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Marruecos

L'Algérie garantit l'approvisionnement en gaz de l'Espagne

Après la visite à Alger de la ministre espagnole Teresa Ribera
Champ gazier en Algérie

REUTERS/LAMINE CHIKHI  -   Champ gazier en Algérie

L'Algérie a garanti la fourniture de gaz à l'Espagne dans les termes établis et a certifié que le volume de gaz accordé peut être augmenté en cas de demande espagnole plus importante, ce qui est à prendre en compte en vue de l'hiver prochain et d'une possible augmentation de la demande énergétique.

Cette annonce a été faite après la visite à Alger de la ministre espagnole de la Transition écologique et du Défi démographique, Teresa Ribera, qui a rencontré le ministre algérien de l'Énergie, Mohamad Arkab, selon l'agence de presse EFE.

Teresa Ribera a souligné de manière positive le lien entre l'Espagne et la nation nord-africaine. Le ministre espagnol a qualifié la relation entre les deux pays de très importante "du point de vue de la planification et de la bonne gestion des ressources, y compris, évidemment, l'exploitation et l'exportation du gaz naturel d'Algérie". 

"Non seulement la garantie totale a été explicitée en ce qui concerne l'approvisionnement, les volumes d'approvisionnement convenus aujourd'hui, mais aussi l'ouverture, si nécessaire, pour étudier quand et comment, au cas où l'Espagne demanderait une augmentation de cet approvisionnement, cela pourrait se matérialiser", a ajouté la ministre, Teresa Ribera. 

El gasoducto que une España, Marruecos y Argelia
PHOTO/REUTERS - Le gazoduc reliant l'Espagne, le Maroc et l'Algérie.

L'Espagne, par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait déjà entrepris des démarches auprès de l'Algérie pour étudier la situation de l'approvisionnement en gaz atteignant le territoire national en raison du conflit entre le pays algérien et son voisin le Maroc. Albares lui-même a essayé de voir s'il y avait eu un rapprochement entre le Maroc et l'Algérie sur cette question. Lors de sa dernière visite dans le territoire nord-africain pour rencontrer les autorités algériennes ainsi que des dirigeants d'entreprises espagnoles telles que Enagás et Naturgy, il n'a pas réussi à rapprocher l'Algérie du Maroc afin de régler le différend entre les deux pays. 

L'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le royaume alaouite le 24 août dernier en raison des divergences politiques entre les deux nations, qui se sont historiquement affrontées sur des questions importantes telles que le conflit du Sahara occidental, et a décidé de modifier ses itinéraires d'approvisionnement en gaz, en évitant le gazoduc Maghreb-Europe, qui transportait le gaz à travers le Maroc, et en utilisant plutôt l'infrastructure Medgaz. 

José Manuel Albares, ministro español de Asuntos Exteriores
PHOTO - José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères

L'Espagne est fortement dépendante de l'Algérie pour 50% du gaz naturel consommé par la nation espagnole. Cela place le gouvernement espagnol dans une situation difficile parce que l'Algérie est un rival avoué du Maroc au Maghreb, avec des différends politiques majeurs au fil des ans, et parce que le gouvernement espagnol cherchait maintenant à améliorer ses relations diplomatiques avec le royaume alaouite après une période assez compliquée générée par la décision du gouvernement de Pedro Sánchez d'accueillir le leader du Front Polisario, Brahim Ghali, pour être traité pour de graves problèmes de santé dans un hôpital de Logroño sans avoir informé ou collaboré avec le Maroc, comme l'a dénoncé le pays nord-africain.

D'autre part, il y a aussi le problème du Sahara occidental, où le Maroc ne s'est pas senti soutenu par l'Espagne, bien qu'il bénéficie d'un soutien important de la part de nations importantes comme les États-Unis pour sa formule de large autonomie du territoire sahraoui sous souveraineté marocaine ; tout cela face à une proposition de référendum sur l'indépendance sahraouie proposée par le Front Polisario, qui bénéficie de peu de soutien, y compris de l'Algérie.