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L'amélioration des relations turco-émiraties contribue à la situation en Libye

La rencontre de l'ambassadeur turc Kenan Yilmaz avec le président du Parlement libyen à Tobrouk et la réouverture de l'ambassade émiratie à Tripoli semblent ouvrir une nouvelle phase dans ce pays d'Afrique du Nord
PHOTO/ Oficina de Prensa Presidencial vía REUTERS

PHOTO/ Bureau de presse présidentiel via REUTERS  -   Le président turc Tayyip Erdogan et le Premier ministre libyen Abdul Hamid Dbeibé passent en revue une garde d'honneur lors d'une cérémonie de bienvenue au palais présidentiel à Ankara, en Turquie.

Le récent rapprochement entre Abu Dhabi et Ankara semble avoir eu un impact plus important que prévu. Après près d'une décennie de tensions et d'hostilités, le consensus atteint entre les deux pays au cours des derniers mois s'est traduit par d'importants investissements émiratis en Turquie, un pacte sur l'échange de devises et près de 10 accords sur des questions financières, commerciales et énergétiques. En outre - dans le cadre de la stratégie du président Erdogan visant à normaliser les relations avec ses voisins et à donner la priorité à la sécurité nationale - la puissance ottomane a adouci le ton de son discours à l'égard de Riyad, où elle se rendra en février, et a cherché à renforcer sa communication avec le Caire.  

Cependant, les conséquences de cette amélioration des relations ont également débordé sur les territoires où les deux pays avaient l'habitude d'exercer leur influence régionale.  

REUTERS/UMIT BEKTAS  -   Fotografía de archivo, el príncipe heredero de Abu Dabi, el jeque Mohamed bin Zayed al-Nahyan (izquierda), estrecha la mano del primer ministro de Turquía, Recep Tayyip Erdogan, antes de una reunión en Ankara el 28 de febrero de 2012
REUTERS/UMIT BEKTAS - Photo d'archive, le prince héritier d'Abu Dhabi Sheikh Mohammed bin Zayed al-Nahyan (G) serre la main du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avant une réunion à Ankara le 28 février 2012.
Ankara et l'est de la Libye 

D'une part, la visite de Kenan Yilmaz, ambassadeur turc en Libye, dans la ville d'Al-Qubba, dans l'est du pays, a signalé une désescalade des tensions qui, depuis 2013, marquaient les relations d'Ankara avec l'est du pays nord-africain. Là, le diplomate ottoman a été reçu par Aguilah Saleh, président du Parlement de Tobrouk, avec lequel il a eu une conversation "amicale et fructueuse" - comme il l'a déclaré à l'agence de presse turque Anadolu.  

M. Yilmaz a également déclaré que le dialogue sur les relations avec les factions orientales connaissait une "évolution positive", soulignant la déclaration du ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, qui a dit avoir "l'intention de se rendre dans la région orientale".  Selon le diplomate, la Turquie a l'intention de traiter "avec tous les Libyens sur un pied d'égalité et souhaite développer des relations avec toutes les parties". 

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REUTERS/COSTAS BALTAS - Le président du parlement libyen basé à Tobrouk, Aguilah Saleh, a déclaré qu'il n'y avait pas de problème.

Des experts internationaux ont affirmé que la visite de Yilmaz dans l'est de la Libye et sa rencontre avec Aguilah Saleh signalent un changement de position de la Turquie vis-à-vis de l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par Khalifa Haftar, et de son pouvoir dans l'est de la Libye. Si le rapprochement se poursuit sur cette voie, cela pourrait être le début d'une nouvelle phase dans laquelle les autorités ottomanes et la Chambre des représentants de Tobrouk consolident les ponts de communication entre elles.  

Abu Dhabi et Tripoli 

La réouverture de l'ambassade des EAU à Tripoli a, quant à elle, permis aux deux parties de remettre leurs relations diplomatiques sur les rails. En début de semaine, Abdul Hamid Dbeibé, premier ministre par intérim du gouvernement d'unité nationale (GNA), a rencontré le nouvel ambassadeur émirati en Libye, Mohammed Ali Al-Shamsi, après avoir remis ses lettres de créance au chef du Conseil présidentiel, Mohamed Younis Al-Mafi.  

Dbeibé et Al-Shamsi ont notamment discuté de la possibilité de permettre aux citoyens libyens de demander un visa pour les EAU via Internet.  

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PHOTO/WAM - Le Premier ministre libyen Abdul Hamid Dbeibé et le prince héritier d'Abou Dhabi, Cheikh Mohamed bin Zayed al-Nahyan.
Alliances en Libye  

L'ambassade émiratie à Tripoli est restée fermée depuis que les hostilités des milices islamistes envers la présence émiratie ont forcé sa fermeture en 2014. Ce ressentiment était déjà manifeste en 2013, lorsque le bâtiment a été la cible d'une attaque de missiles, mais il s'est intensifié après le rejet des résultats des élections par les mouvements politiques islamistes lors des élections législatives de 2014 en Libye.  

Depuis lors, des groupes islamistes, certains seigneurs de la guerre et plusieurs politiciens partisans de l'isolationnisme ont été soutenus par le Qatar et la Turquie. Cette alliance, qui est également liée aux Frères musulmans, est à l'origine de diverses campagnes contre Abu Dhabi. Surtout après que le gouvernement émirati a soutenu l'opération Flood of Dignity du LNA contre les islamistes en 2014. Ainsi, en opposition à la coalition occidentale, les EAU se sont positionnés dans une alliance de soutien au LNA, aux côtés de l'Egypte et de l'Arabie Saoudite. 

Or, comme l'a souligné Al-Arab News, les démarches entreprises par les pays des deux factions pourraient être décisives pour modifier le comportement des deux parties sur le territoire libyen. Ce fut le cas, par exemple, entre la présidente du Parlement, Aguilah Saleh, et Khalid Ammar Almishri, le président de l'organe conçu par l'ONU, le Conseil supérieur de l'État. Les deux hommes se sont rencontrés dans la capitale marocaine, Rabat, et ont discuté des perspectives de coopération et de la recherche d'une solution à l'échec des élections prévues le 24 décembre.