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Le Maroc entrera sur le marché du gaz naturel liquéfié en avril prochain

Leila Benali, ministre marocaine de la Transition écologique, a annoncé l'entrée du Royaume sur ce marché pour la première fois de son histoire
La ministra de Energía de Marruecos, Leila Benali, durante la Conferencia de las Naciones Unidas sobre el Cambio Climático (COP26), en Glasgow, Escocia, Gran Bretaña, el 4 de noviembre de 2021 REUTERS/PHIL NOBLE

REUTERS/PHIL NOBLE  -   La ministre marocaine de l'Énergie, Leila Benali, lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP26) à Glasgow, en Écosse (Grande-Bretagne), le 4 novembre 2021.

L'accès du Maroc au marché du gaz naturel liquéfié (GNL) implique la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le pays prépare déjà quatre ports pour recevoir du gaz liquéfié et des installations de transport et de stockage sont également en cours de construction.

Laila Benali, ministre marocaine de la Transition écologique, précise que les infrastructures déjà existantes dans le pays et en Europe seront utilisées. Ces derniers mois, le Royaume a mené plusieurs discussions avec l'Espagne afin de pouvoir utiliser à la fois ses terminaux de gaz liquéfié et ses unités de regazéification pour garantir sa sécurité énergétique.

Madrid a accepté la demande de Rabat, ce qui lui permettra d'acheter du pétrole brut sur les marchés internationaux, de le décharger dans une usine de regazéification sur le continent espagnol et de l'importer via le gazoduc Maghreb-Europe (GME), qui est inactif depuis novembre dernier après que l'Algérie l'a fermé en raison des "tactiques hostiles" du Maroc. 

Mapa que muestra los gasoductos que unen Marruecos y Argelia con España AFP/AFP
AFP/AFP - Carte montrant les gazoducs reliant le Maroc et l'Algérie à l'Espagne

Le gazoduc relie l'Algérie à l'Espagne via le Maroc. Son blocage signifiait la perte des droits de passage grâce auxquels elle percevait des millions de dollars de revenus provenant du trafic de gaz, et l'approvisionnement de cette ressource était menacé. Si un accord bilatéral est finalement conclu, le GNL arriverait sous forme solide en Espagne pour être ensuite traité et injecté dans le gazoduc vers la nation africaine.

Cela entraîne un coût supplémentaire, car l'importation de gaz liquéfié est beaucoup plus coûteuse que son importation par gazoduc. Le ministère espagnol de la Transition écologique assure que la solidité énergétique du pays voisin sera garantie, comme "cela devrait se faire avec n'importe quel autre partenaire".

El petrolero Sun Arrows de gas natural licuado procedente del proyecto Sakhalin-2 en el puerto de Prigorodnoye, Rusia, en el Océano Pacífico PHOTO/AP
PHOTO/AP - Le pétrolier de gaz naturel liquéfié Sun Arrows du projet Sakhalin-2 dans le port de Prigorodnoye, en Russie, sur l'océan Pacifique.

Pour que le projet se concrétise, Enagás, le principal transporteur de gaz espagnol, dans lequel le gouvernement détient une participation de 5 %, devrait signer un accord d'interconnexion avec le Maroc. Ses terminaux ont une position géostratégique et favorisent le transport maritime de cette ressource.

Un haut fonctionnaire de l'Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) affirme que "l'inversion du flux de GME est une solution parmi d'autres alternatives d'approvisionnement". Il serait ainsi possible d'alimenter les centrales électriques de l'ouest de la région qui fonctionnent au gaz naturel liquéfié.

Líneas de transferencia en la terminal de gas natural licuado (GNL)  REUTERS/GARY CAMERON
REUTERS/GARY CAMERON - Lignes de transfert au terminal de gaz naturel liquéfié (GNL)

Le Maroc se concentre sur la construction de la première usine de regazéification dans le port de Mohammedia. Le plan de construction a déjà été soumis et vise à installer un terminal gazier et une unité de stockage flottante dans la ville portuaire.

La demande de pétrole brut atteindra 3 milliards de mètres cubes au moment même où le territoire cherche à décarboniser son économie d'ici 2050. Cette décarbonisation nécessite l'amélioration des systèmes électriques utilisés dans des secteurs tels que l'industrie et les transports.

Planta solar de Ouarzazate, en el centro de Marruecos AP/ABDELJALIL BOUNCHAR
AP/ABDELJALIL BOUNCHAR - Centrale solaire à Ouarzazate, dans le centre du Maroc

Selon plusieurs médias marocains, une série de projets ont été lancés pour ajouter 10GW de capacité éolienne, solaire et hydroélectrique dans les années à venir. Ils font tous partie de la feuille de route soumise à l'ONU, avec laquelle le pays alaouite s'est engagé à utiliser une énergie plus verte pour créer une économie plus compétitive.

L'un des objectifs du plan énergétique marocain est d'accélérer le développement des énergies renouvelables afin d'obtenir une électricité sans carbone. De son côté, Bouzakri Razi, directeur du changement climatique, de la biodiversité et de l'économie verte au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, a souligné la "volonté politique" de participer à la lutte internationale contre le changement climatique.

Molinos de viento en Jbel Sendouq, en las afueras de Tánger, Marruecos REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL
REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL - Moulins à vent à Jbel Sendouq, à la périphérie de Tanger, Maroc

Le plan vert vise à généraliser l'efficacité énergétique et à accroître l'utilisation des ressources naturelles dans tous les secteurs d'activité, tout en dynamisant l'économie circulaire et en réduisant et en recyclant les déchets produits. L'objectif est de réduire la dépendance à l'égard des centrales thermiques classiques.

Le Maroc envisage également de renforcer sa coopération avec les Émirats arabes unis dans le domaine de la transition énergétique. Sultan bin Ahmed al-Jaber, le ministre émirati de l'Industrie, affirme qu'Abu Dhabi est le principal investisseur dans le Royaume et que "les domaines d'investissement couvrent la transition énergétique, le tourisme et l'industrie"