Le Maroc demande à l'ambassadeur d'Espagne des éclaircissements sur l'accueil du Ghali

La ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, a soutenu vendredi que l'Espagne est "un pays responsable avec ses obligations humanitaires"
Atalayar_Brahim Ghali Frente Polisario Sáhara Occidental

AFP/RYAD KRAMDI  -   Brahim Ghali

Le gouvernement marocain a demandé au gouvernement espagnol de clarifier sa décision d'accueillir le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, pour des soins médicaux.

Selon des sources marocaines autorisées, qui ont requis l'anonymat, l'ambassadeur d'Espagne à Rabat, Ricardo Díez-Hochleitner, a été convoqué aujourd'hui, samedi, au siège du ministère des Affaires étrangères à ce sujet, sans donner plus de détails.

Le Royaume du Maroc exprime sa déception à l’égard de cet acte contraire à l’esprit de partenariat et de bon voisinage, et qui concerne une question fondamentale pour le peuple marocain et ses forces vive

Consulté par EFE à Madrid, le Bureau d'information diplomatique (BID) a déclaré : "Après que le ministère espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération ait confirmé que M. Brahim Ghali avait été transféré en Espagne pour des raisons strictement humanitaires afin qu'il puisse recevoir des soins de santé, un directeur général du ministère marocain des Affaires étrangères a souhaité connaître plus de détails et, pour cela, a demandé une réunion avec notre ambassadeur à Rabat, avec lequel il a tenu une réunion au cours de laquelle ils ont abordé la question".  

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AFP/TONY KARUMBA - Brahim Ghali

"Le déroulement de la réunion a eu lieu dans le cadre des relations diplomatiques normales entre les deux pays", a ajouté le porte-parole du ministère espagnol des Affaires étrangères.

Cependant, à Rabat, le journal électronique "le360.com", considéré comme proche du Palais Royal, a assuré que l'appel de l'ambassadeur avait pour but d'exprimer "l'exaspération" du gouvernement marocain face à l'attitude de l'exécutif espagnol, qu'ils ont qualifié de "déloyale".

L’attitude de l’Espagne suscite une grande incompréhension et des interrogations légitimes : Pourquoi le dénommé Brahim Ghali a été admis en Espagne en catimini et avec un faux passeport ? Pourquoi l’Espagne a jugé utile de ne pas en aviser le Maroc ? Pourquoi a-t-elle a opté pour son admission sous une fausse identité ?Pourquoi la justice espagnole n’a pas encore réagi aux nombreuses plaintes déposées par les victimes ?

Le portail, qui cite une source non identifiée, affirme que l'entrée de Ghali en Espagne "en catimini" envoie le message que "les autorités espagnoles n'ont pas considéré le Maroc comme un ami et un partenaire privilégié (...) Pourquoi ont-elles choisi de manœuvrer, pour ne pas dire d'agir dans le dos du Maroc ?", demande-t-il.

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AFP/  JOHN THYS - La ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya

La ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, a fait valoir vendredi que l'Espagne est "un pays responsable avec ses obligations humanitaires" et que l'accueil du Ghali dans un hôpital d'une ville qui n'a pas été officiellement précisée ne répond qu'à une question "strictement médicale".

"Je tiens à préciser, a ajouté le ministre, que cette question n'entrave ni ne perturbe en rien les excellentes relations que l'Espagne entretient avec le Maroc, qui est non seulement un voisin et un ami, mais aussi un partenaire privilégié sur le plan économique, politique, migratoire, commercial et dans la lutte contre le changement climatique. Et cela ne change pas".

La présidence de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a précisé dans un communiqué que M. Ghali a été infecté par le coronavirus, mais que son état de santé "n'est pas préoccupant et évolue favorablement", mais n'a pas donné de détails sur le lieu de son hospitalisation, qui selon diverses sources est un centre à Logroño (ville du nord-est de l'Espagne).