La Tunisie critique l'ingérence des États-Unis

Kais Saied a rencontré l'ambassadeur américain pour lui faire part de son mécontentement face aux critiques formulées à l'encontre de la nouvelle formation du gouvernement
El presidente de Túnez, Kais Saied

AP/FETHI BELAID  -   Le président de la Tunisie, Kais Saied

Le gouvernement tunisien a exprimé son mécontentement à l'égard du débat au Congrès américain sur la nomination du nouveau gouvernement. De la Chambre des représentants des États-Unis pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, les délégués ont réaffirmé que "la démocratie en Tunisie est menacée et en danger".

A la suite de ces déclarations, le président du gouvernement, Kais Saied, a reçu l'ambassadeur américain pour manifester son mécontentement à l'égard des actions américaines. M. Saied a déclaré que les Tunisiens de l'extérieur tentaient de "déformer ce qui se passe dans le pays", et a souligné que les relations diplomatiques entre les deux pays resteraient stables.

Lors de sa rencontre avec l'ambassadeur, le président tunisien aurait profité de l'occasion pour clarifier "une série de questions" et soulever des "ambiguïtés" défendues par les opposants au gouvernement actuel, dirigé par le Mouvement de la Renaissance Islamique, un groupe qui, selon Saied, tente de gagner des adeptes politiques en dehors du pays.

La réponse américaine coïncide avec la formation du nouveau gouvernement tunisien, qui, près de trois mois plus tard, est parvenu à former un nouveau gouvernement provisoire dans lequel les femmes ont une présence historique. À cet égard, le gouvernement est placé sous le mandat de Najla Bouden, la première femme à occuper le poste de premier chef de gouvernement de la Tunisie. Dans le portefeuille ministériel, nous avons également d'autres femmes à la tête du ministère des finances et du ministère de la justice, ce dernier sous la direction de Laila Jaffal.

El presidente de Túnez nombró a Najla Bouden como la primera mujer primera ministra de la historia del país y le encargó la formación de un gobierno, dos meses después de haber tomado el poder
AFP PHOTO/HO/PRESIDENTIAL PRESS OFFICE - Le président tunisien a nommé Najla Bouden première femme Premier ministre du pays et l'a chargée de former un gouvernement, deux mois après son arrivée au pouvoir.

Malgré l'apparente stabilité politique due à ces nouvelles nominations, la Tunisie continue d'être fortement critiquée pour la mise en œuvre de mesures antidémocratiques. Les partis d'opposition à l'étranger réitèrent leurs attaques à l'encontre du gouvernement de M. Saied après qu'il ait repris tous les pouvoirs politiques en août dernier.

Lors d'une audience virtuelle, le représentant démocrate Ted Deutch a déclaré que "la démocratie tunisienne est en danger après que le président Kais Saied a commencé à imposer le pouvoir exécutif alors que le Parlement reste suspendu. Nous sommes profondément préoccupés par les actions entreprises par le président Saeed, malgré les mesures positives prises ces dernières semaines", a-t-il déclaré.

Deutch a conclu que "la Tunisie a fait de grands progrès au cours des 11 dernières années, et son peuple et ses dirigeants doivent continuer à travailler pour établir le gouvernement qu'ils méritent et veulent. 

Protesta antigubernamental en Túnez, el 25 de julio de 2021
PHOTO/REUTERS - Manifestation anti-gouvernementale en Tunisie, le 25 juillet 2021.

Les États-Unis ont félicité la Tunisie pour avoir réussi à approuver une nouvelle formation politique dans laquelle, en outre, les femmes ont acquis un rôle important. Ainsi, malgré les critiques américaines sur le manque de démocratisation du nouveau gouvernement intérimaire, le porte-parole du Département d'Etat, Ned Price, a déclaré dans un communiqué de presse qu'il félicitait la Tunisie pour "la formation d'un nouveau gouvernement dirigé par le Premier Ministre Najla Bouden Ramadan". Le nouveau gouvernement constitue une avancée bienvenue pour la Tunisie dans la résolution des importants défis économiques, sociaux et sanitaires auxquels le pays est confronté", a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, les États-Unis, la France et l'Allemagne font pression sur la Tunisie pour qu'elle engage un dialogue national incluant tous les partis politiques, organisations et acteurs sociaux. Ils espèrent que ce dialogue débouchera sur des discussions et des solutions sur des questions politiques et influencera le parlement pour qu'il s'oriente vers une voie démocratique

Simpatizantes del presidente tunecino Kais Saied se manifiestan en apoyo a su toma de poder y suspensión del parlamento, en Túnez, Túnez, 3 de octubre de 2021
PHOTO/REUTERS - Des partisans du président tunisien Kais Saied manifestent en faveur de sa prise de pouvoir et de la suspension du parlement, à Tunis, en Tunisie, le 3 octobre 2021.

Jeudi, Saied a émis une série d'ordonnances qui mettent fin à la phase politique au cours de laquelle le président a assumé toutes les responsabilités politiques après avoir décrété la suspension de la constitution tunisienne. Suite à cette décision, Saied s'engage dans une nouvelle voie politique qui n'échappe pas à l'examen des puissances occidentales qui cherchent à assurer la démocratisation du pays.