L'Arabie saoudite va investir 10 milliards de dollars dans deux nouvelles initiatives de lutte contre le changement climatique

Le prince héritier annonce des mesures lors du sommet de l'initiative verte du Moyen-Orient
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S'il y a une chose sur laquelle l'Arabie saoudite est claire, c'est que son économie ne peut continuer à dépendre exclusivement du pétrole. C'est pourquoi, depuis quelque temps, ils concentrent une grande partie de leurs efforts sur la diversification de leur économie, qui, dans le même temps, peut soutenir la lutte contre le changement climatique. Outre certaines initiatives telles que le Sustainable Tourism Global Center (STGC), deux nouvelles initiatives ont été annoncées par le prince héritier Mohammed bin Salman lors du Middle East Green Initiative Summit, pour un coût de plus de dix milliards de dollars, dont Riyad contribuera pour environ 15 %.

Bin Salman a déclaré que l'objectif du sommet était "d'unir nos forces et de coordonner nos efforts pour protéger l'environnement, lutter contre le changement climatique et élaborer une feuille de route pour réduire les émissions de carbone dans la région de plus de 10 % de la contribution mondiale". Il s'agit d'un objectif très ambitieux qui doit être atteint, entre autres, par la plantation de 50 milliards d'arbres, ce qui constituerait le plus grand programme de plantation d'arbres au monde. Cette action, déclare le prince héritier, "contribuera à atteindre 5 % de l'objectif mondial de boisement".

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PHOTO/CHRISTOPH SCHMDT - Un Airbus A320 de la compagnie Saudi Arabian Airlines

Les 39 milliards de rials saoudiens - un peu plus de 10 milliards de dollars - seront investis dans un certain nombre d'initiatives, dont la création d'un fonds d'investissement pour les solutions d'économie du carbone, un programme régional de réduction des émissions et la création d'une plateforme de coopération visant à mettre en œuvre le concept d'économie circulaire du carbone. Mohamed bin Salman estime que "le système régional d'action pour le climat présente des lacunes". C'est pourquoi il est nécessaire de coordonner et d'échanger des connaissances et des technologies afin d'accélérer la réalisation des objectifs climatiques.

En outre, de nombreux nouveaux projets ont également été annoncés lors du sommet, notamment la création "d'un centre régional d'alerte précoce aux tempêtes, d'un centre régional pour le développement durable de la pêche et d'un programme régional d'ensemencement des nuages". Les efforts de la région en matière de changement climatique, sous l'impulsion de l'Arabie saoudite, seront déterminants pour l'avenir des économies vertes. Ils joueront également un rôle important dans la diversification du secteur économique sur lequel Riyad se concentre depuis des années dans sa quête pour s'éloigner de la dépendance pétrolière qui a toujours été liée à la situation financière du pays.

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La Vision 2030 est sans doute l'initiative la plus ambitieuse à cet égard. L'objectif est de faire de Riyad l'une des dix plus grandes économies urbaines du monde. Les investissements étrangers dans la capitale saoudienne devraient monter en flèche dans le cadre d'une opération d'une valeur de près de 20 milliards de dollars. Des accords ont déjà été conclus pour le siège d'entreprises de premier plan telles que Price Waterhouse Coopers (PWC), Deloitte, Pepsi, Bosch et Bechler. Mutasem Dajani, PDG de Deloitte, déclare : "Riyad subit une transformation remarquable pour renforcer sa position en tant que l'un des principaux centres mondiaux pour les affaires, le tourisme et la qualité de vie".

L'Arabie saoudite continue d'accroître ses efforts tant dans la lutte contre le changement climatique que dans la diversification de son économie. Dans certains cas, comme dans le cas du projet STGC, ils combinent les deux aspects afin de lutter contre la crise climatique tout en élargissant leur champ d'action financier. Le Sustainable Tourism Global Center vise à développer le secteur du tourisme tout en créant de nouveaux emplois. Toutefois, elle compte également sur l'accord de Paris pour encourager le respect des limites d'émissions fixées par le traité.