La Russie menace "ouvertement" de détruire Kiev, selon l'Ukraine

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuliba, craint une action russe après l'escalade des tensions avec Moscou
El presidente ruso Vladimir Putin

PHOTO/AP  -   Le président russe Vladimir Poutine

Jeudi, les ministres des affaires étrangères des trois pays baltes - Estonie, Lettonie et Lituanie - se sont rendus à Kiev, la capitale ukrainienne, pour manifester leur soutien au pays présidé par Volodymir Zelenski. Ils l'ont fait dans un contexte de tension entre les Ukrainiens et les Russes suite aux manœuvres des deux Etats dans la région proche de la frontière, près de la Crimée. Aujourd'hui, le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuliba, a accusé la Russie d'être prête à les attaquer en réponse aux actions récentes. Il a affirmé que les Russes "menacent ouvertement l'Ukraine de la guerre et de la destruction de l'État ukrainien".

Depuis la capitale ukrainienne, ils estiment que la récente augmentation des tensions est uniquement due aux actions du pays dirigé par Vladimir Poutine. Bien que ces derniers jours, l'armée ukrainienne ait effectué des manœuvres "dans des conditions de combat", elle affirme qu'il ne s'agit pas de se préparer à une guerre. Bien qu'ils indiquent clairement qu'ils feront tout ce qui est nécessaire pour défendre la souveraineté de son territoire en raison, entre autres, de la crainte d'une répétition de la situation qui s'est terminée par l'annexion illégale de la Crimée à la Russie. Une chose qui, selon le gouvernement ukrainien, ne se reproduira pas : "La Russie ne prendra plus personne par surprise", a déclaré le ministre Kuliba.

Tanques de las Fuerzas Armadas de Ucrania se ven durante los ejercicios en un lugar desconocido cerca de la frontera de Crimea anexada a Rusia, Ucrania, en esta imagen de mano publicada por el servicio de prensa del Estado Mayor de las Fuerzas Armadas de Ucrania el 14 de abril de 2021
PHOTO/ Service de presse de l'état-major général des forces armées ukrainiennes via REUTERS - Des chars des forces armées ukrainiennes sont vus pendant des exercices à un endroit inconnu près de la frontière de la Crimée annexée par la Russie, en Ukraine, sur cette image publiée par le service de presse de l'état-major général des forces armées ukrainiennes le 14 avril 2021.

"Nous condamnons l'aggravation de la situation (provoquée) par la Russie et les actions et déclarations de Moscou, qui veut accroître la tension militaire et peser sur les efforts diplomatiques", dit-on depuis Kiev. Et ils appellent les pays occidentaux à s'impliquer dans la situation en imposant de nouvelles sanctions à Moscou en réponse aux tensions croissantes entre les deux pays. L'Ukraine prévient même que, si elle ne bénéficie pas du soutien de la communauté internationale, elle devra trouver un moyen de se défendre seule. Ils expliquent qu'ils envisagent la possibilité d'acquérir des armes nucléaires s'ils ne rejoignent pas l'OTAN, selon l'ambassadeur ukrainien en Allemagne, Andriy Melnyk : "Soit nous sommes intégrés dans une alliance comme l'OTAN et contribuons ainsi à rendre l'Europe plus forte, soit ils ne nous laissent pas d'autre choix que de nous armer seuls".

Militares ucranianos patrullan a lo largo de una posición en la línea del frente con los separatistas respaldados por Rusia en Avdiivka, región de Donetsk el 5 de abril de 2021
PHOTO/AFP - Des militaires ukrainiens patrouillent le long d'une position de la ligne de front avec les séparatistes soutenus par la Russie à Avdiivka, dans la région de Donetsk, le 5 avril 2021.

Les actions de ces derniers jours ont semé l'inquiétude dans tous les pays de la région qui espèrent compter sur l'intervention de l'OTAN pour calmer une situation qui, pour le moment, semble loin d'être résolue. Le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, a déjà déclaré récemment qu'"ils sont du côté de l'Ukraine". Ils demandent à la Russie de cesser ses manœuvres dans la région et de faire sa part pour contribuer à calmer la situation.

Pendant ce temps, Moscou nie toute forme de provocation et affirme que ses manœuvres ne sont que des "exercices militaires", loin de constituer une quelconque menace pour l'Ukraine ou les pays de l'OTAN. Ce que le Kremlin dénonce, ce sont les actions qu'il considère comme "menaçantes" orchestrées par l'organisation représentée par le Secrétaire général Stoltenberg. En outre, les Russes rendent Kiev responsable de l'escalade des tensions car ce sont ses manœuvres qu'ils considèrent comme des "provocations". Les deux pays s'accusent mutuellement sans parvenir à un quelconque point d'accord, et tandis qu'ils poursuivent leurs différends, le monde garde les yeux rivés sur la Crimée pour savoir ce qui pourrait se passer entre eux.

El Secretario General de la OTAN, Jens Stoltenberg, a la derecha, y el Secretario de Estado de los Estados Unidos, Antony Blinken, se dirigen a una conferencia de prensa en la sede de la OTAN en Bruselas, el miércoles 14 de abril de 2021
AP/JOHANNA GERON - Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, à droite, et le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, prennent la parole lors d'une conférence de presse au siège de l'OTAN à Bruxelles, le mercredi 14 avril 2021.

Ils espèrent cependant éviter par tous les moyens une hypothétique confrontation armée, que les Russes, en revanche, ne craignent pas et n'excluent d'ailleurs pas. Le vice-ministre des affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré que "si la situation s'aggrave, nous ferons bien sûr tout notre possible pour assurer notre propre sécurité et celle de nos citoyens, où qu'ils se trouvent". L'OTAN et l'Ukraine tentent d'éviter le conflit par tous les moyens et préparent des mesures préventives, comme l'a souligné Dmytro Kuliba : "Les mesures dont nous parlons peuvent sembler avoir un coût élevé. Mais le prix de la prévention sera toujours inférieur au prix de la guerre et de l'atténuation de ses conséquences. Il est préférable d'agir maintenant pour empêcher la Russie d'aggraver la situation."