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Le Maroc ajoute l'Espagne, la France et le Portugal à la liste "B" des pays ayant le plus mal géré la pandémie

Rabat impose dix jours de quarantaine aux voyageurs en provenance de ces trois pays, selon les dernières données du COVID-19
Un policía revisa el pasaporte de un viajero en el aeropuerto internacional Mohammed V en Casablanca PHOTO/AP

PHOTO/AP  -   Un policier vérifie le passeport d'un voyageur à l'aéroport international Mohammed V de Casablanca.

Le Maroc a inscrit ce lundi l'Espagne, la France et le Portugal sur la liste des "zones à haut risque" en raison de la situation du COVID-19, selon le ministère marocain des affaires étrangères. Par conséquent, les visiteurs arrivant dans le pays sans avoir reçu la directive complète à partir du 13 juillet devront respecter une quarantaine de 10 jours.

Tous les voyageurs en provenance de ces trois pays doivent également présenter un PCR négatif effectué 48 heures avant l'entrée au Maroc et obtenir une autorisation exceptionnelle de voyage. Les visiteurs devront également se soumettre à un nouveau test le neuvième jour afin de pouvoir quitter le protocole d'isolement. 

Ceux qui ont reçu les deux doses devront seulement présenter un certificat de vaccination et le test correspondant, laissant de côté la période de quarantaine. Les enfants de moins de 11 ans sont dispensés de présenter le RCP prévu pour les autres groupes d'âge.

Pasajeros suben a un vuelo de Royal Air Maroc, en el aeropuerto de Burdeos AFP/MEHDI FEDOUACH
AFP/MEHDI FEDOUACH-Des passagers embarquent sur un vol Royal Air Maroc à l'aéroport de Bordeaux

Jusqu'à présent, la triade faisait partie de la liste "A", une liste de pays qui maîtrisent l'incidence du virus et enregistrent des indicateurs positifs, "notamment en ce qui concerne la propagation des variantes", selon les critères établis par les autorités marocaines sur la base des recommandations de l'OMS. 

Toutefois, ces trois personnes ont été les seules à être reléguées de la première à la deuxième liste, dite liste "B". Celle-ci est à son tour composée des pays qui gèrent le plus mal la pandémie ou qui présentent "une dispersion des variantes ou l'absence de statistiques précises", selon le ministère marocain de la santé.

Au-delà de ses voisins directs, l'Espagne partage la liste avec une liste étendue de 78 pays, dont l'Algérie, l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Yémen.

Ferry en Marruecos PHOTO/AFP
PHOTO/AFP-Ferry au Maroc

L'augmentation exponentielle des contagions dans les trois pays, principalement parmi la population jeune, a servi de justification à Rabat pour entreprendre cette mesure.

Le Maroc a suspendu pour la deuxième année consécutive l'opération Strait Crossing à partir des ports espagnols, invoquant des raisons épidémiologiques. Bien que le Royaume ait activé les ports français et italiens de Sète et de Gênes pour faciliter l'opération dite Marhaba, c'est-à-dire le retour des citoyens marocains résidant sur le vieux continent.

La décision, encadrée dans la friction entre Rabat et Madrid pour l'accueil hospitalier du leader du Front Polisario à Logroño à l'insu des autorités marocaines, a provoqué un fort impact sur le secteur de l'hôtellerie et du tourisme national, centré sur le sud de la Péninsule, dépendant du flux de voyageurs pendant la période estivale qui traversent le Détroit.

Brahim Ghali, secretario general del Polisario y presidente de la autoproclamada República Árabe Saharaui Democrática AFP/ RYAD KRAMDI
AFP/ RYAD KRAMDI-Brahim Ghali, secrétaire général du Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique autoproclamée.

Les raisons invoquées par le Maroc sont liées au protocole de sécurité sanitaire. Pour Rabat, les bateaux qui transportent les visiteurs doivent être équipés d'un matériel spécial et ils considèrent qu'il n'est pas possible d'équiper les bateaux de laboratoires lors de courts trajets comme ceux en provenance d'Espagne.

Parmi les ports espagnols concernés par la mesure figurent Algeciras, Tarifa, Motril, Malaga, Almeria et Ceuta. Cette décision a également porté préjudice aux citoyens marocains qui se rendent régulièrement au Maroc en passant par l'Espagne, car ils doivent chercher des itinéraires alternatifs et, en règle générale, plus chers malgré les annonces de Mohamed VI de baisse des prix.

Récemment, le ministère marocain de l'équipement, du transport et de la logistique a annoncé l'ouverture de la ligne maritime reliant Tanger et Portimão. Le port portugais rejoint ainsi ses homologues de Sète et de Gênes, et devient la meilleure option pour la population marocaine qui avait l'habitude de traverser le sud de l'Espagne. 

Toutefois, les autorités marocaines ont décidé d'annuler le transit des visiteurs la semaine dernière, compte tenu de l'augmentation des contagions au Portugal. Avant l'annulation, la ligne n'aurait pas non plus été opérationnelle.

En tout état de cause, ceux qui choisiront de retourner au Maroc dans les mois à venir par voie maritime devront présenter un test PCR négatif à l'embarquement et en subiront un second à bord afin de "garantir une sécurité sanitaire maximale pour eux et leurs familles".

el rey de Marruecos, Mohammed VI, a la derecha, recibe la vacuna COVID-19  PHOTO/PALACIO REAL DE MARRUECOS via AP
PHOTO/PALAIS ROYAL DU MAROC via AP-Le roi du Maroc Mohammed VI, à droite, reçoit le vaccin COVID-19.
Coronavirus au Maroc

Depuis le début de la pandémie, le royaume alaouite a recensé plus de 542 000 cas, dont 1 057 enregistrés au cours des dernières 24 heures. À leur tour, 9 369 Marocains sont morts, dont neuf hier. En outre, la détection de la variante Delta dans plusieurs régions du pays inquiète les autorités sanitaires.

Rabat a lancé en janvier une campagne de vaccination massive visant à immuniser 80 % de ses plus de 36 millions d'habitants. À ce jour, 19,6 millions de doses ont été administrées et plus de 9 millions de citoyens ont été entièrement vaccinés. La part des personnes vaccinées a donc atteint 25% avec les vaccins Sinopharm et AstraZeneca.

Dans ce contexte, la société pharmaceutique marocaine Sothema a convenu la semaine dernière de produire 5 millions de doses du vaccin contre le COVID-19 au Maroc à "court terme" avec le géant asiatique Sinopharm, lors d'un événement présidé par le roi Mohamed VI.

Les projets du monarque visent à "promouvoir l'autosuffisance du Royaume et à faire du Maroc une plateforme biotechnologique majeure sur le continent africain et dans le monde dans le domaine de l'industrie", rapporte l'agence de presse MAP.

Cet accord renforce le royaume alaouite en tant que leader dans la lutte contre la pandémie en Afrique. Le Maroc est le pays qui compte le plus de doses inoculées et le premier à produire des vaccins sur le continent. Pendant ce temps, le pays d'Afrique du Nord continue à se blinder contre le COVID-19.