Le nouveau gouvernement Biden cherche à conclure un "accord plus fort et plus long" avec l'Iran

Le prochain secrétaire d'État américain, Anthony Blinken, promet de "réexaminer" la classification des houthis en tant que groupe terroriste
Anthony Blinken, el candidato a secretario de Estado del presidente electo Joe Biden

REUTERS/JOSHUA ROBERTS  -   Anthony Blinken, candidat du président élu Joe Biden au poste de secrétaire d'État 

Cet accord, connu sous le nom de Plan d'action global conjoint (PAGC), a mis fin aux activités nucléaires iraniennes en échange d'un assouplissement des sanctions internationales. Mais il a été critiqué par les pays du Golfe et les États-Unis pour avoir permis à Téhéran de mener une politique agressive dans la région et de développer des missiles balistiques. 

Les tensions entre l'Iran et les États-Unis se sont accrues depuis que le gouvernement de Donald Trump s'est retiré de l'accord nucléaire signé avec Téhéran en 2018 et a imposé des sanctions, bien que le président américain élu Joe Biden ait exprimé à plusieurs reprises son intention de revenir au pacte. 

Le prochain secrétaire d'Etat américain, Anthony Blinken, a déclaré lors de son audition de confirmation devant la commission des relations étrangères du Sénat que l'administration du président élu Joe Biden chercherait à obtenir un "accord plus long et plus solide", selon ArabNews. 

En outre, M. Blinken a exprimé son inquiétude et a souligné que la nouvelle administration avait "une responsabilité urgente" de faire ce qu'elle pouvait pour empêcher l'Iran d'acquérir une arme nucléaire. 

En ce sens, le président iranien Hasan Rohaní a assuré ce mercredi que l'avenir de l'accord nucléaire est entre les mains de la nouvelle administration américaine de Joe Biden et a célébré la fin du mandat du "tyran" Donald Trump. 

"La balle est maintenant dans le camp des États-Unis. S'ils respectent leurs engagements (de l'accord nucléaire), nous les respecterons également", a souligné M. Rohaní lors de la séance du cabinet, au cours de laquelle il a demandé à M. Biden de revenir à la "légalité", selon l'agence de presse Efe. 

Réunion de la commission mixte du PCE sur le programme nucléaire iranien au Bureau des organisations internationales à Vienne, en Autriche, le 26 février 2020  AFP/ JOE KLAMAR 
AFP/ JOE KLAMAR-Réunion de la commission mixte du PCE sur le programme nucléaire iranien au Bureau des organisations internationales à Vienne, en Autriche, le 26 février 2020  

Depuis l'annonce des résultats de l'élection présidentielle américaine, les forces militaires iraniennes, dans un contexte de tensions croissantes sur son programme nucléaire et de pression des États-Unis, ont intensifié leurs manœuvres militaires depuis la semaine dernière. 

Mardi, les forces terrestres de l'armée iranienne ont effectué des manœuvres militaires sur la côte du golfe d'Oman, dans le cadre d'un exercice militaire éclair mené par Téhéran dans un contexte de tension croissante due à son programme nucléaire.   

Le ministre iranien des affaires étrangères, Mohamad Javad Zarif, a averti sur son compte Twitter : "Bien que nous n'ayons pas déclenché de guerre depuis plus de 200 ans, nous n'hésitons pas à écraser les agresseurs. 

L'Iran intensifierait les exercices militaires dans le cadre d'un effort visant à faire pression sur le président élu Joe Biden au sujet de l'accord nucléaire signé en 2015 visant à contenir le programme nucléaire de Téhéran, dont l'administration Trump s'est retirée et auquel le nouveau président a promis de tenter de revenir.  

Depuis que les Etats-Unis ont abandonné l'accord, une batterie de sanctions a été renforcée dans les dernières semaines du mandat de Donald Trump, un fait que les analystes considèrent comme une tentative du président sortant de rendre les futures négociations avec l'Iran difficiles pour la nouvelle administration.  

Téhéran, pour sa part, a progressivement abandonné les restrictions imposées par l'accord. Ces dernières semaines, l'Iran a porté son taux d'enrichissement de l'uranium à 20 %. En outre, les manœuvres susmentionnées ne sont pas les seules à avoir été organisées par la République islamique, ce qui compromet encore davantage le processus diplomatique de retour au pacte par les États-Unis. 

Les Etats-Unis ont encore "un long chemin à parcourir" pour rejoindre l'accord nucléaire avec l'Iran, car Téhéran doit d'abord revenir au respect du pacte, a déclaré mardi Avril Haines, candidate du président élu Joe Biden à la tête de la communauté des services de renseignement américains. 

Blinken promet de "réexaminer" la classification du houthis en tant que groupe terroriste 

Les rebelles chiites houthis, un mouvement yéménite qui a été inclus mardi dans la liste américaine des organisations terroristes, ont déclaré que leur peuple souffre depuis longtemps de l'hégémonie américaine et que cette inclusion "ridicule" ne révèle rien de nouveau. 

"Avant toute classification ridicule, les Etats-Unis ont commis toutes sortes de crimes contre le peuple yéménite, et depuis longtemps notre peuple yéménite a souffert à tous les niveaux en raison de l'hégémonie américaine, directement ou par l'intermédiaire d'agents régionaux", a déclaré le bureau politique du mouvement hutu dans une déclaration en réaction à l'inclusion effective depuis mardi par les Etats-Unis, selon Efe.  

Des partisans hutus tiennent leurs armes lors d'une manifestation contre la décision des États-Unis de les déclarer organisation terroriste étrangère à Sanaa, au Yémen, le 20 janvier 2021  REUTERS/KHALED ABDULLAH 
REUTERS/KHALED ABDULLAH -Des partisans hutus tiennent leurs armes lors d'une manifestation contre la décision des États-Unis de les déclarer organisation terroriste étrangère à Sanaa, au Yémen, le 20 janvier 2021 

Le futur secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a promis mardi de "revoir immédiatement" la classification des rebelles houthis au Yémen comme "organisation terroriste", décidée par son prédécesseur Mike Pompeo malgré les craintes d'une aggravation de la crise humanitaire. 

"Nous allons proposer de revoir cela immédiatement pour nous assurer que ce que nous faisons n'entrave pas la livraison de l'aide humanitaire", a-t-il déclaré aux sénateurs américains qui ont confirmé sa nomination. 

Les houthis, pour leur part, ont le soutien de l'Iran, le grand ennemi de l'Amérique dans la région du Golfe et la cible de sanctions sévères de la part de Washington.  

Le département du Trésor américain a précisé mardi qu'il exempte de sanctions les ONG, les Nations unies, la Croix-Rouge et l'exportation de produits agricoles, de médicaments et de dispositifs médicaux pour avoir conclu des accords avec le mouvement hutu en tant qu'organisation terroriste étrangère. 

Au Yémen, 70 000 personnes souffrent de la famine et 16 millions risquent de mourir de faim après plus de six ans de guerre civile, qui a commencé lorsque les rebelles houthis ont conquis de vastes régions du pays, dont Sanaa.