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Le Maroc souhaite consolider les fondements de l’État social en 2023

Annoncé dans le cadre de la circulaire relative à la préparation du projet de budget 2023, le gouvernement marocain s’engage à consolider les fondements de l’État sociale en soutenant financièrement 7 millions d’enfants
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PHOTO/AP  -   Le Premier ministre marocain, Aziz Akhannouch, s'exprime à Rabat.

Ce vendredi 5 août, le gouvernement marocain a publié sa lettre de cadrage pour la préparation de la prochaine loi de Finances 2023 qui fixe les grandes orientations pour le projet de budget du Royaume. Si les questions relatives à la relance de l’économie nationale en appuyant l’investissement ou encore la consécration de la justice territoriale apparaissent, la veille à la consolidation des fondements de l’État social constitue l’une des premières ambitions pour le royaume alaouite. À ce propos, la généralisation de la couverture sociale figure toujours en tête des priorités du gouvernement, à laquelle s’ajoute le souhait de généraliser des allocations familiales ce qui concernerait près de 7 millions d’enfants issus de famille à faible revenus ainsi que 3 millions de familles dans le besoin. 

Lucide, le gouvernement avance que des « centaines de familles dans le besoin méritent ces compensations au lieu de recourir à des programmes sociaux qui se sont avérés moins efficaces ». Pour y parvenir, l’exécutif marocain entend « accélérer la publication du registre social unifié en tant que mécanisme de base pour fournir un soutien et assurer son efficacité » peut-on lire dans la circulaire. Ce registre social aurait pour objet d’inscrire les familles souhaitant bénéficier de programme de soutien, en les classant selon divers critères que sont le niveau de vulnérabilité, de précarité ou encore de pauvreté. Ce projet se verrait, partiellement, lié aux familles inscrites à la Caisse nationale de sécurité sociale, l’institution qui assure une couverture sociale aux travailleurs du secteur privé. La circulaire précise que cette aide financière consisterait en un versement de 300 dirhams pour chaque enfant, jusqu’à 3 enfants. 

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PHOTO/ATALAYAR - Fès, Maroc

Néanmoins, le Maroc n’entend pas s’arrêter-là et estime qu’une consolidation des fondements de l’État social ne peut avoir aboutir sans une révision complète du secteur de la santé. C’est pourquoi l’exécutif souhaite en faire sa « priorité » en visant la qualification de ce secteur, par le respect des dispositions de la loi-cadre relative au système de santé. Plus encore, le gouvernement entend activer la loi relative à la mise en oeuvre des conclusions du dialogue social relative à la revalorisation des rétributions des cadre de santé, impliquant de débloquer un budget de 2,2 milliards de dirhams étalée sur 2 ans, dès 2023. Enfin, la circulaire annonce le lancement de la part du gouvernement d’un programme destiné à consolider les ressources humaines dans le secteur de la santé à horizon 2030 avec un objectif d’augmentation du niveau de supervision médicale et quasi-médiale à hauteur de 24 cadres pour 10 000 personnes d’ici 2025 et 45 cadres pour 10 000 personnes en 2030 au lieu de 2035 fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour pouvoir parvenir à cet objectif, une hausse du personnel de santé est attendue avec pour ligne de mire 94 000 membre de personnel de santé en 2025 et 177 000 en 2030. 

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AFP/FADEL SENNA - Photo d'archive du Parlement marocain

Plus que des projets et des objectifs, l’enjeu pour le Royaume nord-africain reposera surtout sur la capacité à pouvoir articuler divers projets simultanément sans se sur-concentrer sur un domaine d’activité au détriment d’un autre tant les secteurs sont interdépendants.