Le président algérien dissout le parlement et annonce des élections législatives anticipées 

Tebboune a également annoncé la libération de 60 militants emprisonnés pendant les manifestations
El presidente argelino, Abdelmadjid Tebboune, anunció que disolverá el parlamento y ordenó la liberación de 32 manifestantes  

AP/FATEH GUIDOUM   -   Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé qu'il allait dissoudre le parlement et a ordonné la libération de 32 manifestants.  

"J'ai décidé de dissoudre l'assemblée et de convoquer des élections pour construire une nouvelle institution". C'est par ces mots que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé la dissolution de la chambre basse du Parlement et l'appel à des élections législatives anticipées, par le biais d'un discours à la nation à la télévision d'État. 

Tebboune a également annoncé un remaniement du gouvernement dans les prochaines 24 à 48 heures après avoir remplacé les ministres du gouvernement "qui ont rempli leurs responsabilités", sans citer de noms. Il n'a pas non plus fixé de date exacte pour les nouvelles élections législatives, qui auront lieu en avril prochain.  

Sin embargo, aún no ha fijado una fecha para las elecciones, y los manifestantes quieren un cambio más profundo en la estructura de poder de Argelia  AFP PHOTO / HO / ALGERIE 3 TV  
AFP PHOTO / HO / ALGERIE 3 TV  -Cependant, il n'a pas encore fixé de date pour les élections, et les manifestants veulent un changement plus profond de la structure du pouvoir en Algérie.

L'appel aux élections fait suite à une manifestation de milliers de personnes du mouvement citoyen "Hirak" qui réclamaient un renouvellement du système politique du pays. "Nous nous sommes engagés à satisfaire toutes les exigences soulevées par le Hirak", a déclaré M. Tebboune dans son discours. 

Le président a affirmé que les prochaines élections "mettront fin à l'ère de la fraude", montrant ainsi sa détermination à "mettre fin à tout doute sur les institutions élues". Dans ce contexte, il a appelé les jeunes à se présenter aux élections et s'est engagé, dans le cadre de la nouvelle constitution, à leur apporter un soutien financier et moral.  

C'est la deuxième fois dans l'histoire du pays que le Parlement est dissous et que des élections anticipées sont organisées depuis janvier 1992, suite à la démission de l'ancien président Chadli Bendjedid. Cette annonce intervient quelques jours avant le deuxième anniversaire du renversement du gouvernement d'Abdelaziz Bouteflika. Les législateurs actuels de la chambre basse ont été élus pour cinq ans en mai 2017, et les alliés de Bouteflika ont obtenu une majorité écrasante. 

Manifestación en la ciudad norteña de Kherrata para celebrar algunas de las primeras protestas de Hirak el 16 de febrero de 2021, PHOTO/AFP
PHOTO/AFP-Manifestación en la ciudad norteña de Kherrata para celebrar algunas de las primeras protestas de Hirak el 16 de febrero de 2021.

Elu en décembre 2019, Tebboune s'est engagé à prendre des mesures visant à diversifier l'économie afin de réduire la dépendance au pétrole et au gaz, qui représentent 60 % du budget de l'Etat et 94 % des recettes totales d'exportation. Les Algériens attendent la mise en œuvre des réformes économiques et politiques promises par Tebboune après avoir succédé à Bouteflika, qui a démissionné en 2019 à la suite de protestations massives après deux décennies au pouvoir.  

Tebboune, l'ancien premier ministre de Bouteflika, a été élu au milieu de ces protestations, qui exigeaient le départ de toute l'élite dirigeante, dont beaucoup boycottaient le vote comme étant injuste et non transparent. 

Le pays, membre nord-africain de l'OPEP, est soumis à une forte pression financière en raison d'une chute drastique des revenus de l'énergie, ce qui a obligé le gouvernement à réduire les dépenses et à retarder certains projets d'investissement prévus. 

Le président algérien est rentré chez lui début février d'Allemagne, où il a subi une opération du pied pour des complications consécutives à une infection par un coronavirus. Pendant son absence, le pays a connu une multitude de protestations.  

Manifestación marcando dos años desde el inicio de un movimiento de protesta masiva allí exigiendo un cambio político, Argelia 16 de febrero de 2021.  PHOTO/AFP 
PHOTO/AFP -Manifestación marcando dos años desde el inicio de un movimiento de protesta masiva allí exigiendo un cambio político, Argelia 16 de febrero de 2021. 
Pardon pour 60 militants 

Nous nous sommes engagés à répondre à toutes les exigences soulevées par le "Hirak"", a déclaré M. Tebboune dans son discours. Le président a également annoncé qu'il avait signé un décret pour libérer 60 militants emprisonnés liés à ce groupe. Parmi eux, a-t-il dit, il y en a 30 qui ont déjà été condamnés. 

"Les jeunes doivent être intégrés dans les institutions politiques, nous devons les aider, et nous les aiderons en prenant en charge une grande partie de la campagne électorale", a ajouté le président. Des centaines de manifestants sont descendus dans la rue mardi dans la ville de Kherrata, dans l'est du pays. Il s'agit des premières manifestations depuis que le gouvernement a interdit les marches en mars de l'année dernière dans le cadre des mesures visant à limiter la propagation du coronavirus. 

La nécessité d'un changement générationnel à la tête du pays a été l'une des raisons des protestations, d'abord contre Bouteflika et maintenant avec Tebboune. La tentative de Bouteflika de se présenter pour la cinquième fois aux élections, alors qu'il n'a pas pu gouverner depuis 2013 en raison d'une attaque cérébrale, a été le déclencheur des vagues de protestations citoyennes qui l'ont évincé. 

Cependant, Tebboune, son successeur, n'a pas seulement été premier ministre sous Bouteflika, mais il a 75 ans et, comme lui, a dû quitter le pays à plusieurs reprises en raison de problèmes de santé, le dernier en date étant lié au coronavirus, après deux mois d'hospitalisation en Allemagne, et à une opération du pied dont il est revenu il y a moins d'une semaine. 

Les élections auxquelles Tebboune a été élu ont été critiquées par l'opposition et une grande partie de la population a manifesté son mécontentement lors du référendum constitutionnel de la fin de l'année dernière, auquel seuls 23,7 % des Algériens ont participé.