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Marruecos

Le parti Ennahda prend position en faveur du président Saied

Ghannouchi qualifie désormais les nouvelles mesures de Saied d'"opportunité de réforme", s'éloignant de la désignation initiale de "coup d'État"
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PHOTO/REUTERS  -   Le président du Parlement, Rached Ghannouchi, quitte le bâtiment du Parlement à Tunis, en Tunisie, le 26 juillet 2021

Le leader du mouvement Ennahda et président du Parlement, Rached Ghannouchi, a exprimé son espoir que les mesures exceptionnelles mises en œuvre par Saied deviennent "une opportunité de réforme" et qu'elles soient "une étape de transformation démocratique à un tournant remarquable". Par ces déclarations, Ghannouchi se distancie de la qualification de coup d'État des derniers gestes du président Saied, qui a décidé de suspendre les pouvoirs parlementaires et d'assumer les pleins pouvoirs en sa personne.

Ces déclarations représentent un changement significatif de la position du parti, qui, depuis le 25 juillet, qualifiait de "coup d'État" les mesures prises par Saied pour geler les pouvoirs parlementaires. Outre la suspension des pouvoirs parlementaires, Saied a démis le premier ministre, Hichem Michechi, et annoncé qu'il assumerait les pouvoirs exécutifs par l'intermédiaire d'un premier ministre qu'il nommerait. 

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REUTERS/ZOUBIER SOUSSI  - Le président élu de la Tunisie, Kais Saied, prête serment à l'Assemblée des représentants du peuple à Tunis.

Ces dernières heures, le site officiel d'Ennahda a publié les premières déclarations de Ghannouchi dans ce sens, affirmant que "nous devons transformer les actions du président en une opportunité de réforme, et ce doit être une étape de transformation démocratique". Suite à l'acceptation par la population tunisienne des nouvelles mesures de Saied, le parti Ennahda a décidé de changer sa stratégie politique et de se positionner en faveur des mesures adoptées par le président.

Parallèlement, plusieurs jeunes d'Ennahda ont publié une pétition interne intitulée "Correction de la trajectoire" dans laquelle ils appellent la direction actuelle du mouvement à assumer "la responsabilité de l'échec à répondre aux demandes du peuple et à la compréhension de l'état d'encombrement et de fermentation, étant donné l'inefficacité des choix politiques, économiques et sociaux du parti et la manière dont il gère les alliances et les crises politiques, en plus de la demande de dissolution du bureau".

Par ailleurs, le député Mohammed al-Kumani, membre du Bureau exécutif du Mouvement Ennahda, a déclaré que son parti sera prêt à exécuter "les actions nécessaires" pour revenir au processus de transition démocratique en Tunisie. 

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PHOTO/REUTERS - Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste Ennahda

Les leaders des autres partis ont qualifié de "courageuses" les décisions annoncées par le Président de la République, soulignant que Kais Saied a assumé "sa responsabilité historique de renforcer la Tunisie et de l'inscrire dans le cadre de la solution pour aller vers une démocratie réelle" et désignant que le Président Saed "a bien fait d'activer l'article 80 de la constitution". Parallèlement, les positions anti-Ghannouchi au sein de son propre parti reflètent l'effondrement progressif de sa base politique dans le contexte des scissions successives que connaît le parti.

Samir Delou a qualifié les déclarations du président de "rassurantes", rejetant l'appel de Ghannouchi aux partisans du mouvement à "descendre dans la rue, affirmant que le recours à la violence et la mise en danger de la vie des Tunisiens et la confrontation avec les forces de sécurité constituent une ligne de conduite".

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PHOTO/REUTERS - Les partisans du président tunisien Kais Saied se rassemblent dans les rues alors qu'ils célèbrent après qu'il a renversé le gouvernement et gelé le parlement, à Tunis, Tunisie, le 25 juillet 2021

D'autre part, le président Kais Saied a dénoncé les efforts de certaines parties pour "infiltrer les articulations de l'État, et le ministère de l'Intérieur en particulier", s'engageant à faire face à toutes les tentatives de se positionner contre l'État ou sa fragmentation dans le cadre de la loi. "Il n'y a pas de place pour ceux qui veulent utiliser le ministère de l'intérieur à des fins personnelles.

Le ministère de l'intérieur n'est pas un ministère pour un parti qui essaie secrètement d'être le coupable, et ces personnes n'ont pas leur place au ministère de l'intérieur", a-t-il souligné. 

Il a ajouté que "le grand danger qui menace les pays ne vient pas de l'extérieur, mais de la fragmentation de la société, des combats et de certaines situations qui n'indiquent pas du tout l'appartenance à ce pays".