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L'Algérie tente de brouiller les relations entre le Maroc et la Mauritanie à travers les déclarations d'un religieux marocain

Nouakchott a condamné les commentaires controversés du religieux mais ne les a pas liés à Rabat
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PHOTO/FILE  -   Ahmed Raissouni, dirigeant de l'Association internationale des savants musulmans

Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires religieuses et des Dotations, l'Algérie a condamné les récentes déclarations d'Ahmed Raissouni, dirigeant de l'Association internationale des savants musulmans et religieux proche de la formation politique islamiste Parti de la justice et du développement.

Les commentaires du religieux - qui faisaient référence à la récupération des frontières du "grand Maghreb" - ont été considérés par Alger comme une "attaque contre la souveraineté" de l'Algérie elle-même et de la Mauritanie, ainsi qu'un "appel explicite à attaquer la souveraineté" des deux pays.  

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PHOTO/ Comité ministériel de la fatwa - Alger considère les déclarations du religieux comme "une atteinte à la souveraineté" de l'Algérie elle-même et de la Mauritanie

Malgré les déclarations controversées de Raissouni, les analystes affirment que ce n'est pas le point de vue officiel du Maroc. "Utiliser les déclarations de Raissouni pour attaquer le Maroc et créer des tensions entre le Maroc et ses voisins montre la mauvaise foi du régime algérien", écrit le journaliste Mohamed Mamouni Al Allawi dans Al-Arab.

Nabil Andalousi, un analyste international, est d'accord avec Al Allawi. "Le régime algérien ne perd aucune occasion d'attaquer le Maroc", déclare-t-il au quotidien arabe. Andalousi accuse Alger d'essayer de "tendre les relations entre le Maroc et le reste des pays de la région", bien qu'il souligne également que, jusqu'à présent, il a échoué. L'analyste explique que la controverse n'a éclaté que deux semaines après les déclarations du religieux. "C'est-à-dire après que l'Algérie l'ait diffusé", ajoute-t-il. 

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AP/JACQUELYN MARTIN - Abdelmadjid Tebboune, Président de l'Algérie

"L'objectif principal de cette polémique est de déformer l'image du Royaume du Maroc auprès des opinions publiques algériennes et mauritaniennes et de le présenter comme un État expansionniste", explique l'analyste.

Andalousi souligne également que la vision officielle du Maroc "n'a jamais été celle d'une expansion vers les pays voisins, bien au contraire". "Toutes les déclarations et les efforts diplomatiques du Maroc confirment la défense des territoires nationaux par Rabat", conclut-il.  

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AP/JACQUELYN MARTIN - Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères du Maroc

La Mauritanie, pour sa part, a condamné les déclarations sans mentionner le Maroc. Le ministre de l'Éducation et porte-parole du gouvernement, Mohamed Maa El-Enein Ould Ayeh, a rejeté les commentaires comme étant "déplorables". "Ils n'ont aucune crédibilité", a-t-il déclaré, selon l'AMI, l'agence de presse mauritanienne.  

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AFP/FADEL SENNA - Poste frontière entre le Maroc et la Mauritanie à Guerguerat

Depuis l'accession de Mohamed Ould Ghazouani à la présidence de la Mauritanie, Rabat et Nouakchott ont resserré leurs relations par le biais d'une coopération économique et diplomatique. Ghazouani s'est dissocié de l'Algérie sur certains sujets, comme la question du Sahara, mais tente également de rester en dehors du conflit entre Rabat et Alger.