Le Maroc donne son feu vert à l'exportation de masques jetables

Les autorités du pays voisin fourniront à l'Europe un surplus de masques jetables après avoir atteint une production quotidienne de dix millions d'unités
Une ouvrière d'usine emballe des masques de protection jetables le long d'une chaîne de production à Casablanca, au Maroc, le 10 avril 2020

AFP/ FADEL SENNA  -   Une ouvrière d'usine emballe des masques de protection jetables le long d'une chaîne de production à Casablanca, au Maroc, le 10 avril 2020

Les autorités du pays voisin ont annoncé le début des exportations de masques jetables contre les infections à coronavirus. Selon le ministre marocain de l'Industrie, Moulay Hafid Elalamy, les 50 millions de masques en stock et une production quotidienne qui atteint 10 millions d'unités garantissent l'approvisionnement du marché local et permettent de commencer à vendre à l'étranger. L'Europe, où la pénurie de ce matériel médical a provoqué des situations de tension et d'inquiétude, sera la première destination des masques en tissu non tissé de production 100 % marocaine. Un coup du pays voisin en plein milieu d'une pandémie.

« Nous avons décidé de nous ouvrir à l'exportation. Les industriels ont besoin d'exporter pour préserver leurs capacités de production », a déclaré le responsable de l'industrie, du commerce et de l'économie verte et numérique au Parlement, lundi. Le succès de la production de masse de ces masques en un temps record est dû à l'implication du secteur textile marocain. « Les masques qui seront exportés sont fabriqués par les 23 usines dédiées à cet effet et seront soumis à des contrôles pour vérifier leur qualité », a ajouté M. Elalamy. Toutefois, le ministre a souligné que les ventes à l'étranger seraient suspendues si l'évaluation de la demande intérieure nécessitait un renforcement des stocks nationaux, rapporte le quotidien Le Matin du Sahara et du Maghreb.

La France sera, selon les déclarations du ministre lundi au siège du Parlement, le premier marché des masques marocains hygiéniques et non médicaux. Bien qu'aucun autre nom n'ait été publié, Elalamy a fait référence au pluriel aux différents pays qui ont déjà exprimé leur désir d'acquérir des masques marocains, comme l'indique le média numérique Le360. Les masques jetables peuvent être achetés dans les pharmacies marocaines - ils sont subventionnés par le fonds de solidarité lancé par le roi Mohamed VI - au prix de 80 centimes de dirhams, soit l'équivalent de 7 centimes d'euros, par unité.  

Moulay Hafid Elalamy (centro), ministro de Industria de Marruecos, visita una fábrica de mascarillas protectoras en Casablanca el 10 de abril de 2020
AFP/ FADEL SENNA - Moulay Hafid Elalamy (au centre), ministre de l'Industrie du Maroc, visite une usine de fabrication de masques de protection à Casablanca le 10 avril 2020

En outre, le ministre a annoncé lundi que des masques réutilisables de fabrication locale commenceront également à être exportés, dont la production quotidienne est actuellement de deux millions d'unités. Toutefois, M. Elalamy a souligné que la condition est que 50 % de la production de ces masques lavables reste sur le marché local.  

Une autre fierté pour nos voisins en ces semaines de crise sanitaire est celle des respirateurs 100% marocains, dont la fabrication a également été annoncée par le ministre au Parlement lundi. En outre, Elalamy a annoncé qu'une deuxième génération de respirateurs est déjà testée par un comité d'experts. 

D'autre part, le ministre a déclaré que les secteurs de l'automobile, du textile et de l'agroalimentaire ont déjà repris leur activité. Elle sera supervisée dans chaque centre industriel par un comité mixte composé de représentants de différents ministères afin de garantir le respect des protocoles de sécurité et d'éviter ainsi la propagation du coronavirus, a fait écho le média Le Matin.  

En attendant, la pandémie virale se poursuit au Maroc : au moment où nous écrivons ces lignes, il y a eu 6 466 cas confirmés et 188 décès attribués à l'infection par le COVID-19. Le nombre de tests de dépistage effectués dépasse aujourd'hui les 74 200, mais il est encore loin des prévisions faites par les autorités locales. En principe, l'état d'urgence sanitaire sera en vigueur jusqu'au 20 mai.