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Marruecos

Le nouveau port atlantique de Dakhla : la clé de la dynamisation de la région

Les autorités marocaines présentent l'évolution du nouveau port industriel de la région sahraouie de Dakhla à la communauté d'affaires espagnole
obras puerto dakhla

GUILLERMO LOPEZ/ATALAYAR  -   Construcción del nuevo puerto atlántico de Dakhla

Il reste 8 ans au nouveau port atlantique de Dakhla pour voir ses travaux achevés et devenir le plus grand port du Maroc, devant Tanger-Med. Abderrahmane Allou, directeur du projet, s'en vante devant un groupe important d'hommes d'affaires espagnols qui l'écoutent sous une tente sur la côte du Sahara, à quelque 70 km du centre de la ville de Dakhla. 

Cette visite s'inscrit dans le cadre du Forum d'investissement Espagne-Maroc qui se tient dans la ville saharienne administrée par le Maroc, où le gouvernement s'efforce de faire sortir des infrastructures et des complexes industriels des sables. Ce plan marocain de développement de la région comprend ce nouveau port, dont les travaux ont été attribués pour la première fois à deux géants de la construction en même temps. Dans le cadre d'une coentreprise, SGTM et SOMAGEC SUD construisent à partir d'octobre 2021 ce qui est nécessaire pour commencer les travaux du port sur un site gigantesque de 1650 hectares. Sur cette superficie, 410 hectares seront réservés à des projets futurs tandis que les 1240 hectares restants seront occupés par la zone d'activité portuaire et la zone industrielle. 

Les études de la joint venture ont localisé le projet dans une zone adaptée aux exigences techniques d'un port de cette taille. Le prix des terrains est entré en jeu, lesquels, en s'éloignant de la ville, voient leur prix baisser et leur extension augmenter. 
 

obras puerto dakhla
GUILLERMO LOPEZ/ATALAYAR

La direction du site prévoit que la zone d'activité portuaire soit composée de trois zones réparties sur 1330 mètres de quais. Les plans placent ces jetées à une distance prudente de la côte. La structure sera élevée sur le fond marin et reliée au rivage par un brise-lames. La distance entre le rivage et les jetées sera considérable. Les meubles exigent une profondeur de 16 mètres pour ceux destinés à l'activité industrielle. C'est le tirant d'eau nécessaire pour les cargos de classe Panamax, ceux qui ont la norme pour traverser le canal de Panama. Enfin, une cale sèche de réparation au tirant d'eau plus faible que les deux précédentes aura également sa place dans le port.

Ces trois activités, le transport industriel, la pêche et la réparation sont celles qui ont été identifiées par l'étude préliminaire comme les besoins majeurs de la région pour lesquels le port peut apporter des solutions. "Nous voulons être meilleurs que Tanger Med, mais évidemment nous n'allons pas être totalement comparables", résume Abderrahmane Allou aux questions des hommes d'affaires curieux. Il fait surtout référence au rôle de transport des passagers. Cependant, la capacité industrielle du port sera très importante. Les prévisions du bureau technique envisagent une capacité de 1 million de conteneurs, au standard 20 pieds, ce qui représenterait 10 millions de tonnes de marchandises selon la masse du conteneur moyen.

obra puerto dakhla
GUILLERMO LOPEZ/ATALAYAR

En plus de la capacité en conteneurs, il existe également une capacité pour les pétroliers, principalement pour les hydrocarbures. "Nous voulons que la région ait sa contribution nécessaire en matière d'hydrocarbures grâce à ce port", a ajouté Allou. Le port prévoit de pouvoir stocker 5 millions de tonnes de pétrole par an. 

Plusieurs entreprises européennes participent à la construction de ce grand port, auquel un budget de 12,4 milliards de dirhams a été alloué, dont certaines entreprises espagnoles. Sato, Sener, Artelia et Green sont quelques-unes des entreprises qui ont apporté leur expertise en ingénierie comme un grain de sable dans la construction du port industriel. Les blocs de béton qui protégeront la structure de l'inclémence de la marée seront par exemple de brevet espagnol. 

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GUILLERMO LOPEZ/ATALAYAR

Il convient également de noter la volonté du projet d'être alimenté par des énergies renouvelables et d'être durable. Conformément à la politique énergétique nationale du Maroc, qui est fortement engagée en faveur de l'énergie photovoltaïque ou de l'hydrogène vert produit par électrolyse, les responsables du projet ont fièrement annoncé qu'ils prévoyaient de fournir 100 % de la consommation énergétique du projet par l'énergie photovoltaïque, ainsi qu'un générateur plus conventionnel pour les urgences. 

Le grand projet, qui devrait être opérationnel d'ici 2029, avance. "Jusqu'à présent, tout s'est bien passé. Dieu merci, nous n'avons rencontré aucun problème", a déclaré Zahir Youssef, responsable de la partie technique du projet. Une fois achevé, le port deviendra l'un des principaux attraits pour les investissements étrangers dans la région et un moteur de l'économie régionale. Les entrepreneurs des îles Canaries, présents lors de la cérémonie, ont émis des doutes quant à une éventuelle concurrence entre le nouveau port de Dakhla et ceux des îles Canaries, ce à quoi les responsables marocains du projet ont voulu répondre en assurant une complémentarité et une opportunité pour la promotion de l'économie commune, l'un des principaux messages du Forum d'investissement Espagne-Maroc.