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Marruecos

La police marocaine démantèle une cellule de Daesh à Marrakech

Les autorités ont arrêté quatre membres présumés de l'organisation terroriste, soupçonnés de préparer une attaque contre un quartier général
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AFP/FADEL SENNA  -   Un membre de la garde des forces spéciales marocaines se tient devant le bâtiment du Bureau Central d'Investigation Judiciaire (BCIJ)

Le Maroc a démantelé une cellule terroriste liée à Daesh dans la région de Marrakech-Safi. L'organisation était composée de quatre membres âgés de 22 à 28 ans. Les extrémistes se trouvaient dans la commune rurale de Sidi Zouine, à seulement sept kilomètres de la place emblématique Jamaa el Fna.

Les terroristes avaient l'intention d'attaquer le quartier général de la sécurité et de perpétrer des attentats contre les autorités. Selon le communiqué publié par l'agence de presse marocaine, les suspects prévoyaient "d'attaquer des installations vitales et des sièges de sécurité, ainsi que de liquider des personnes à l'aide d'un couteau". En outre, elle note que l'arrestation a conduit à la saisie de "matériaux chimiques soupçonnés d'être utilisés dans la préparation d'engins explosifs".

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REUTERS/AHMED ELJECHTIMI - Haboub Cherkaoui, directeur du Bureau central d'investigations judiciaires

Le communiqué poursuit en indiquant que les hommes arrêtés prévoyaient de "rejoindre une branche de Daesh dans la région du Sahel" après avoir "établi des relations avec un chef dans leurs rangs qui serait un ressortissant étranger". Ce leader se trouverait dans un pays étranger et aurait convaincu le chef de la cellule démantelée de rejoindre "les camps de combat de Daesh".

Cette opération anti-terroriste s'inscrit dans le cadre des opérations sécuritaires marocaines visant à lutter contre les menaces terroristes en éradiquant leurs plans. Selon le Bureau Central d'Investigation Judiciaire (BCIJ), "un suivi technique combiné à des opérations d'investigation sur le terrain a permis de recueillir des informations précises sur le projet terroriste du chef de cette cellule". Selon le BCIJ, les terroristes étaient déjà prêts à passer à l'exécution de leurs plans après avoir défini un certain nombre de cibles fixes à attaquer. De même, les terroristes avaient déjà effectué des tests sur des engins explosifs dans le cadre de la préparation de l'attentat.

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AFP/FADEL SENNA - Membres du service de sécurité antiterroriste marocain

Parallèlement, les enquêtes révèlent que les terroristes auraient maintenu des liens avec des mineurs pour procéder à leur recrutement dans les rangs de Daesh par le biais de la propagande djihadiste. L'objectif était de les endoctriner pour qu'ils fassent partie du réseau "Les lionceaux de la méthode Khalifa", le réseau de Daesh qui vise à utiliser les enfants pour commettre des attentats.

Dans cette ligne, la police marocaine affirme que dans la maison ont été trouvés des armes blanches de différentes tailles, du matériel informatique, des produits chimiques suspects et des outils de soudure. Parmi les produits chimiques, on a trouvé 50 kilogrammes de nitrate d'harmonium, 3 kilogrammes de sulfate de potassium, 4 boîtes de substances toxiques et 3 sacs contenant 800 grammes de poudres chimiques censées être utilisées dans l'élaboration d'engins explosifs.

Les personnes arrêtées ont été placées en détention judiciaire et seront supervisées par le parquet compétent afin d'enquêter et de remonter à la source du groupe terroriste, ainsi que d'identifier "les ramifications régionales et internationales des membres et de tous les projets terroristes qu'ils ont planifiés". Le BCIJ a conclu dans un communiqué que cette opération "confirme l'augmentation des menaces terroristes qui mettent en péril la sécurité du Royaume et de ses citoyens, ainsi que l'entêtement d'individus imprégnés d'idéologie extrémiste à réaliser des projets terroristes sous la bannière de l'organisation terroriste Daesh".
 

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REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL - Photo d'archive, les forces spéciales marocaines montent la garde à l'entrée d'un bâtiment lors d'une opération antiterroriste à Temara, dans la banlieue de Rabat, au Maroc, le 10 septembre 2020.

Le BCIJ est un service de sécurité de haut niveau fondé en 2015 pour lutter contre les menaces terroristes, les enlèvements, le trafic de drogue et le crime organisé. Depuis sa création, l'agence a arrêté des milliers de personnes liées à des réseaux terroristes et à des mouvements extrémistes.

A cet égard, le Maroc mène une lutte importante contre l'éradication du terrorisme. Dans cette ligne, en 2020, le département américain a fait l'éloge de la stratégie du Royaume dans sa lutte contre le terrorisme et l'a décrit comme un "important allié non-OTAN et un membre actif du Partenariat pour la lutte contre le terrorisme".

Afin de renforcer la lutte contre le terrorisme dans cette région, le Maroc a noué des relations avec les États-Unis, qu'ils considèrent déjà comme "un allié stratégique". Depuis 2016, le Maroc fait partie de la force multilatérale Africom, le commandement de combat africain du département des États-Unis, responsable des opérations militaires sur le continent. Le Maroc a également assuré sa coprésidence du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF) pour deux mandats supplémentaires.