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L'AIEA affirme que l'Iran pourrait produire de l'uranium métal

L'uranium métal, une fois enrichi, peut être utilisé dans le cœur des armes nucléaires
Atalayar_Instalacion nuclear Natanz

PHOTO/©2020 MAXAR TECHNOLOGIES  -   Image satellite montrant l'installation nucléaire iranienne de Natanz à Ispahan, Iran, 21 octobre 2020

The Wall Street Journal a une fois de plus révélé des informations susceptibles d'aggraver la situation de tension que connaît une grande partie de la communauté internationale à l'égard du programme nucléaire iranien. Malgré les tentatives de médiation de l'UE et la volonté affichée par la nouvelle administration américaine de se joindre à l'accord de 2015 qui a été retiré sous la présidence de Donald Trump, l'Iran continue de prendre des mesures dans la direction opposée.

Il y a quelques jours, le journal américain a fait référence à un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui indiquait que des débris radioactifs avaient été trouvés, ce qui pourrait indiquer que des essais nucléaires non déclarés avaient été effectués par Téhéran. Ces restes ont été trouvés lors de l'inspection effectuée en octobre dernier dans plusieurs installations du pays asiatique.

Atalayar_IAEA Irán
AFP PHOTO/IRNA/KAZEM GHANE - Dans ce dossier, photo prise le 20 janvier 2014, des inspecteurs non identifiés de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et des techniciens iraniens déconnectent les connexions entre les deux cascades pour la production de 20 % d'uranium à la centrale nucléaire de Natanz

A cette occasion, WSJ révèle que le rapport de l'AIEA, qui est confidentiel, suggère que l'Iran produit déjà de l'uranium métal, un élément indispensable à la fabrication d'armes nucléaires. Cela ne devrait pas surprendre, puisqu'il s'agit d'une des mesures annoncées par l'Iran à la fin de l'année dernière dans le cadre d'une stratégie de pression pour la levée des sanctions américaines, qui étranglent l'économie iranienne.

Téhéran a averti qu'il commencerait la production d'uranium métal dans les cinq mois, mais selon le rapport auquel le journal américain a eu accès, cette production a déjà commencé, bien qu'en très petites quantités et sans enrichissement.

Atalayar_Programa nuclear iraní
PHOTO/IRIB via AP - Dans ce fichier du 6 juin 2018, diffusé par la télévision publique de la République islamique d'Iran, IRIB, trois versions de centrifugeuses de fabrication nationale sont présentées dans une émission télévisée en direct de Natanz

Un autre aspect avec lequel l'Iran complique la situation est l'enrichissement de l'uranium, ce qui, selon l'accord, ne peut se faire qu'avec une pureté de 3,67% et qui, cependant, atteint déjà une pureté de 20%, soit presque cinq fois plus que celle stipulée dans le soi-disant JCPOA, l'accord conclu en 2015.

Selon l'AIEA, la production d'uranium métal serait développée dans l'installation que le pays possède à Ispahan, l'une des plus importantes avec Natanz et Fordo, où se fait l'enrichissement de l'uranium.

Atalayar_Instalacion nuclear Bushehr Iran
AFP/ BEHROUZ MEHRI - Edificio que alberga el reactor de la central nuclear de Bushehr, en la ciudad portuaria de Bushehr, al sur de Irán, a 1.200 kilómetros al sur de Teherán
Accusations croisées

Depuis des semaines, l'Iran et les États-Unis sont engagés dans un échange d'accusations sur la situation délicate dans laquelle se trouve le JCPOA. Depuis Téhéran, les Etats-Unis sont accusés d'avoir forcé son pays à pousser à nouveau son programme nucléaire et à violer les accords, puisque les Etats-Unis ont décidé de s'en sortir en 2018 et de lever de nouvelles sanctions contre le pays. C'est pourquoi, selon les responsables iraniens, les Etats-Unis devraient faire le premier pas, lever les sanctions et revenir à l'accord afin que l'Iran revienne ensuite se conformer à ce qui a été convenu.

Depuis Washington, cependant, tant Joe Biden, le président du pays, que Antony Blinken, le secrétaire d'État, ont exprimé leur volonté de revenir à l'accord nucléaire et de développer et améliorer le cadre des relations avec l'Iran. Toutefois, ils avertissent que cela ne se produira que lorsque l'Iran respectera ses engagements et reviendra sur les dernières initiatives qu'il a prises.

Atalayar_Rohani Bushehr Programa Nuclear
AP PHOTO/BUREAU DE LA PRÉSIDENCE DE l'IRAN/Mohammad Berno - Dans cette photo d'archive du 13 janvier 2015, le président Hassan Rouhani visite la centrale nucléaire de Bushehr, dans la banlieue de Bushehr, en Iran

En attendant, des pays comme Israël avertissent que le développement d'armes nucléaires par l'Iran est plus proche que jamais, alors ne cédez pas, en faisant allusion aux intentions américaines, et maintenez la fermeté initiée par Donald Trump.

En tout cas, c'est le énième épisode d'une escalade qui ne cessera que lorsque l'un des deux pays cédera et évitera de franchir un point de non-retour, ce que des pays comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France tentent d'empêcher.