Le Maroc, un grand allié de l'Europe dans la lutte contre le terrorisme

Emmanuel Dupuy, président de l'Institut de prospective et de sécurité en Europe (IPSE), estime que le pays d'Afrique du Nord devrait être appelé à jouer un rôle beaucoup plus important
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AFP/FADEL SENNA  -   Les membres des brigades centrales d'intervention marocaines (BCI)

Le terrorisme djihadiste dans le Sahel a connu une forte croissance d'activité ces dernières années. L'Europe ne doit pas ignorer la menace que cette augmentation exponentielle du terrorisme fait peser sur le continent. Dans la lutte contre le terrorisme djihadiste, le Maroc doit être l'un des principaux alliés à prendre en compte dans le cadre d'une coopération étroite dans le domaine de la sécurité.

Emmanuel Dupuy, président de l'Institut de Prospective et de Sécurité en Europe (IPSE), souligne dans un rapport que "le Maroc a réussi à mettre en place un réseau sur son propre territoire. Cela lui a permis d'apporter une réponse coordonnée en termes d'action et de coopération régionales, continentales et plus spécifiquement euro-méditerranéennes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. C'est la "martingale" qui fait du Maroc le lien fort dans la lutte contre le terrorisme entre l'Europe, l'Afrique et au-delà, la "Méditerranée".

Le rapport indique également qu'il ne faut pas oublier non plus que le modèle marocain d'un Islam de "juste milieu", serein, équilibré et dénonçant les influences religieuses venues d'ailleurs, est également un des outils importants de la lutte contre le terrorisme.

Le spécialiste des questions de sécurité et de défense souligne un autre point important à prendre en compte : "la forte résilience sociale et la détermination sans faille dans le domaine du culte grâce à la restructuration du domaine religieux par l'État. Tous ces éléments contribuent à expliquer ce type d'enthousiasme au niveau international pour l'exemplarité marocaine".

Selon Emmanuel Dupuy, le modèle marocain de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme violent suscite l'intérêt de la France et d'autres pays européens, comme l'Espagne. M. Dupuy a tenu à rappeler que la coopération dont a fait preuve le Maroc dans le cadre de l'enquête sur les attentats qui ont ensanglanté Paris en 2015 est d'une importance capitale, puisque c'est grâce aux renseignements marocains que l'organisateur présumé, Abdelhamid Abaaoud, a pu être localisé et neutralisé par les forces de sécurité françaises.

Malgré toutes ces avancées dans le domaine de la sécurité et de la coopération avec les pays européens, M. Dupuy estime qu'au-delà de sa coopération avec la France, le Maroc devrait être appelé à jouer un rôle beaucoup plus important. L'analyste considère que "la sécurité entre les deux rives de la Méditerranée ne se réduit pas à une excellente coopération bilatérale, mais se construit sur une coopération plus large".

Enfin, il a tenu à souligner, dans ce cadre, que le Maroc devrait être amené, "sans aucun doute", à jouer un rôle beaucoup plus prépondérant, que ce soit dans le cadre de l'initiative dite "G4 terrorisme", proposée par les ministres français et belge de la Justice, de l'Espagne et du Maroc et qui sera consolidé au cours des six prochains mois de la présidence de l'Union européenne, assurée par le Portugal à partir du 1er janvier, ou par le biais de l'initiative dite "5+5", ou dans d'autres cadres qui "pourraient devoir être réinventés pour contrer la menace terroriste au niveau méditerranéen, africain ou européen".