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Le Maroc augmente son taux de prêt de 2 %

Cette mesure vise à freiner la hausse de l'inflation, qui atteindra 6,3 points en 2022
Banco Central de Marruecos en Rabat

PHOTO/REUTERS  -   Banque centrale du Maroc, à Rabat

La Bank al Maghrib a annoncé mardi après-midi, à l'issue de la réunion trimestrielle de son conseil d'administration, que les taux d'intérêt appliqués par l'institution allaient augmenter de 2 %. La mesure de la banque centrale marocaine vise à freiner l'inflation au Maroc en raison de la crise économique mondiale qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. 

Les prévisions de la banque centrale marocaine annoncent une accélération de la croissance de l'inflation, qui atteindra 6,3% dans la dernière partie de 2022, avant de retomber à 2,4% en 2023 si les mesures de Bank al Maghrib prennent effet. En 2021, l'inflation marocaine n'était que de 1,4 %. Elle a atteint ses pires chiffres (8 %) en août.

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REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL  -  Gouverneur de la Banque centrale du Maroc, Abdellatif Jouahri

La banque centrale marocaine attribue la hausse des prix de l'énergie, les effets de la pandémie et la sécheresse à la nécessaire augmentation des taux d'intérêt. Le passage à 2% implique un ralentissement de la croissance économique et de l'investissement intérieur. Concrètement, la note de la banque marocaine fait état d'un fort ralentissement de la croissance économique à 0,8%, résultat d'un ralentissement de 14,7% dans le secteur agricole et de 3,4% dans les autres activités économiques. 

A l'horizon 2023, il est prévu une accélération de la croissance économique de 3,6% grâce à une reprise de 11,9% de la valeur ajoutée de l'activité agricole marocaine. Cela dépendra de la réalisation de l'estimation de la production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux (0,1 tonne). Les activités non agricoles ne devraient pas progresser, tombant à 2,5% en 2023. 

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AFP/FADEL SENNA  -  Banque Attijariwafa à Casablanca

Le commerce international sauve le Maroc de l'abîme économique. Les exportations devraient augmenter de 34 %. La communication de la banque centrale met en avant la vente à l'étranger des phosphates et de leurs dérivés, qui, selon les estimations de la banque, rapportera environ 144,5 milliards d'euros aux caisses du Maroc. La banque estime toutefois que les exportations diminueront légèrement de 1,1 % d'ici 2023. 

Enfin, la banque centrale approuve la gestion budgétaire et fiscale du gouvernement d'Aziz Akhannouch, près d'un an après la nomination de son cabinet. Il met en évidence une amélioration de 24,5 % des recettes fiscales de l'État, malgré une augmentation de 13,1 % des dépenses publiques. Le déficit budgétaire est passé de 5,9 % à 5,5 % de 2021 à 2022 et devrait tomber à 5 % en 2023.