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Le Maroc et l'Espagne imputent la tragédie de Melilla aux mafias du trafic d'êtres humains

23 migrants sont morts dans l'assaut de la clôture
REUTERS/JESÚS BLASCO DE AVELLANEDA  -   Fotografía de archivo. Migrantes africanos sentados en la cima de una valla fronteriza durante un intento de cruzar a territorios españoles, entre Marruecos y el enclave norteafricano de Melilla

REUTERS/JESÚS BLASCO DE AVELLANEDA  -   Photo d'archive. Des migrants africains lors d'une tentative de passage en territoire espagnol, entre le Maroc et l'enclave nord-africaine de Melilla.

Rabat et Madrid parviennent à une conclusion commune concernant la tentative de milliers de migrants, principalement des Africains subsahariens, de franchir la frontière hispano-marocaine vendredi dernier. Les deux pays accusent les mafias de passeurs d'avoir poussé les migrants à défier les agents de sécurité marocains et espagnols et à prendre violemment d'assaut la clôture de Melilla.

Le porte-parole du gouvernement marocain, Mustafa Baitas, a condamné l'incident, le qualifiant d'"actes" et de "manœuvres" perpétrés par des réseaux de contrebande, des organisations illégales qui "vendent des illusions aux gens pour les pousser dans des situations aux conséquences non calculées", selon Al-Ain. 

En raison de la gravité de l'affaire, M. Baitas a exhorté les autorités à ne pas être indulgentes avec ces organisations, car, selon le porte-parole, ces événements "visent à brouiller les pratiques migratoires du Maroc, qui adoptent une approche humanitaire"

Vendredi matin, quelque 2 000 migrants ont pris d'assaut la barrière séparant les villes de Nador (Maroc) et de Melilla (Espagne). À la suite d'une avalanche, 23 personnes ont été tuées, selon le Maroc. Des membres des forces de sécurité espagnoles et marocaines ont également été blessés.

Selon les autorités de Nador, 140 agents des forces de l'ordre ont été blessés, dont cinq grièvement. La ville du nord du Maroc a également assuré que tous les blessés, qu'il s'agisse des forces de sécurité ou des migrants, ont été transportés à l'hôpital Al-Hassani et au centre hospitalier universitaire d'Oujda pour recevoir "l'aide et les soins nécessaires". 

Pour sa part, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a qualifié l'incident d'"attaque contre l'intégrité territoriale" du pays. Le dirigeant espagnol, comme Rabat, accuse les mafias qui trafiquent les êtres humains. 

M. Sánchez a également souligné la "coopération exceptionnelle" entre la gendarmerie marocaine et les forces de sécurité espagnoles "pour repousser cette violente agression". Comme le souligne Al-Arab, cette coordination est le résultat d'un accord conclu à Madrid ce mois-ci entre le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, et son homologue marocain, Abdelouafi Laftit. 

Le quotidien arabe rappelle également qu'au cours du premier trimestre de cette année, les autorités marocaines ont déjoué plus de 14 700 tentatives d'immigration clandestine et démantelé 52 réseaux de trafic d'êtres humains.

Depuis des années, des milliers de migrants tentent de passer à Melilla et Ceuta, les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec le continent africain. Le dernier épisode grave remonte à mai 2021, lorsque quelque 8 000 personnes ont sauté la clôture de Ceuta dans le contexte de la crise diplomatique entre le Maroc et l'Espagne.