La première délégation officielle d'Israël se rend à Bahreïn

Cette visite sera la première d'une longue série depuis l'accord signé la semaine dernière pour normaliser les relations entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn
Netanyahu

AFP/MENAHEM KAHANA  -   Le Premier ministre d'Israël, Benjamin Netanyahu

Le monde est toujours en mouvement après les accords d'Abraham et de nouveaux scénarios se dessinent dans la péninsule arabique. Les Israéliens voyagent désormais tranquillement à travers les royaumes du Golfe et, bien qu'ils n'aient pas encore normalisé leurs relations avec tous les pays, ils peuvent désormais effectuer des visites officielles sans déclencher de tensions régionales.

La première délégation israélienne est arrivée à Bahreïn pour des entretiens après la signature des accords d'Abraham la semaine dernière. Il s'agit d'une signature historique car, après trente ans de blocus, deux pays arabes ont franchi le pas de la normalisation de leurs relations avec l'État juif.

Un porte-parole du gouvernement bahreïnien a expliqué que la raison de la visite sera : « de discuter des différents domaines de coopération entre les deux pays », sans donner plus de détails. Les principes de la coopération au développement économique, technologique et sanitaire figurent dans les accords comme des points clés pour l'établissement de relations.

Cette visite a eu lieu un jour après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier du Bahreïn, Salman bin Hamad al-Khalifa. Ces contacts sont une nouveauté et seront de plus en plus fréquents dans l'agenda des deux pays.

Nétanyahou a déclaré après la conversation que : « tous deux ont réitéré les principes des « accords d'Abraham », en plus de discuter de la façon dont l'accord pourrait être étendu avec un nouveau contenu ». Ces déclarations laissent de nombreuses portes ouvertes, surtout au conflit du Moyen-Orient, qui, pour l'instant, ne figure dans aucun des douze points de l'accord.

Le Premier ministre juif a souligné que l'objectif principal est de « transformer cette paix générale en une paix économique, technologique et touristique. Nous aurons très bientôt des nouvelles des étapes pratiques à suivre », a conclu le dirigeant, laissant des centaines de questions sans réponse.

Malgré la Palestine, les accords ont l'approbation de la communauté internationale

Les gouvernements des Émirats arabes unis (EAU), de Bahreïn et d'Israël ont signé un accord historique pour le Moyen-Orient à la Maison Blanche le 15 septembre avec le soutien et la médiation du gouvernement américain.

Le pacte a été rejeté par l'Autorité palestinienne et le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayé qui a fait valoir que ces accords sont « douloureux et ne changent en rien la réalité ». Shtayé a souligné que les accords d'Abraham étaient « un coup porté au consensus arabe ».

Estados Unidos y Bahréin
AFP - Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo rencontre le ministre des affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid al-Zayani, à son arrivée dans la capitale Manama en août 2020

Et il en est ainsi, puisque la Ligue arabe refuse de faire une déclaration commune condamnant ou célébrant ce pacte. Pendant ce temps, dans les coulisses, d'autres États arabes commencent à planifier la normalisation des relations avec Israël. 

Les rumeurs disent que les prochains pays pourraient être Oman et le Soudan, qui ont déjà des contacts et des accords économiques avec Israël sur une base privée, selon le journaliste Henrique Cymerman lors d'une conférence avec la presse internationale la semaine dernière. Le soutien de la communauté internationale à cette normalisation des relations s'avère écrasant à la surprise des Palestiniens.

À Amman, une réunion ministérielle quadripartite a eu lieu sur la question palestinienne, à laquelle ont participé les ministres des affaires étrangères d'Égypte, de Jordanie, d'Allemagne, de France et un représentant de l'Union européenne.

La réunion ministérielle s'est concentrée sur l'échange de vues sur l'état actuel du processus de paix au Moyen-Orient et ses implications, ainsi que sur le soutien à un règlement politique global et juste du problème palestinien fondé sur le principe de la solution des deux États.

Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que « les récents accords de paix sont très importants pour parvenir à la stabilité dans la région » tout en affirmant qu'ils étaient déterminés à soutenir cette stabilité. Pour ne laisser aucun doute sur son discours, il a également déclaré que « la suspension par Israël de l'annexion de la terre palestinienne doit prendre fin ». Le Drian estime que les accords de paix entre le Bahreïn, les Émirats arabes unis et Israël permettront de parvenir à une paix régionale au Moyen-Orient.

Pour sa part, le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, s'est félicité de ces accords et a déclaré qu'ils « peuvent être utilisés pour résoudre le conflit israélo-palestinien ». Le ministre jordanien des affaires étrangères, Ayman Safadi, a également soutenu le pacte, soulignant que « la paix globale est une option stratégique pour tous ». 

Le ministre égyptien des affaires étrangères, Sameh Shoukry, a considéré cette normalisation comme une étape importante, soulignant l'importance de parvenir à une solution globale qui réponde aux demandes du peuple palestinien. « Les négociations entre l'Autorité palestinienne et Israël doivent reprendre, et la solution au conflit israélo-palestinien réside dans la création d'un État palestinien », a déclaré Shoukry.

Au cours de cette réunion ministérielle, les différentes manières dont le processus de paix au Moyen-Orient peut être soutenu de l'extérieur ont été discutées. De nombreux pays en dehors de la péninsule sont intéressés par la stabilité de la région, notamment avec l'influence croissante de l'Iran et de la Turquie au Moyen-Orient, pays en discorde militaire, économique et diplomatique avec Israël et la Ligue arabe.