Le Maroc désigne un nouveau gouvernement "fort" et "harmonieux"

Le nouveau gouvernement sera formé par le gouvernement de coalition du RNI, du PAM et de l'Istiqlal
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20 jours après la triple élection, le Maroc dispose d'un nouveau gouvernement provisoire composé, pour l'essentiel, de trois partis politiques : le Rassemblement national des indépendants (RNI), suivi du Parti authenticité et modernité (PAM) et de l'Istiqlal.

Cette annonce a été faite par le président désigné, Aziz Akhannouch, qui a souligné que la nouvelle formation sera "forte et harmonieuse" et répondra aux attentes des citoyens dans la nouvelle ère post-covida. 

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Dans cette nouvelle phase, le RNI, avec 102 sièges, dirigera le gouvernement en coalition avec le PAM avec 86 sièges et l'Istiqlal avec 81 sièges. Ainsi, la nouvelle formation dispose d'une large majorité de 269 membres sur les 395 que compte la Chambre des représentants. 

À cet égard, les trois dirigeants du parti, Aziz Akhannouch, Abdellatif Ouahbi et Nizar Baraka, ont déclaré lors de la conférence de presse qui a suivi qu'ils allaient "travailler unis et forts" pour essayer d'aller de l'avant et de réaliser "le nouveau modèle de développement" et d'autres projets sociaux et industriels qui n'ont pas pu être mis en œuvre pendant le mandat politique des islamistes du PJD.

Le Maroc aborde donc sa nouvelle phase politique de manière inédite, puisque c'est la première fois dans l'histoire du royaume alaouite qu'il parvient à former un gouvernement avec seulement trois partis politiques, ce qui facilitera la prise de décision politique dans les affaires intérieures et extérieures du pays. 

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Du côté de l'opposition, le banc sera composé de plusieurs partis aux profils idéologiques différents. Du côté du PJD, les islamistes n'ont pas réussi à former un groupe parlementaire après avoir remporté 13 sièges, un revers pour la formation islamique qui, bien que sachant que les estimations lui donnaient une perte importante de voix, ne s'attendait pas à une telle gravité.

Le secrétaire général de l'Istiqlal, Nizar Baraka, a souligné que la coalition "donnera un nouvel élan" aux réformes pour faire face à la situation économique actuelle, "qui est fortement marquée par la crise sanitaire provoquée par la pandémie et qui "limite la marge de manœuvre".

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Ces 13 sièges, en outre, signifient qu'il ne sera pas en mesure d'exercer une opposition forte. Pour sa part, le Parti du progrès et du développement (PPS), dirigé par Nabil Benabdellah, a subi une grave défaite, ne remportant pas un seul siège dans sa circonscription. Cependant, les 21 sièges gagnés lui permettront de former un groupe parlementaire plus fort, capable de mener l'opposition.

D'autre part, le parti de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), n'ayant d'autre choix que de former un gouvernement avec le gouvernement actuel, s'est retrouvé dans l'opposition. 

Selon la proposition de gouvernement d'Akhannouch, c'est au tour du roi du Maroc Mohammed VI de nommer l'exécutif désigné. Ensuite, le nouveau programme gouvernemental sera présenté, qui sera voté lors de la prochaine séance d'investiture, ouvrant ainsi une nouvelle étape politique sans précédent dans le pays.