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Le Maroc va augmenter de 40% l'aide financière aux travailleurs du secteur des transports

Les syndicats estiment que ce n'est pas suffisant et annoncent de nouvelles grèves dans tout le pays pour obtenir des autorités qu'elles fixent un prix fixe pour le carburant
taxis marruecos

PHOTO/AFP  -   Depuis des semaines, le gouvernement marocain est confronté à une agitation croissante liée à l'augmentation du coût de la vie, avec la hausse des prix du carburant.

L'augmentation du prix des carburants est une conséquence du conflit russo-ukrainien qui touche déjà un grand nombre de pays, lesquels commencent à prendre des mesures pour éviter que l'économie ne soit paralysée par les arrêts de travail causés par le secteur des transports. Dans le cas du Maroc, le ministère du Transport et de la Logistique a déjà annoncé la décision du gouvernement d'augmenter de 40% le soutien financier alloué aux travailleurs du secteur du transport.

Cette nouvelle aide fait partie de la quatrième phase du plan de soutien financier que le gouvernement présentera au cours du mois de juillet et qui vise à atténuer la perte de pouvoir d'achat de la population marocaine à faibles et moyens revenus, comme l'a annoncé le ministre du Transport et de la Logistique, Mohamed Abdeljail.

Cependant, certains professionnels du transport ne semblent pas satisfaits de ce programme d'aide et annoncent de nouvelles grèves, qu'ils prévoient de mener après la veille de l'Aïd Al-Adha. Selon le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs syndiqués du Maroc, Nabil Lhoum, la grève devait avoir lieu les 29 et 30 juin, mais ils ont décidé de la reporter en raison de la fête de l'Aïd. 

transportistas marruecos
PHOTO/AFP - Des chauffeurs de taxi marocains participent à une grève pour protester contre la hausse des prix du carburant dans la capitale, Rabat.

Au cours des prochains jours, les conducteurs participeront à des grèves pour dénoncer l'insuffisance des subventions et protester contre la hausse des prix du carburant. Pour Mounir Benazouz, secrétaire général national de l'Union nationale des professionnels du transport routier, la quatrième tranche de subventions qui vient d'être annoncée par le gouvernement ne satisfait pas les professionnels car "elle reste minime et ne couvre en aucun cas les pertes subies par les opérateurs en raison de la hausse constante du prix du pétrole".

La principale revendication des organisations syndicales est d'inciter le gouvernement à limiter les prix des carburants. Dans un communiqué, l'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) ont appelé les pouvoirs publics à intervenir d'urgence pour "sauver un secteur en déclin". 

Ils ont également demandé qu'un accord soit trouvé avec le gouvernement dans les prochains jours : "Les syndicats nationaux du transport routier de marchandises appellent le gouvernement à agir rapidement pour sauver le secteur avant qu'il ne soit trop tard. Et ce, en engageant un dialogue sérieux et responsable capable de désamorcer la crise sociale".

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AFP/FADEL SENNA - Camions près de la frontière à Guerguerat

Cependant, ces arrêts de travail ne sont pas les premiers à avoir lieu au Maroc depuis la hausse du carburant. En mars dernier, les travailleurs du secteur des transports ont pris part à des grèves nationales. Le gouvernement a alors lancé la première phase d'un programme d'aide aux travailleurs du secteur des transports : la mise en place d'une plateforme numérique où les travailleurs du secteur des transports peuvent s'inscrire pour bénéficier de la subvention.

La situation économique internationale a vu les prix des carburants et des denrées alimentaires monter en flèche et l'inflation augmenter en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. En réponse, le gouvernement marocain a annoncé qu'il allait signer le premier contrat d'achat de gaz naturel liquéfié pour répondre à sa demande énergétique.