La Turquie et la Libye renouvellent leur accord maritime controversé

Erdogan et Dbeiba réaffirment leur pacte de délimitation de leurs zones économiques exclusives en mer Méditerranée
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PHOTO/ Oficina de Prensa Presidencial via REUTERS  -   Le président turc Tayyip Erdogan et le premier ministre libyen Abdulhamid Dbeibeh passent en revue une garde d'honneur lors d'une cérémonie de bienvenue au palais présidentiel à Ankara, en Turquie

La Turquie a joué un rôle décisif durant le conflit libyen en soutenant le gouvernement d'entente nationale (GNA) reconnu par les Nations unies et basé dans la capitale, Tripoli, qui contrôlait l'ouest du pays. Le pays eurasien a également envoyé des fournitures militaires et des combattants en Libye, contribuant ainsi à faire pencher la balance du pouvoir en faveur du gouvernement de Tripoli.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a profité de cette influence en Libye pour conclure un accord avec le gouvernement de Tripoli afin de délimiter les frontières maritimes entre les deux pays en Méditerranée. Cette décision n'a pas été bien accueillie par des pays tels que la Grèce et Chypre, avec lesquels la Turquie a des différends en cours concernant l'exploration du gaz dans ces eaux.

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AFP/ADEM ALTAM - Le président turc Recep Tayyip Erdogan (R) et le Premier ministre intérimaire libyen Abdul Hamid Dbeibah posent pour une photo lors d'une cérémonie de signature après leur rencontre au palais présidentiel d'Ankara

Avec l'arrivée du nouveau gouvernement libyen dirigé par Abdul Hamid Dbeiba, cet accord pourrait être sans effet. Erdogan et le premier ministre intérimaire libyen se sont donc rencontrés à Ankara pour discuter des relations entre les deux pays, ainsi que pour reprendre l'accord maritime de 2019. "En ce qui concerne les accords signés par nos pays, notamment l'accord maritime, nous réaffirmons que ces accords sont valides", a déclaré Dbeiba après les entretiens avec Erdogan.

Le premier ministre libyen a néanmoins tenu à préciser qu'il était important d'entamer un dialogue qui tienne compte des intérêts de toutes les parties concernées et que son gouvernement était prêt à mettre en place un comité conjoint libyen-grec pour reprendre les négociations visant à fixer la frontière maritime entre les deux pays et à délimiter une zone économique exclusive pour les droits de forage de pétrole et de gaz.

Cette nouvelle est intervenue au moment où la Grèce a rouvert son ambassade en Libye après sept ans. Le pays hellénique a demandé l'annulation de l'accord, car il estime qu'il viole le droit international.

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AFP/ADEM ALTAM - Le président turc Recep Tayyip Erdogan (R) et le Premier ministre intérimaire libyen Abdul Hamid Dbeibah au palais présidentiel à Ankara

Il y a moins d'un mois, les gouvernements de la Turquie et de la Grèce ont tenu un nouveau cycle de négociations dans le but de discuter de l'exploration des hydrocarbures dans la région méditerranéenne. Cette réunion, qui était la 62ème à se tenir sur ce conflit depuis 2000, s'est une nouvelle fois soldée par un échec et n'a pas permis de trouver une solution au conflit à court terme.

Dans le cadre de la réunion entre les dirigeants de la Turquie et de la Libye ont également convenu de prendre des mesures pour faciliter le retour des entreprises turques dans le pays libyen, ainsi que des mesures concrètes pour améliorer les investissements, le commerce bilatéral et les relations économiques, a déclaré Erdogan, ajoutant qu'Ankara enverra 150 000 doses de vaccins COVID-19 à la Libye dans le cadre du soutien contre la nouvelle vague causée par le virus.