Le Maroc considère la résolution de l'ONU sur le Sahara comme un message de clarté, de fermeté et de constance

Le ministre des affaires étrangères publie une déclaration détaillant la déclaration adoptée par le Conseil de sécurité
Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc

PHOTO/REUTERS  -   Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc

Le Maroc porte un regard très positif sur la résolution 2548, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies le 30 octobre 2020 sur la question du Sahara occidental, et considère qu'elle contient un triple message : un message de clarté, de fermeté et de constance.

Dans une déclaration rendue publique par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, il détaille point par point ce qu'il considère comme des aspects positifs pour les positions marocaines.

Premièrement, un message de clarté dans la définition des véritables parties à ce conflit régional, en soulignant expressément le rôle de l'Algérie. Ainsi, l'Algérie est citée pas moins de cinq fois, alors que ce pays n'était pas du tout mentionné dans les résolutions avant 2017. Le ministre marocain conclut que le Conseil de sécurité appelle donc l'Algérie à assumer un rôle à la mesure de son implication politique, diplomatique, militaire et humanitaire dans ce différend régional. Aucun processus politique ne pourrait être conçu sans la participation effective et constructive de ce pays.

Deuxièmement, la clarté dans l'identification de l'objectif du processus politique. La résolution ne laisse aucun doute sur l'engagement du Conseil de sécurité en faveur d'une « solution politique réaliste, pragmatique et durable sur la base d'un compromis ». 

Le diplomate marocain estime que c'est la façon dont le Conseil de sécurité réitère son engagement en faveur d'une solution politique et écarte définitivement toutes les options inapplicables. La résolution implique clairement que toute solution qui n'est pas pragmatique, n'est pas réaliste ou faisable et doit donc être écartée ; et, enfin, il y a une clarté sur la voie du processus politique, à travers les tables rondes, qui doivent impliquer toutes les parties concernées, en particulier l'Algérie. 

Le communiqué souligne que la résolution ne contient en fait aucune référence au référendum, alors qu'elle fait six fois référence à la solution politique. Ceux qui ont continué à se référer à l'option référendaire étaient en dehors du champ d'application de la résolution des Nations unies, qui incarne à la fois la légalité internationale et la volonté de la communauté internationale. 

Sur le message de fermeté, le texte marocain indique la fermeté, tout d'abord, sur la question du recensement des populations enlevées dans les camps de Tindouf. Le Conseil de sécurité souligne ainsi la responsabilité humanitaire de l'Algérie, qu'elle est tenue de remplir conformément à ses obligations internationales.

La résolution appelle l'Algérie à « envisager une fois de plus l'enregistrement des réfugiés dans les camps de Tindouf ». En outre, elle est ferme dans le respect du cessez-le-feu et dans la cessation des actes de provocation et de déstabilisation.

Campamento de refugiados de Boudjdour en Tinduf, en el sur de Argelia
PHOTO/REUTERS - Camp de réfugiés de Boudjdour à Tindouf, au sud de l'Algérie

Dans la résolution 2548, le Conseil de sécurité approuve le rapport du Secrétaire général dans sa préoccupation concernant les violations récurrentes de l'accord militaire et la menace réelle qui pèse sur le cessez-le-feu. En effet, le Secrétaire général avait informé le Conseil de sécurité de 53 violations commises par les milices du Polisario et avait constaté que les termes de l'accord militaire n°1 étaient beaucoup moins respectés par le Polisario. Le Secrétaire général a ainsi constaté « une érosion » de la collaboration avec la MINURSO.  Il convient de rappeler que le Conseil de sécurité, dans sa résolution 2414 (2018), avait déjà demandé au Polisario de procéder à « son retrait immédiat » de la zone tampon d'El Guerguerat et de « s'abstenir de tels actes déstabilisateurs », qui pourraient compromettre le processus politique.

Le troisième aspect saillant du message concerne la cohérence : cohérence dans la préservation des acquis du Maroc, en particulier l'initiative marocaine d'autonomie comme base de toute solution politique ; les paramètres de réalisme, de pragmatisme et d'engagement qui caractérisent l'initiative marocaine.

Par ailleurs, plusieurs pays, notamment les membres permanents du Conseil de sécurité, ont réitéré dans cette résolution leur soutien à l'initiative du Maroc.

Le communiqué souligne la cohérence dans la définition du mandat de la MINURSO : Le Conseil de sécurité confirme que ce mandat est limité au strict respect du cessez-le-feu ; il n'a pas cédé à la logique de chantage politique, de banditisme et de harcèlement du Secrétariat de l'ONU, qui faisait pression pour la modification des missions de la MINURSO ; et il confirme définitivement le mandat de la MINURSO, dont la présence n'est en rien liée à un hypothétique référendum, option qui a été écartée par le Conseil de sécurité.

Les évaluations du ministre marocain des Affaires étrangères concluent qu'à la veille de la célébration de l'« anniversaire de la glorieuse Marche verte », la résolution 2548 du Conseil de sécurité renforce la démarche du Maroc, qui repose sur les principes suivants : la légalité internationale ; la volonté du peuple ; la réalité du terrain ; la poursuite de la dynamique de développement ; et la reconnaissance croissante de la communauté internationale, comme en témoigne la multiplication de l'ouverture des consulats généraux dans les provinces du sud.