOTO/ARCHIVO - Panneaux solaires

Selon Salameh, l'idée du projet découle des "besoins futurs croissants de la Jordanie en sources d'eau permanentes", besoins qui augmentent en raison de la croissance démographique et de la dépendance qui en résulte pour l'industrie, l'agriculture et d'autres secteurs.

Alors que la population de la Jordanie augmente, le pays souffre d'une pénurie majeure de l'une des ressources les plus fondamentales et les plus critiques : l'eau. Dans ce contexte, Salameh a noté que le déficit en eau ne cesse de s'aggraver. Avec cet accord, la Jordanie vise à atteindre 45 millions de mètres cubes d'eau l'année prochaine, rien que pour l'eau potable.
 La Jordanie reçoit actuellement 35 millions de mètres cubes par an grâce à l'accord de paix, auxquels s'ajoutent 10 millions de mètres cubes supplémentaires. Le reste dépend de la part des sources d'eau et des eaux souterraines, dont la capacité est de 80 mètres cubes, alors que la moyenne mondiale est de 500 mètres cubes par habitant.

En ce qui concerne l'énergie solaire, le ministère israélien de l'énergie a déclaré que la déclaration signée produira 600 mégawatts d'énergie renouvelable pour Israël et permettra de dessaler 200 millions de mètres cubes d'eau pour la Jordanie. En outre, il a déclaré que tous les habitants du Moyen-Orient bénéficieront de ce "mémorandum". La ministre israélienne de l'énergie, Karen Al-Harr, a déclaré : "C'est un message au monde entier sur la façon dont les pays peuvent travailler ensemble pour lutter contre la crise climatique".

Le ministre des affaires étrangères des EAU, Abdullah bin Zayed Al Nahyan, a confirmé "l'enthousiasme des pays de la région à travailler ensemble pour améliorer la sécurité de l'énergie et de l'eau et construire un avenir plus durable pour tous". Il a ajouté qu'ils étaient fiers que les EAU aient contribué à la formulation d'une initiative qui rapproche la Jordanie et Israël et contribue à renforcer la sécurité énergétique, hydrique et climatique et les intérêts communs des deux pays.

Il a également noté que "le Moyen-Orient est à l'avant-garde des régions touchées par les conséquences de la crise climatique, et les pays de la région peuvent surmonter ce défi en renforçant la coopération et l'action conjointe".