Le nouvel horizon du Maroc après 10 ans de PJD

La débâcle du Parti de la justice et du développement ouvre la voie à la formation d'un nouveau gouvernement par Aziz Ajanuch
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Les élections marocaines ont ouvert un nouvel éventail de possibilités. La défaite historique du Parti de la justice et du développement, qui laisse même son chef et jusqu'alors premier ministre, Saadeddine Othmani, sans son siège à Rabat et donc sans aucune chance de conserver son poste, selon la Constitution, laisse le futur gouvernement entre les mains du Rassemblement national indépendant (RNI). Le RNI a pour chef Aziz Ajanuch, une personne qui, au-delà de sa richesse - il possède une fortune de près de 2 milliards de dollars - est un ami proche du roi Mohammed VI.

Sa proximité avec le monarque sera sans doute l'un des facteurs clés dans la formation du nouveau gouvernement qui sera chargé de diriger le Maroc pour les cinq prochaines années. Avec 102 sièges, il est passé de la quatrième force lors des dernières élections à la première, et a toutes les cartes en main pour diriger le pays. Toutefois, le RNI devra se mettre au travail pour former des alliances et atteindre les 198 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue à la Chambre des représentants, qui compte 395 membres.
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C'est à ce stade qu'entrent en jeu les autres partis, qui seront, après tout, ceux qui joueront un rôle décisif pour parvenir à un accord avec le parti d'Ajanuch. Le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en deuxième position, avec 86 sièges, ce qui signifie qu'un accord entre le RNI et le PAM seul ne suffira pas, ce qui leur laisse 188 sièges. Le Parti de l'Istiqlal est un peu plus loin avec 81, et un peu plus loin encore se trouvent l'Union socialiste des forces populaires (35 sièges), le Mouvement populaire (29), le Parti du progrès et du socialisme (21), l'Union constitutionnelle (18) et, comme dernière force au-dessus de 10, le Parti de la justice et du développement, jusqu'ici au pouvoir (13).rueda-de-prensa-pam

L'amitié étroite entre le roi Mohammed VI et Aziz Ajanuch pourrait favoriser un rapprochement entre le RNI et le PAM. Malgré le fait que ces partis ont des idées quelque peu divergentes - le RNI de centre-droit libéral et le PAM plus proche du centre-gauche - l'aide du monarque pourrait les rapprocher. Le parti Authenticité et Modernité a été créé à l'initiative de Mohammed VI lui-même, ce qui pourrait faciliter les choses entre les deux partis qui, malgré leurs différences, semblent destinés à se comprendre.

Et ils le sont en grande partie parce que l'autre option qu'Ajanuch pourrait gérer est le parti Istiqlal, un parti de droite conservateur proche du nationalisme. L'Istiqlal et le PAM ont un nombre de sièges très similaire, mais il ne faut pas oublier que, dans un cas comme dans l'autre, un pacte à deux partis ne serait pas suffisant. Le Mouvement populaire, un parti libéral de droite dont les 29 sièges pourraient décider du futur gouvernement du Maroc, est l'option la plus probable pour former le nouveau gouvernement marocain.
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L'existence d'un si grand nombre de partis ayant une représentation significative au Congrès a un double effet. D'une part, comme nous l'avons vu, les alternatives sont très larges, mais en même temps, il est plus compliqué de parvenir à un accord, qui dans ce cas devrait être entre au moins trois forces. Les résultats des élections sont encore très récents et toutes les options restent ouvertes. Ce qui semble clair, c'est qu'Aziz Ajanuch devra se mettre au travail pour trouver les bons accords afin d'atteindre les 198 sièges.