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Le Front Polisario affirme avoir causé des morts contre l'armée marocaine

De Rabat, on dit que la situation est "calme"
Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron

PHOTO/AFP  -   Selon "The Saharawi Confidential", le nombre de victimes militaires s'élève à quatre

Après avoir déclaré l'état de guerre avec le Maroc sur l'"invasion" du Sahara occidental, le Front Polisario affirme avoir déjà causé des "morts" au deuxième jour de bombardement contre l'armée marocaine. 

Les bombardements ont lieu au niveau du mur de séparation dans le désert en réponse à l'attaque lancée vendredi par le Maroc au poste frontière de Guerguerat, qui relie la Mauritanie aux territoires occupés de l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental.

Selon une déclaration classée comme "partie de la guerre numéro 2", des unités de l'Armée Populaire de Libération du Sahara (ELPS) "ont attaqué des bases, des points de soutien et de ravitaillement de l'ennemi, et ont porté de lourds coups à l'armée marocaine", qui a subi "des pertes mortelles".

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PHOTO/AFP-Maroc a annoncé le 13 novembre que ses troupes avaient lancé une opération sur la frontière sud du Sahara occidental

Selon l'agence Efe, le communiqué ajoute que "l'ELPS a bombardé la nuit la 13ème base du 67ème peloton situé dans le secteur de Bagari. Les secteurs de Mahbes et d'El Garguerat ont également été punis par des tirs de l'armée sahraouie. En conséquence, l'ennemi a subi des pertes mortelles dans ses rangs", a-t-il ajouté, sans donner d'autres détails.

Selon "The Saharawi Confidential", le nombre de victimes militaires est de quatre.

Le vendredi 13, les forces de Rabat ont été déployées dans la zone frontalière d'El Guerguerat. Samedi, le secrétaire général du Front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Bahim Ghali, a annoncé la fin du cessez-le-feu signé avec le Maroc en 1991 et a rendu le pays responsable des conséquences de son attaque de vendredi.

Dans une déclaration, Ghali a également décrété l'état de guerre sur l'ensemble du territoire, imposé un couvre-feu et souligné qu'à partir de ce moment, les forces armées sahraouies prennent le contrôle total de la sécurité nationale.

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PHOTO/AFP-Front Polonais quittant leur campement près de la frontière mauritanienne

En ce sens, le décret ordonne à l'état-major général de l'Armée de libération du peuple sahraoui "de mettre en place toutes les mesures liées à la mise en œuvre des exigences du présent décret dans le cadre de sa compétence et de son autorité".

La tension entre Rabat et le Polisario s'est accrue depuis le 21 octobre, lorsqu'un groupe de militants sahraouis est arrivé au poste frontière de Guerguerat, qui relie la Mauritanie aux territoires occupés par le Maroc dans l'ancienne colonie du Sahara occidental, et a bloqué le passage de cette route commerciale donnant sur l'océan Atlantique, qui a pris de l'importance ces dernières années.

La réponse de Rabat

Depuis Rabat, ils assurent que la situation à Guerguarate est "calme", après l'opération des Forces armées royales qui "a permis l'expulsion des milices du Polisario du point de passage entre le Maroc et la Mauritanie", selon l'agence de presse marocaine MAP.

Le Maroc, ayant constaté la grande retenue face aux multiples provocations des milices du "Polisario" dans la zone tampon, a lancé vendredi matin une opération pour mettre fin à ce blocage inacceptable du trafic civil et commercial entre le Maroc et la Mauritanie", indique la MAP.

La version de Rabat est que la milice armée du Polisario a ouvert le feu sur les forces armées marocaines, "qui ont riposté en forçant les éléments du gang séparatiste à fuir, sans faire de victimes", selon l'agence d'État.

Les milices du "Polisario" sont entrées dans la zone tampon le 21 octobre, où elles ont commis des actes de banditisme, bloqué la circulation des personnes et des biens sur cette route et harcelé en permanence les observateurs militaires de la MINURSO.

En outre, selon des sources du ministère marocain des affaires étrangères, des dizaines de camions de marchandises ont franchi la frontière par le sud et le nord du poste frontalier.

Ces camions sont bloqués aux deux frontières depuis le 21 octobre dernier, après qu'un groupe de manifestants du Front Polisario ait bloqué la route dans cette zone et empêché le passage de tout type de trafic de passagers et de marchandises.

Le problème du Sahara occidental est un problème ancien, vieux de 45 ans exactement.

La question du statut du Sahara occidental, que les Nations unies continuent de considérer comme un "territoire non autonome" en l'absence d'une solution définitive, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenu par l'Algérie. Le Polisario exige un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU, tandis que le Maroc, qui contrôle plus des deux tiers de ce vaste territoire désertique, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. 

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PHOTO/AFPAttentats dans la région du Sahara occidental, à la frontière de la Mauritanie

En septembre 1991, un cessez-le-feu a été signé sous l'égide de l'ONU, après 16 ans de guerre. Depuis lors, le référendum prévu a été reporté à plusieurs reprises en raison d'un différend entre Rabat et le Polisario sur la composition de l'électorat et le statut du territoire. Les négociations menées sous l'égide des Nations unies et impliquant le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie ont été suspendues pendant plusieurs mois.

Depuis le 20 octobre, plusieurs éléments mandatés par le Polisario ont bloqué le trafic terrestre civil et commercial entre le Maroc et la Mauritanie en déployant des barrages routiers improvisés entre les postes frontières d'El Guerguerate et du PK-55, où sont stationnés les gardes-frontières mauritaniens. Un no man's land de quelques kilomètres, considéré comme une zone tampon par les accords de cessez-le-feu de 1991. Mais si les incursions du Polisario dans cette zone ont été récurrentes ces dernières années, généralement à la veille de résolutions de l'ONU, le camp de fortune semble devenir permanent cet automne.

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PHOTO/AFP-Soldats saoudiens

En octobre, António Guterres a exhorté le Polisario à quitter la ville et à éviter une escalade dans la région.