PUBLICIDAD

Iberdrola

La police antiterroriste marocaine prend en charge l'enquête sur le meurtre d'un touriste français

Ce citoyen français de 79 ans a été poignardé à mort sur un marché de la ville de Tiznit, dans le sud du pays
AFP/FADEL SENNA

AFP/FADEL SENNA  -   Un membre de la garde des forces spéciales marocaines se tient devant le bâtiment du Bureau Central d'Investigation Judiciaire (BCIJ).

Le ministère public marocain a chargé la police nationale antiterroriste d'enquêter sur le meurtre d'un touriste français de 79 ans dans un marché de la ville de Tiznit, à 90 kilomètres au sud de la ville côtière d'Agadir. Une source proche de l'enquête a déclaré à l'agence de presse AFP que la police antiterroriste marocaine sera chargée de l'enquête en raison des soupçons d'un "motif terroriste dans le crime".

Le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) relevant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) "est chargé de l'enquête sous la supervision du procureur du roi près la Cour d'appel de Rabat en raison des soupçons de mobile terroriste du crime", a ajouté la source anonyme. Suite à l'agression du citoyen français, le ministère français des Affaires étrangères a conseillé à ses ressortissants au Maroc de "faire preuve de vigilance dans tous les lieux publics". "Le risque d'attentat est élevé", a prévenu l'ambassade de France à Rabat sur son site internet. 

AFP/FADEL SENNA  -   Miembros del servicio de seguridad antiterrorista de Marruecos
AFP/FADEL SENNA - Membres du service de sécurité antiterroriste marocain.

Le même jour que le meurtre du touriste français, les forces de sécurité marocaines ont arrêté un homme de 31 ans à Agadir, soupçonné d'être l'auteur de l'attaque. Le détenu est également accusé d'avoir commis "une tentative de meurtre" sur un citoyen belge dans la ville côtière, a déclaré la police nationale. L'homme belge est hospitalisé et hors de danger. Comme le touriste français, il a été poignardé. Les autorités ont également noté que le tueur présumé avait séjourné dans un hôpital psychiatrique du 25 septembre au 25 octobre 2021.

Le Royaume Alawi est profondément engagé dans la lutte contre le terrorisme, un fléau qui a frappé le pays à plusieurs reprises. Les attentats de Casablanca en 2003 et de Marrakech en 2011 ont été considérés comme les attaques les plus graves sur le sol marocain. Aussi, le meurtre de deux touristes scandinaves dans les montagnes de l'Atlas en décembre 2018 a renforcé la lutte du Maroc contre le terrorisme. Les trois personnes reconnues coupables de ce crime ont été condamnées à la peine de mort, une peine qui n'est plus appliquée dans le pays depuis 1993. À cet égard, Rabat a adopté une législation sévère à l'encontre des citoyens qui sont revenus dans le pays après avoir combattu avec Daesh en Syrie et en Irak. On estime que près de 1 600 Marocains ont rejoint des groupes djihadistes en 2015.

REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL - Fotografía de archivo, fuerzas especiales marroquíes hacen guardia en la entrada de un edificio durante una operación antiterrorista en Temara, en las afueras de Rabat, Marruecos
REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL - Photo d'archive, les forces spéciales marocaines montent la garde à l'entrée d'un bâtiment lors d'une opération anti-terroriste à Temara, dans la banlieue de Rabat, au Maroc.

Selon les données publiées par le BCIJ en 2021, depuis 2002, la police marocaine a démantelé plus de 2 000 cellules terroristes et arrêté plus de 3 500 personnes dans des affaires liées au terrorisme. En décembre dernier, les forces antiterroristes ont arrêté un extrémiste de 24 ans affilié à Daesh dans la région de Sala Al Jadida. Le Maroc travaille également en étroite collaboration avec d'autres pays sur cette question.

Les services antiterroristes du Royaume entretiennent des contacts directs avec des pays comme l'Espagne, les États-Unis et la France. Avec Madrid, par exemple, malgré la crise diplomatique, ce partenariat ne s'est pas arrêté. De cette façon, le Maroc se présente comme un modèle dans une région de plus en plus menacée par l'instabilité et le jihadisme croissant au Sahel.