Le Maroc renforce sa flotte militaire et diversifie ses achats militaires en Europe

Les Forces armées royales marocaines ont commencé à fournir des navires militaires à la flotte marocaine dans le cadre d'une stratégie visant à protéger les zones maritimes du pays
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Le Maroc continue de consolider sa flotte militaire en vue de renforcer son arsenal maritime. Cette fois, le royaume marocain a commencé à mettre en œuvre un plan de négociation avec la société italienne Fincantieri dans le but de fournir à la Royal Navy des unités FREMM (European Multi Mission Frigate) en version anti-sous-marine.

Cette acquisition témoigne de l'importance croissante que revêtent les espaces maritimes de la zone dans la stratégie marocaine de protection du Royaume et de renforcement de sa sécurité nationale. Les frégates FREMM sont des navires spécialement conçus pour opérer dans des missions anti-aériennes, anti-sous-marines et anti-navires, en outre, elles ont la capacité d'effectuer des attaques en profondeur contre des cibles terrestres. Cet arsenal est utilisé dans ce qu'on appelle la guerre anti-sous-marine, une branche de la guerre navale dans laquelle les navires de guerre et les sous-marins sont utilisés pour traquer et endommager les sous-marins ennemis. Le succès de ce type de guerre dépend donc principalement du développement technologique des capteurs et des armes.

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Après avoir connu un succès commercial croissant, la FREMM s'est positionnée comme un produit de référence mondial dans ce secteur. Les commandes de 30 "Fincantieri" demandées par des pays comme l'Indonésie avec l'achat de 6 flottes, l'Egypte avec l'achat de 2 frégates et les Etats-Unis avec 10, prouvent la conquête commerciale italienne dans ce domaine. Ces pays sont rejoints par le Maroc, le Canada et la Grèce, mais le nombre d'unités qu'ils vont acquérir n'a pas encore été rendu public. Ce programme de frégate multi-missions est développé en coopération avec la France et l'Italie depuis 2005.

De même, le Maroc a approuvé un nouveau programme militaire appelé "OMEGA", qui vise à moderniser et à équiper ses forces navales de nouveaux navires de guerre, et a également approuvé un plan de renouvellement de sa flotte de sous-marins pour défendre ses deux frontières maritimes situées en Méditerranée (base navale de Ksar-Sghir) et dans l'Atlantique (base navale de Safi). Ces nouveaux achats montrent la diversification que le Maroc opère dans ses achats militaires sur le continent européen. Actuellement, la France s'est positionnée comme le deuxième fournisseur du continent après les Etats-Unis, devenant ainsi un partenaire privilégié.

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Le Maroc dispose déjà d'une frégate furtive française FREMM (Fremm Mohammed VI) au service de la Marine royale marocaine depuis 2014. La transaction avec la filiale italienne intervient après que le Maroc ait décidé de renoncer à l'achat d'un sous-marin diesel-électrique russe de quatrième génération pour opter finalement pour l'achat d'un sous-marin Scorpène proposé par le groupe naval French Kership. Ce navire est équipé d'un système de combat intégré et d'un système de contrôle centralisé et automatisé de la plate-forme qui garantit un niveau élevé de sécurité en matière de plongée.

Dans ce contexte, l'acquisition récente par le Maroc de deux patrouilleurs pour la surveillance maritime pour un montant de 260 millions d'euros a attiré l'attention de trois équipementiers navals, le groupe espagnol Navantina, le néerlandais Dames et le français Kership. Finalement, la filiale néerlandaise a réussi à remporter la course et travaille actuellement à la refonte des infrastructures du port de Casablanca.

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Il convient de noter que le Maroc a procédé à un réarmement important au cours des derniers mois. Au cours de l'exercice 2020, elle a augmenté ses dépenses militaires de 30 % et a dépassé les 4,8 milliards de dollars, s'engageant ainsi dans la défense militaire sur le marché international. L'été dernier, Rabat a acheté 36 hélicoptères de combat pour une valeur de 4,25 milliards de dollars. En outre, le Maroc a traité l'achat de quatre drones MQ-9B Sea Guardian aux États-Unis, le même modèle que celui acquis par l'Espagne. En ce sens, la rationalisation de l'achat de drones a été rendue possible après la vente de drones armés décrétée par l'ancien président Donald Trump, qui permet à davantage de pays d'acquérir cette technologie.

En outre, les Forces armées royales marocaines pourraient s'associer au GRSE, premier fournisseur industriel de navires de guerre en Inde, pour la fourniture d'armements de la Royal Navy. Selon un rapport du ministère indien de la défense, le GRSE a été en contact avec le Maroc afin de conclure un accord pour la fourniture de divers navires de guerre au pays. L'Espagne aurait également accepté de fournir au Royaume un patrouilleur de classe Avante 1800 d'ici 2024, pour un montant de 130 millions d'euros. Cependant, la crise diplomatique que traversent les deux pays depuis que l'Espagne a accueilli le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, sans avoir consulté le Maroc au préalable, a déclenché une situation fragile entre les deux royaumes. Cette situation fragile a affecté tous les niveaux diplomatiques, notamment les accords de coopération et les accords économiques. Pour le moment, on ignore si cette situation va perturber l'acquisition des navires espagnols par le royaume alaouite ou si, au contraire, l'accord va se poursuivre.