Le président de transition du Mali et la dissolution de la junte militaire de transition

La communauté internationale, notamment la CEDEAO, s'est inquiétée du fait que le Comité national pour le salut du peuple n'avait toujours pas été dissous au début du mois de janvier
Fotografia de archivo, el presidente interino de Malí, Bah Ndaw, asiste a la ceremonia de investidura con el nuevo vicepresidente maliense, el coronel Assimi Goita, en Bamako, Malí, el 25 de septiembre de 2020 

REUTERS/AMADOU KEITA  -   Le président français Emmanuel Macron avec le président de transition du Mali Bah Ndaw au palais présidentiel de l'Elysée le 27 janvier 2021. 

Le Comité national pour la santé populaire (CNSP) a été créé au Mali après le coup d'État d'août 2020. Le président Bah N'Daw a décrété la dissolution de cette junte militaire le 18 janvier, bien que l'information ne soit connue que depuis quelques jours. Après la dissolution de la junte, le président N'Daw est reçu au Palais de l'Elysée par Emmanuel Macron.

AFP/LUDOVIC MARIN -El presidente francés, Emmanuel Macron, con el presidente de transición de Malí, Bah Ndaw, en el Palacio presidencial del Elíseo el 27 de enero de 2021 
AFP/ MICHELE CATTANI - Le général Oumarou Namata Gazama, chef de la force conjointe du G5 pour le Sahel, assiste à l'inauguration du nouveau quartier général à Bamako le 3 juin 2020. 

Selon la constitution établie par la junte militaire de transition lorsqu'elle est arrivée au pouvoir, elle aurait dû être dissoute lors de la formation des organes de gouvernance de transition. Ces organes comprennent d'une part le gouvernement de transition, dirigé par Bah N'Daw en tant que président et Assimi Goïta en tant que vice-président, qui ont été nommés en septembre, et d'autre part le Conseil national de transition (CNT), l'organe qui exerce les fonctions du pouvoir législatif, qui a été formé en décembre de l'année dernière.

AFP/ MICHELE CATTANI -El general Oumarou Namata Gazama, jefe de la fuerza conjunta G5 Sahel, asiste a la inauguración del nuevo cuartel general en Bamako el 3 de junio de 2020 
AFP/ MICHELE CATTANI - Le général Oumarou Namata Gazama, chef de la force conjointe du G5 pour le Sahel, assiste à l'inauguration du nouveau quartier général à Bamako le 3 juin 2020. 

Bien que la dissolution de la junte militaire soit une question de temps, la communauté internationale, en particulier la CEDEAO, s'inquiète du fait que le Comité national pour le salut du peuple n'a toujours pas été dissous au début du mois de janvier. Bien que la junte ait été dissoute quelques jours plus tard, beaucoup de ses membres ont été intégrés dans différents organes de ce gouvernement de transition. Par exemple, le colonel Goïta, qui était auparavant le chef du CNSP, est maintenant le président en charge de la sécurité et de la défense. Il y a d'autres exemples parmi les officiers militaires qui ont mené le coup d'État, qui sont tous en position de pouvoir dans ce gouvernement théoriquement civil. Outre ce haut niveau à Bamako, d'autres officiers militaires ont été placés comme gouverneurs de certaines régions du Mali. Ces postes étaient auparavant occupés principalement par des civils et devaient théoriquement être occupés par des décideurs choisis par des représentants politiques, comme l'indique le rapport de décembre 2020 sur la mise en œuvre des accords de paix et de réconciliation de 2015 publié par l'observateur indépendant du Centre Carter. Après le coup d'État, la CEDEAO a appelé le gouvernement malien à organiser des élections dans les 14 mois. Une fois cette junte dissoute, le gouvernement malien devra convoquer des élections et les organiser avant la fin de cette année, bien que l'on estime qu'en raison des retards de la pandémie, elles auront très probablement lieu d'ici 2022.  

AFP/AFP -Mapa que localiza los puestos de mando y los despliegues de la Fuerza Conjunta G5 Sahel 
AFP/AFP - Carte localisant les postes de commandement et les déploiements de la force conjointe G5 Sahel. 

Outre ces défis politiques, le Mali est confronté à un grave problème de sécurité. Malgré la présence de nombreuses forces internationales, comme le G5 Sahel, l'opération française Barkhane, les opérations de formation de l'UE et de l'ONU, le nombre de groupes djihadistes et d'attaques a augmenté au cours des huit dernières années, s'étendant du nord du Mali à l'ensemble du pays, avec des attaques aux frontières de la Côte d'Ivoire et jusqu'au Sénégal. En revanche, dans la région de Liptako Gourma, à la frontière du Niger et du Burkina Faso, se concentre la plus grande activité djihadiste de tout le Sahel. Depuis l'éruption du djihadisme dans le centre du Mali, on constate également une augmentation de la violence intercommunautaire entre les différents groupes ethniques qui coexistent dans la région.

AFP/ MICHELE CATTANI -En esta foto de archivo tomada el 12 de noviembre de 2019 soldados del Ejército de Burkina Faso participan en ejercicios de tiro durante una operación conjunta con el Ejército francés
AFP/ MICHELE CATTANI -Dans ce dossier photo prise le 12 novembre 2019 Des soldats de l'armée du Burkina Faso participent à des exercices de tir lors d'une opération conjointe avec l'armée française

Le sommet du G5 sur le Sahel se tiendra à N'Djamena les 15 et 16 février. Lors du dernier sommet de Pau, Emanuel Macron a augmenté le nombre de troupes sur le terrain de 4 500 à 5 100, allouant une grande partie de ces efforts à la région du Lipkato Gourma. Depuis que la ministre française de la défense, Florence Parly, a annoncé que le nombre de troupes sur le terrain serait réduit, on spécule sur ce qui se passera lors du prochain sommet la semaine prochaine. La visite du président Bah N'Daw en France réaffirme l'engagement continu de la France à renforcer la sécurité et à accroître la stabilité dans le pays. Pourtant, en plus du djihadisme, le Mali est confronté à une crise de cohésion sociale, aux ravages de la pandémie et à une transition compliquée après le coup d'État.